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	<title>Th&#233;orie Communiste</title>
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	<description>Notre &#233;poque est celle o&#249; le prol&#233;tariat, luttant en tant que classe? contre le capital, se remet lui-m&#234;me en cause et porte le d&#233;passement r&#233;volutionnaire de cette soci&#233;t&#233; par la production imm&#233;diate du communisme comme l'abolition de toutes les classes, l'imm&#233;diatet&#233; sociale de l'individu.</description>
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		<title>Th&#233;orie Communiste</title>
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		<title>Intime et Conjoncture</title>
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&lt;p&gt;D'abord merci &#224; RS pour toutes ses remarques. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis globalement d'accord avec RS sur la &#171; surjustification &#187; que j'op&#232;re au d&#233;but du texte, mais j'aimerais quand m&#234;me y revenir. Ce n'est bien entendu pas la &#171; d&#233;termination en derni&#232;re instance &#187; en tant que telle que je conteste, mais celle qui &#171; emporte tout sur son passage &#187;, ou plut&#244;t, dans ce cas pr&#233;cis, qui serait comme la neige qui recouvre toutes les asp&#233;rit&#233;s d'un paysage, les sp&#233;cificit&#233;s. Et en r&#233;alit&#233;, &#231;a serait plut&#244;t l'usage (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://theoriecommuniste.org/la-soute/L-intime/" rel="directory"&gt;L'intime&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;D'abord merci &#224; RS pour toutes ses remarques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis globalement d'accord avec RS sur la &#171; surjustification &#187; que j'op&#232;re au d&#233;but du texte, mais j'aimerais quand m&#234;me y revenir. Ce n'est bien entendu pas la &#171; d&#233;termination en derni&#232;re instance &#187; en tant que telle que je conteste, mais celle qui &#171; emporte tout sur son passage &#187;, ou plut&#244;t, dans ce cas pr&#233;cis, qui serait comme la neige qui recouvre toutes les asp&#233;rit&#233;s d'un paysage, les sp&#233;cificit&#233;s. Et en r&#233;alit&#233;, &#231;a serait plut&#244;t l'usage qu'on serait tent&#233; d'en faire (y compris moi) : le bulldozer de la th&#233;orie qui aplanit toutes les difficult&#233;s, du genre &#171; au fond, tout se ram&#232;ne &#224;&#8230; &#187;, et le d&#233;bat est clos. D'accord, les sp&#233;cificit&#233;s et la contradiction ne sont pas identiques, il y a une &#171; hi&#233;rarchisation &#187; &#224; faire, mais aucune des deux ne recouvre ou ne pr&#233;c&#232;de l'autre : on peut toujours lire dans les deux sens. C'est ce que j'essayais de dire, mais &#231;a n'&#233;tait sans doute pas tr&#232;s clair.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, ce qui fait exister les femmes comme elles sont, y compris comme sujets, c'est &#171; en derni&#232;re instance &#187; le surtravail et la population comme principale force productive. Je comprends ce que veut dire RS lorsqu'il critique le terme &#171; imm&#233;diatement &#187; (&#171; on n'a pas imm&#233;diatement affaire, etc. &#187;). C'est clair que l'intime est bourr&#233; de m&#233;diations, qu'il n'est m&#234;me que &#231;a. L&#224; c'est plus une affaire de vocabulaire ou de formulation qui est en cause (dans mon esprit le &#171; on &#187; ne d&#233;signait pas la th&#233;orie mais les &#171; sujets sociaux &#187;). Mais simplement ce que je voulais souligner par l&#224;, c'est que ces m&#233;diations n'apparaissent pas comme telles, que ce n'est pas de la d&#233;termination en derni&#232;re instance dont les sujets ont conscience lorsqu'ils ont conscience d'eux-m&#234;mes, et que c'est &#231;a la naturalisation, et l'id&#233;ologie, telles qu'elles sont v&#233;cues par les sujets, c'est-&#224;-dire, si on veut, telles qu'ils les vivent comme imm&#233;diatement. Et que &#231;a n'est pas anodin, parce que &#231;a conditionne la mani&#232;re dont les sujets existent, c'est-&#224;-dire non seulement sentent mais agissent. Et &#231;a c'est l'existence de la naturalisation comme id&#233;ologie r&#233;ellement v&#233;cue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il ne s'agit pas de l&#226;cher ce qui &#171; fait exister &#187; les sujets tels qu'ils sont, sans quoi on a effectivement un sujet pos&#233; comme point de d&#233;part, comme pr&#233;alable au social, ce qui serait absurde et ne servirait &#224; rien th&#233;oriquement. Ca n'&#233;tait pas mon propos, mais il y a risque de d&#233;rapage, c'est clair. Il n'y a pas de sujet anthropologiquement originaire, les sujets sont toujours d&#233;j&#224; constitu&#233;s par la totalit&#233; sociale. (D'accord avec les remarques sur l'intime comme &#171; rapport social &#187; : c'est foireux. En fait je voulais simplement parler des relations.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, consid&#233;rer le &#171; v&#233;cu des sujets &#187;, ce n'est pas ouvrir le bureau des pleurs et dresser la liste interminable des m&#233;faits de la domination masculine. On a clairement &#224; articuler th&#233;oriquement ce qu'est ce v&#233;cu (ce que sont les sujets), &#224; le replacer dans la totalit&#233; de laquelle il est id&#233;ologiquement distinct, mais pas &#224; l'y enfermer, parce que cette m&#234;me totalit&#233; n'est pas un bloc homog&#232;ne et inalt&#233;rable dans laquelle seraient fig&#233;es toutes les sp&#233;cificit&#233;s. C'est peut-&#234;tre simplement une fa&#231;on d'aborder les choses. On ne peut pas aller se promener dans le vent glac&#233; des rapports r&#233;els, tels aussi qu'ils se sentent, se vivent et s'expriment, pour ensuite revenir se r&#233;fugier dans la chaleur des contradictions, &#224; l'abri desquelles on va juger de tout le reste. Tout se passe dehors, en plein vent, ou si on veut le dire moins po&#233;tiquement &#224; la RS il n'y a pas causalit&#233; simple entre essence et ph&#233;nom&#232;nes, c'est ce que j'essayais de mettre en avant en &#171; surjustifiant &#187; mon propos. Et il ne s'agit pas de la &#171; vraie vie &#187;, j'en suis bien d'accord, mais bel et bien de &#171; comment les choses se passent &#187;. C'est l'enjeu de la notion de conjoncture, &#224; ce qu'il me semble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et d'accord aussi : &#171; Que la &#171; d&#233;termination en derni&#232;re instance &#187; que serait &#171; la population comme principale force productive &#187; ne puisse exister et soit m&#234;me impensable sans ses conditions d'existence, qu'il ne s'agisse pas de ph&#233;nom&#232;nes sans lesquels elle pourrait &#234;tre comme ne pas &#234;tre, ne signifie pas qu'il n'y a pas de &#171; d&#233;termination en derni&#232;re instance &#187;, de m&#233;diation, de hi&#233;rarchie, en un mot de structure. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et donc il n'y a jamais disjonction, pas de purs ph&#233;nom&#232;nes accidentels d'un c&#244;t&#233;, et la &#171; belle &#187; contradiction de l'autre. Les sp&#233;cificit&#233;s ne se baladent pas toutes seules, elles existent dans une totalit&#233; qui les constitue. Mais cela ne signifie pas non plus qu'il n'y ait pas de sp&#233;cificit&#233;s. Et si ces sp&#233;cificit&#233;s sont bien d&#233;termin&#233;es &#171; en derni&#232;re instance &#187; par la contradiction, elles ont aussi une forme et une structuration propres, certes pas ind&#233;pendante de la totalit&#233; qu'est le MPC, mais justement sp&#233;cifique. Et ces sp&#233;cificit&#233;s agissent sur et donnent aussi sa forme actuelle &#224; la contradiction principale. Parce que sinon, &#224; quoi bon parler de conjoncture ? Il y aurait d&#233;sormais les deux contradictions, et&#8230; &#171; nous n'aurions pas besoin d'autre chose &#187;. S'il y a besoin d'autre chose, c'est que dans la conjoncture comme moment r&#233;volutionnaire, ces d&#233;terminations se mettent &#224; ne plus faire syst&#232;me, non pas de leur propre fait mais parce que la contradiction &#233;clate, et se produisent avec toutes leurs d&#233;terminations comme conflits. Et c'est pour &#231;a qu'il faut pointer ce que sont ces d&#233;terminations, comment &#231;a existe ici et maintenant. Pour ce qui concerne l'intime, d&#232;s lors que la contradiction &#233;clate ce qui est radicalement remis en cause c'est le travail, la famille, les relations h/f au quotidien, etc., c'est-&#224;-dire tout ce qui constitue les sujets tels qu'ils se vivent. Ce qui est remis en cause c'est &#171; comment &#231;a se passe &#187; &#224; tous les niveaux, des rapports de classe&lt;sup&gt;&lt;a href='https://theoriecommuniste.org/Classes' title=&#034;D&#233;finition&#160;: Les classes ne sont ni des sommes d'individus regroup&#233;s par un int&#233;r&#234;t (&#8230;)&#034;&gt;?&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; &#224; un niveau personnel et interindividuel. On a aussi affaire &#224; &#231;a, et pas seulement &#224; la politique, &#224; l'Etat ou &#233;ventuellement aux &#171; traditions qui existent dans la t&#234;te des gens &#187;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour moi, la notion de conjoncture nous invite &#224; penser une totalit&#233; complexe, dans laquelle chacune des &#171; conditions d'existence &#187; de la contradiction ont &#233;galement une relative autonomie, et en tout cas une totalit&#233; o&#249; tout n'est pas &#171; raccord &#187;, o&#249; &#231;a se heurte et se complique. Le MPC est bien une totalit&#233;, il ne s'agit pas de dire que tout n'est qu'&#233;v&#233;nement, mais pas une unit&#233; harmonieuse. Ca marche mal, c'est comme &#231;a et peut-&#234;tre m&#234;me pour &#231;a que &#231;a marche. La forme m&#234;me de la contradiction, si ce n'est son &#171; essence &#187; (je ma&#238;trise mal ce vocabulaire), peut &#234;tre alt&#233;r&#233;e : la baisse du taux de profit continue d'exister, mais les cycles de lutte diff&#232;rent, la contradiction change donc de &#171; forme &#187;, mais pas d'essence. La question glisse de l'accroissement des forces productives (mont&#233;e en puissance de la classe) &#224; celle de la reproduction de la classe. Contradiction en proc&#232;s. Dans ce cadre, rep&#233;rer les diff&#233;rences de niveau, les tensions entre diff&#233;rents niveaux, les conditions d'existence sp&#233;cifiques de la contradiction est &#224; mon sens ce qu'impose la notion de conjoncture. Mais il est clair que le terrain est glissant, et que c'&#233;tait plus tranquille quand il n'y avait que la &#171; belle &#187; contradiction&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout cas, poser &#224; travers l'intime, que l'on conserve ou non le terme, la question de ce que sont les sujets dans le MPC, c'est essayer de se donner des outils th&#233;oriques pour penser la communisation comme abolition des classes et des hommes et femmes par l'activit&#233; des sujets eux-m&#234;mes. On en revient &#224; la grosse question, formul&#233;e diff&#233;remment : comment les sujets constitu&#233;s par le MPC peuvent-ils s'abolir eux-m&#234;mes et abolir le MPC ? Et &#224; le dire comme &#231;a je sens bien tous les clignotants qui se mettent au rouge&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes la mise en crise des sujets dans la communisation &#171; r&#233;sulte des contradictions existantes &#187;, mais ce &#171; r&#233;sultat &#187; n'est pas imm&#233;diat &#8211; l&#224; je veux dire &#171; instantan&#233; &#187; (&#231;a n'&#171; est &#187; pas mais &#171; devient &#187; communisation, comme pr&#233;cise RS). Ce sont donc bien ces sujets tels qu'ils existent ici et maintenant qui sont mis en crise et mettent en crise les rapports qui les constituent, et n'&#233;clatent &#171; que dans leur propre action en tant que sujets car c'est ainsi que les contradictions (prol / cap ; hom / fem) sont actives (activ&#233;es) &#187;. D'o&#249; l'int&#233;r&#234;t de d&#233;finir ce que sont ces sujets et comment ils existent. C'est en effet, comme RS le souligne, la question de la communisation comme pratique r&#233;volutionnaire o&#249; rien ne s'abolit tout seul, par le seul mouvement de la contradiction &#171; qui emporte tout sur son passage &#187; qui est pos&#233;e de ce fait, et pour moi c'est bien &#231;a la probl&#233;matique de l'autotransformation des sujets.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'intime</title>
		<link>https://theoriecommuniste.org/la-soute/L-intime/L-intime-23</link>
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		<description>
&lt;p&gt;En r&#233;fl&#233;chissant &#224; la distinction sph&#232;re publique/priv&#233;e, et en relisant la critique d'AS par C., il m'a sembl&#233; que ce dont il est question dans ce texte ne pouvait &#234;tre totalement saisi au travers de cette division de l'espace social en sph&#232;res priv&#233;e et publique, et qui me semble relever de ce qu'on pourrait appeler l'&#171; intime &#187;. Le terme n'est peut-&#234;tre pas ad&#233;quat, et ce qu'il recouvre est encore flou, mais je n'en ai pas trouv&#233; de meilleur et je le conserve pour le moment. Du coup j'ai (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://theoriecommuniste.org/la-soute/L-intime/" rel="directory"&gt;L'intime&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En r&#233;fl&#233;chissant &#224; la distinction sph&#232;re publique/priv&#233;e, et en relisant la critique d'AS par C., il m'a sembl&#233; que ce dont il est question dans ce texte ne pouvait &#234;tre totalement saisi au travers de cette division de l'espace social en sph&#232;res priv&#233;e et publique, et qui me semble relever de ce qu'on pourrait appeler l'&#171; intime &#187;. Le terme n'est peut-&#234;tre pas ad&#233;quat, et ce qu'il recouvre est encore flou, mais je n'en ai pas trouv&#233; de meilleur et je le conserve pour le moment. Du coup j'ai fait une recherche dans la critique d'AS, et le terme &#171; intime &#187; n'y appara&#238;t qu'une fois, dans le passage suivant :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; AS ne semble pas voir que ce qui fait exister de fa&#231;on sp&#233;cifique pour les femmes - et donc pour les hommes mais d'une autre fa&#231;on n&#233;cessairement - le corps, l'affectivit&#233;, l'intime, le priv&#233;&#8230;, et que ce soit dans une sexualit&#233; conjugale ou dans une sexualit&#233; prostitutionnelle, ou les deux et les entre-deux &#8211; c'est bien la reproduction, c'est-&#224;-dire la sexualit&#233; comme appropriation des femmes car sexualit&#233; centr&#233;e sur la satisfaction masculine elle-m&#234;me construite comme reproductive. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis bien entendu d'accord sur la perspective g&#233;n&#233;rale, mais la reproduction (&#171; la population comme principale force productive &#187;) pourrait finir par appara&#238;tre comme la &#171; d&#233;termination en derni&#232;re instance &#187;, dans laquelle seraient absorb&#233;es toutes les &#171; conditions existantes &#187; du rapport, leur &#171; sp&#233;cificit&#233; &#187; (encore que la formulation &#171; ce qui fait exister&#8230; &#187; soit plus subtile que &#231;a). C'&#233;tait n&#233;cessaire pour la critique du texte d'AS de remettre au premier plan le fait que la reproduction d&#233;termine l'ensemble, mais pour d&#233;passer cette seule critique, je pense qu'il faudrait faire appara&#238;tre ces sp&#233;cificit&#233;s, et comment elles existent &#171; tel quel &#187; dans la totalit&#233;, ce qui a commenc&#233; &#224; &#234;tre fait et ce qui me semble &#234;tre un des principaux enjeux du texte. Il n'y a pas d'abord &#171; la population comme principale force productive &#187;, et ensuite les sentis qui en d&#233;couleraient, on a imm&#233;diatement affaire aux sentis et aux rapports tels qu'ils sont. &#171; Ce qui les fait exister &#187; ne les emp&#234;che pas d'exister, c'est-&#224;-dire d'&#234;tre v&#233;cus tels qu'ils sont, et d'&#234;tre intimement v&#233;cus par les sujets qu'ils animent. Ou alors, la population comme principale force productive reste vou&#233;e &#224; jouer le r&#244;le d'infrastructure du rapport, tous les modes d'existence du rapport n'&#233;tant plus que secondaires par rapport &#224; elle, alors que le texte montre que c'est justement dans ces modes d'existence que les choses se jouent. Je pense que ce texte, par ce qu'il am&#232;ne, nous invite &#224; &#171; franchir le seuil de l'intime &#187;, ce qui n'est pas encore fait, contrairement &#224; ce qui est dit quelque part dans TC 23.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et certes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Avec le mode de production capitaliste, la contradiction &#171; est apparue &#187; (celle de la population comme principale force productive), mais il est impossible d'y &#233;chapper sans une abolition de ce mode de production. Ce mode de production pr&#233;pare en son sein une lutte de classe&lt;sup&gt;&lt;a href='https://theoriecommuniste.org/Classes' title=&#034;D&#233;finition&#160;: Les classes ne sont ni des sommes d'individus regroup&#233;s par un int&#233;r&#234;t (&#8230;)&#034;&gt;?&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; qui, abolissant le capital, ne pourra &#233;chapper &#224; la question, pour chacun, des &#171; conditions inh&#233;rentes &#224; son individualit&#233; &#187;, question d&#233;termin&#233;e par cette &#171; contradiction apparue &#187; et &#224; d&#233;passer, c'est-&#224;-dire ici &#234;tre un &#171; homme &#187; ou une &#171; femme &#187;. &#187; (R&#233;ponse aux Am&#233;ricaines.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il faut encore montrer pr&#233;cis&#233;ment ce que sont, &#171; pour chacun &#187;, ces &#171; conditions inh&#233;rentes &#224; son individualit&#233; &#187;, c'est-&#224;-dire faire appara&#238;tre les rapports capitalistes comme d&#233;finissant des sujets sociaux, jusque dans leur moelle, puisque :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le capital s'insinue et r&#233;glemente jusqu'aux recoins les plus intimes de la vie priv&#233;e, il planifie les naissances, organise la maladie et la mort, occupe les temps de loisir, produit comme instruments les go&#251;ts et les sentiments. En bref, il produit cette figure sociale historique : la personne autonome se reproduisant elle-m&#234;me pour le capital. &#187; (R&#233;ponse aux Am&#233;ricaines.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cette perspective que j'aimerais commencer &#224; d&#233;velopper, en vue de permettre une autre approche des probl&#232;mes que soul&#232;vent les &#171; sp&#233;cificit&#233;s &#187; soulign&#233;es dans la citation plus haut. Je pense qu'il faudrait &#224; arriver &#224; entrer dans la viande du rapport, et je pense aussi que c'est compliqu&#233;. L'enjeu serait de montrer que &#171; comment &#231;a se passe &#187; affectivement, au niveau de l'intime, n'est pas diff&#233;rent ou ext&#233;rieur aux contradictions de classes et hommes/femmes telles qu'elles sont actuellement formul&#233;es par TC, mais ne s'y r&#233;sume pas et surtout les fait imm&#233;diatement exister comme elles sont, et pas dans un deuxi&#232;me temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l'enjeu d&#233;fini dans ce passage du texte :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'essentiel r&#233;side dans la question de la constitution du groupe femme et dans la critique du naturalisme comme id&#233;ologie du rapport homme/femme. Quoiqu'elles fassent, o&#249; qu'elles soient (maison, rue, boulot, luttes etc.), les femmes sont sexualis&#233;e c'est-&#224;-dire qu'elles ont un corps et ce corps est ce par quoi les hommes rappellent les femmes &#224; leur condition et &#224; leur place. Cette sexualisation, ce sexage, est donc &#224; la fois la marque de la biologisation/naturalisation du rapport mais aussi celle de la contrainte permanente &#224; les faire exister comme femmes et que la construction sociale qui, d&#232;s la naissance, fait d'une particularit&#233; anatomique une distinction n'existe pas en dehors du rapport social con&#231;u comme une dynamique visant &#224; reproduire toutes les conditions de renouvellement de ce rapport, dans le cadre de la totalit&#233; du MPC et de son intrication conflictuelle avec le rapport de classes. En effet, on ne peut pas faire comme si cette contrainte &#224; la sexualisation n'&#233;tait qu'un &#233;tat de fait paralysant r&#233;sultant d'un asservissement accompli. (&#8230;) &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sp&#233;cificit&#233;s &#233;num&#233;r&#233;es plus haut : &#171; le corps, l'affectivit&#233;, l'intime, le priv&#233;&#8230; &#187; pourraient &#234;tre articul&#233;es les unes aux autres (apr&#232;s il faut voir comment), et c'est ce &#224; quoi servirait ce que j'essaie de d&#233;signer sous le terme d'&#171; intime &#187;, qui ne recouvrirait pas les m&#234;mes caract&#233;ristiques que la &#171; sph&#232;re priv&#233;e &#187;, bien que les chevauchant sans arr&#234;t. En gros, l'id&#233;e serait que ce qui domine dans les sph&#232;res publique comme priv&#233;e, ce sont des d&#233;terminations socio-&#233;conomiques s'affirmant comme telles (pour la sph&#232;re publique le travail, la politique, etc., pour la sph&#232;re priv&#233;e la reproduction de la force de travail et donc le couple et la famille, le travail domestique et l'&#233;levage des enfants, le matrimonial, mais aussi la &#171; conjugalit&#233; &#187;, etc.). L'intime lui s'articulerait aux deux autres (mais dans un rapport particulier au priv&#233; dans lequel il est inclus) sur le mode du senti, des affects produits dans des relations et des relations produites par ces affects, des affects biologis&#233;s parce que s'effectuant forc&#233;ment &#224; travers des corps, et ferait exister les sujets hommes et femmes tels que la totalit&#233; les constitue, certes pour le capital, mais aussi comme v&#233;ritables sujets sociaux pour eux-m&#234;mes, dans leurs rapports. C'est aussi parce que j'ai tels ou tels affects que j'entre en lien comme homme ou comme femme de telle ou telle mani&#232;re (que je deviens homme ou femme), et donc que je m'inscris de telle ou telle mani&#232;re dans les sph&#232;res publique et priv&#233;e, dans la totalit&#233; du MPC. La n&#233;cessaire reproduction des cat&#233;gories homme et femme par le MPC n'existe qu'en &#233;tant v&#233;cue et agie par des sujets sociaux particuliers, et se vivant comme tels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intime, comme lieu o&#249; se constitue par des affects le corps comme corps socialis&#233;, contribue puissamment &#224; la naturalisation du rapport, en faisant dispara&#238;tre les rapports sociaux derri&#232;re l'&#233;vidence du senti (c'est &#231;a que je ressens, j'ai envie de &#231;a, c'est moi, c'est l&#224;-dedans que je me reconnais : j'ai une identit&#233;, je suis un sujet). L'intime est le lieu o&#249; l'id&#233;ologie de la naturalit&#233; du rapport hommes/femmes est r&#233;ellement v&#233;cue. C'est moins la constatation de la permanence historique de l'appropriation des femmes par les hommes qui joue pour la naturalisation du rapport que l'&#233;vidence affective que ce rapport a pour nous-m&#234;mes. A tous, on nous a d'abord demand&#233; si on &#233;tait un gar&#231;on ou une fille, et tous, il nous a bien fallu r&#233;pondre, avant d'avoir &#224; en r&#233;pondre. Et je doute fort que le travail de d&#233;construction de la naturalit&#233; du rapport fait par les f&#233;ministes, que ce soit par les luttes ou la th&#233;orie, ait eu beaucoup d'effet sur cette puissante &#233;vidence. Il en faudra un peu plus pour que la nature cesse d'&#234;tre naturelle. En attendant, on peut toujours remettre en cause des &#171; r&#244;les sociaux &#187;, &#231;a n'est d&#233;j&#224; pas rien, mais &#231;a n'est pas la m&#234;me chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La notion d'intime permettrait de faire fonctionner les remarques sur le corps, la sexualit&#233;, l'amour d&#233;velopp&#233;es dans la suite du texte de C., mais pas seulement, l'intime incluant aussi le rapport aux enfants et &#224; la famille en g&#233;n&#233;ral (d'o&#249; maternit&#233;, paternit&#233;, etc., rapports d'appropriation affective non plus seulement dans les rapports hommes/femmes mais aussi dans toute la sph&#232;re intime familiale que ces rapports construisent : circulation d'affects, redirection de la part de la femme des liens affectifs envers le mec vers les enfants et la &#171; famille &#187; comme entit&#233; (lieu de la reproduction) &#8211; et on n'a plus l'opposition entre la maman et la putain, &#231;a marche ensemble). En somme, &#231;a n'est pas qu'une affaire de cul, on le sait, les rapports entre sujets sociaux rel&#232;vent aussi bel et bien d'une &#233;conomie politique, comme le montre parfaitement la R&#233;ponse aux Am&#233;ricaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci dit, pour ne pas voir l'omnipr&#233;sence de la question sexuelle dans la mani&#232;re dont les rapports hommes/femmes existent r&#233;ellement, il faudrait avoir les yeux ch&#226;tr&#233;s. &#171; Quand une fille sait qu'&#234;tre une femme c'est se caler, de fa&#231;on plus ou moins restrictive et exclusive sur le d&#233;sir de l'homme et la satisfaction masculine construite comme puissance, possession, synth&#233;tis&#233;e dans la centralit&#233; du co&#239;t h&#233;t&#233;rosexuel, &#231;a concerne la reproduction de la force de travail en ce qu'elle suppose, outre le co&#239;t, une disponibilit&#233; sexuelle des femmes et un rapport sexuel dit &#171; complet &#187; pour les hommes. (&#8230;) &#187; (J'aime beaucoup le &#171; quand une fille sait qu'&#234;tre une femme c'est&#8230; &#187;, c'est aussi ce que j'entends par &#171; se reconna&#238;tre comme sujet &#187;.) Ce que je vois dans ce passage, un peu &#224; rebours de ce qu'il affirme fortement (on peut le lire en partant de la fin : &#171; quand la reproduction de la force de travail suppose (&#8230;), alors une fille sait qu'&#234;tre une femme c'est se caler (&#8230;) &#187;), c'est justement la fa&#231;on dont l'intime n'est pas isol&#233; de l'ensemble du rapport, mais appara&#238;t comme s'il l'&#233;tait, ce qui fait que l'ensemble du rapport n'appara&#238;t plus que comme l'affaire de sujets. Une fois qu'ils sont &#171; assujettis &#187;, une fille devient une femme, un gar&#231;on un homme, et ils agissent en cons&#233;quence l'un envers l'autre, c'est-&#224;-dire non seulement font &#233;ventuellement des enfants (en nombre et en temps socialement d&#233;termin&#233;s, etc.), mais encore et surtout existent par l&#224; comme sujets sociaux se reconnaissant eux-m&#234;mes et l'un l'autre comme tels dans les sph&#232;res publique et priv&#233;e, y trouvant &#171; tout naturellement &#187; leur place respective selon ce qu'ils sont. L'intime, c'est aussi tout simplement un rapport &#224; soi en m&#234;me temps qu'un rapport &#224; l'autre, rapport &#224; soi parce que rapport &#224; l'autre : c'est un rapport social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque je dis &#171; devenir sujets sociaux pour eux-m&#234;mes &#187;, c'est d'auto-reconnaissance des sujets dont il est question, d'identit&#233; et de proc&#232;s conflictuel d'ad&#233;quation aux normes, il n'y a pas de non-sujet social qui pr&#233;c&#233;derait ce devenir et deviendrait social &#224; un moment ou un autre, m&#234;me la vie intra-ut&#233;rine du f&#339;tus est d&#233;j&#224; socialis&#233;e, il n'y a pas de &#171; subjectivit&#233; &#187; autre que sociale. Mais il y a des stades dans la socialisation, je pense par exemple aux rituels d'initiation de tous ordres, formalis&#233;s ou pas. Dans toutes les soci&#233;t&#233;s, l'entr&#233;e dans la sexualit&#233;, le couple, la famille sont des stades de ce type (&#171; quand une fille sait&#8230; &#187;). Dans toutes les soci&#233;t&#233;s, mais toutes les soci&#233;t&#233;s ne sont pas le MPC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont des sujets qui font exister (ils ne les cr&#233;ent pas, mais les agissent) les normes qui les produisent, c'est aussi comme &#231;a que &#231;a vit et que &#231;a peut entrer en contradiction, d&#232;s lors que l'intrication des rapports de classes et des rapports hommes/femmes est celle du MPC, l'intime en soi ne d&#233;finissant aucune contradiction mais &#233;tant une des mani&#232;res dont la contradiction existe, et appara&#238;t comme telle. Et c'est souvent l&#224; que les critiques de la double contradiction accrochent (&#171; c'est comme &#231;a depuis toujours, il n'y a pas de raison que &#231;a cesse &#187;, comme si les rapports de classes, eux aussi, n'&#233;taient pas l&#224; &#171; depuis toujours &#187;, en tout cas bien ant&#233;rieurement au capital), parce qu'ils ne voient pas pourquoi il y aurait brutalement une contradiction l&#224; o&#249; il n'y a jamais eu que des hommes et des femmes se sachant &#171; tout naturellement &#187; tels. C'est que simplement la contradiction n'est pas dans l'intime lui-m&#234;me, mais qu'il est embarqu&#233; dans une contradiction qui le construit historiquement. L'histoire de l'intime n'est que celle des modes de production jusqu'&#224; aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a un mode particulier d'assignation pour les femmes &#224; ce qu'elles sont par la mani&#232;re dont elles sont appropri&#233;es sexuellement dans le couple par un homme particulier. Elles peuvent sortir ce faisant de leur appropriation potentielle et toujours pr&#233;sente par tous les autres hommes ou au moins la tenir &#224; distance : le d&#233;sir (d&#233;sir &#171; d'avoir un mec &#187;, puis et donc de &#171; construire &#187; un couple, une famille comme lieu de la reproduction de la force de travail et de la &#171; race des travailleurs &#187;, etc., dans tout couple &#171; normalement &#187; constitu&#233;, ce qui &#233;tait lien affectif r&#233;appara&#238;t rapports &#171; &#233;conomiques &#187;) et la crainte (celle d'appartenir &#224; tous, c'est-&#224;-dire de ne pas &#234;tre &#171; sujet social &#187; mais seulement &#171; femme &#187;) construiraient alors une assignation affective au couple (ce qui construit la forme de l'affect dans cette relation de d&#233;sir/crainte). Cette assignation est alors un m&#233;canisme de contrainte dans lequel agissent en permanence tous les hommes sur toutes les femmes (c'est-&#224;-dire chaque femme), les hommes dominant l'ensemble d'un espace social sexu&#233;, et dont la r&#233;sultante est le couple comme norme autour de laquelle vont se distribuer toutes les autres pratiques. Il s'agit d'un mode d'introduction dans la sph&#232;re priv&#233;e, cette introduction &#233;tant n&#233;cessaire et pr&#233;suppos&#233;e par la reproduction g&#233;n&#233;rale des rapports de classes et hommes/femmes, d'o&#249; l'intime comme lieu de production de sujets norm&#233;s et assignation/int&#233;gration &#224; ces normes ; d'o&#249; aussi remise en cause de ces sujets, d&#232;s lors que le capital a un probl&#232;me avec les femmes, et avec le travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai tendance &#224; penser que &#231;a ne se jouerait pas exactement de la m&#234;me mani&#232;re chez les prol&#233;taires que pour les classes moyennes, en raison de la relative ind&#233;pendance &#233;conomique des femmes chez les CM (travail pr&#233;caire et temps partiel d&#233;finissant en m&#234;me temps les femmes et les prol&#233;taires femmes), mais je me dis aussi qu'ind&#233;pendance &#233;conomique et ind&#233;pendance affective &#231;a n'est pas la m&#234;me chose. Le r&#244;le particulier de l'intime dans la dynamique serait alors de faire perdurer par les affects des mod&#232;les en remaniement dans le rapport social g&#233;n&#233;ral, ou plut&#244;t de participer au remodelage des formes familiales, sexuelles, etc. ; mais c'est aussi en raison de cela qu'il peut entrer en crise, et devenir crise des sujets homme et femme. Cette forme g&#233;n&#233;rale s'historicise :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce n'est pas pour rien que c'est au moment de la faillite du programmatisme et en pleine crise/restructuration que le f&#233;minisme des ann&#233;es 70 est, pour l'une de ses composantes, la mise en cause de l'existence des hommes et des femmes comme cat&#233;gories naturelles. Au niveau de la vie des femmes, tout un tas de mesures concernant leur vie affective, sexuelle et familiale nous permettent de voir ces remaniements historiques des contradictions de classes et hommes/femmes : m&#232;res c&#233;libataires (expression qui d&#233;signe litt&#233;ralement ce par quoi les femmes existent socialement : couple/famille), place des femmes dans le march&#233; du travail et dans la famille, m&#339;urs sexuelles qui en r&#233;sultent, formes de conjugalit&#233;, politiques familiales etc. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La restructuration est aussi recomposition des anciens liens familiaux fond&#233;s sur la soumission &#233;conomique et juridique des femmes aux hommes, et ce notamment dans les zones centrales du capital. De nouveaux types de rapports et d'affects sont apparus, il y a aussi restructuration affective, les femmes ne pouvant plus &#234;tre li&#233;es &#224; leur homme seulement par le rapport/&#233;change salaire/travail domestique, notamment quand les deux sont dans la m&#234;me merde, sans oublier que monsieur n'est souvent tout simplement plus l&#224;. Les affects qui constituent les femmes comme telles prennent alors une consistance (une n&#233;cessit&#233;) qu'ils n'avaient pas auparavant dans le maintien d'une structure reproductive (famille d&#233;compos&#233;e-recompos&#233;e, mais toujours famille) qui reste n&#233;cessaire au MPC. C'est la structure qui faisait que dans la p&#233;riode programmatique les femmes &#233;taient surd&#233;finies par leurs r&#244;les socio-&#233;conomiques d'&#233;pouses et de m&#232;res (et c'est alors comme &#233;pouses et m&#232;res qu'elles devaient &#234;tre &#171; lib&#233;r&#233;es &#187;) qui est alt&#233;r&#233; dans la restructuration. D&#232;s lors que les femmes ne peuvent plus &#234;tre strictement cantonn&#233;es &#224; la sph&#232;re priv&#233;e, leurs rapports &#171; imm&#233;diats &#187;, intimes, avec les hommes sont l&#224; pour leur rappeler qui elles sont, pour les rappeler &#224; leur corps. Et ceci est en conflit, comme contradiction au sein du capital &#171; qui veut des femmes et n'en veut pas &#187;, contradiction qui existe aussi bien comme conflit dans le couple tel qu'il est &#171; restructur&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d'autres termes, salari&#233;es ou pas, mari&#233;es ou pas, les femmes restent des femmes, et se sentent telles, m&#234;me dans tous les bouleversements de la sph&#232;re priv&#233;e occasionn&#233;s par la restructuration. Ce qui donne aussi son caract&#232;re d'&#233;vidence &#224; ce que dans l'achat global, la force de travail des femmes soit achet&#233;e comme force de travail sp&#233;cifiquement f&#233;minine (allocation parent isol&#233; dont b&#233;n&#233;ficient majoritairement les femmes, pr&#233;carit&#233; du travail f&#233;minin, etc.). Le salaire est individuel, le capital pr&#233;suppose des individus abstraits, mais ces individus restent des femmes ou des hommes dans le moment m&#234;me o&#249; ils sont &#171; abstraits &#187; comme force de travail. S'il pouvait en &#234;tre autrement, le capital aurait d&#233;j&#224; aboli les hommes et les femmes, pour ne conserver que des prol&#233;taires, &#233;lev&#233;s en batterie et in vitro, bien entendu. Ce qui montre par l'absurde que la distinction hommes/femmes n'est pas simplement pour le capital un moyen d'extraire un peu plus de plus-value en exploitant plus les femmes que les hommes. Les femmes ne sont pas une segmentation de la classe. Les femmes ne sont pas seulement &#171; plus &#187; exploit&#233;es comme force de travail, elles sont exploit&#233;es comme femmes, non en raison d'une particularit&#233; anatomique qui serait arbitrairement discriminatoire, mais parce que c'est leur existence sociale comme femmes (existence sociale qui se fonde sur le fait d'avoir un ut&#233;rus) qui constitue ce qu'elles sont comme force de travail. (Les discriminations raciales ne sont pas non plus &#171; arbitraires &#187;, en ce qu'elles sont le produit d'une histoire (esclavage, colonisation, d&#233;colonisation, etc.), mais c'est toujours d'abord comme force de travail que les racis&#233;s sont discrimin&#233;s, ils sont exploit&#233;s comme prol&#233;taires &#224; bon march&#233;, sous-qualifi&#233;s, embauchables pour les pires boulots, ce qui pourrait se r&#233;sumer &#224; &#234;tre &#171; plus &#187; exploit&#233;s. Cependant, la construction raciale implique que cette discrimination soit naturalis&#233;e pour fonctionner comme exploitation. Ce qui revient &#224; dire que la racisation est une segmentation de la classe, mais une segmentation naturalis&#233;e, ce qui n'est pas rien, m&#234;me si &#231;a ne peut pas constituer une contradiction. Trop longue parenth&#232;se, mais on est loin d'en avoir fini avec cette question.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce mode particulier d'assignation dont la r&#233;sultante reste le couple comme norme pointe aussi d'un autre c&#244;t&#233; les impasses des tentatives alterno-anarchistes de &#171; lib&#233;ration sexuelle &#187; (ce qui vaut autant pour les exp&#233;riences anarchistes de l'ancien cycle de lutte que pour celles d'aujourd'hui, qu'elles se d&#233;roulent ou non dans un milieu &#171; politique &#187;). Les femmes non-appropri&#233;es dans le couple sont du coup mises &#224; disposition de tous les hommes, le rapport hommes/femmes n'&#233;tant pas abolition des hommes et des femmes, mais lib&#233;ralisation du corps des femmes, mise &#224; disposition pour tous les hommes, ce qui se ram&#232;ne surtout &#224; une bonne affaire pour eux (c'est-&#224;-dire pour les meilleurs, les dominants, le rapport restant ce qu'il est, faut pas r&#234;ver les gars). Ce qui n'emp&#234;che pas le d&#233;sir de fonctionner, mais il fonctionne comme il fonctionnait dans le rapport g&#233;n&#233;ral. C'est parce que le rapport g&#233;n&#233;ral implique l'appropriation des femmes, de chaque femme par tous les hommes, et qu'il est construit par une totalit&#233;, que tenter de l'abolir par la suppression d'un seul de ses termes, le couple exclusif par exemple, est aussi illusoire qu'abolir le salariat en conservant l'&#233;change. Au-del&#224; de l'anecdote, cela montre encore une fois que l'intime n'est pas que ce qu'il para&#238;t &#234;tre (rapports de sujets singuliers, ce qu'il est pourtant aussi bel et bien), il est la r&#233;sultante d'un rapport social qu'il concourt &#224; reproduire, nos affects (qu'on les subisse de mani&#232;re relativement critique ou pas) ne nous appartiennent pas plus que nos corps. Ca n'a rien de nouveau, mais &#231;a vaudrait peut-&#234;tre la peine d'en parler autrement que de mani&#232;re anecdotique, dans une perspective plus g&#233;n&#233;rale de critique des alternatives sexuelles comme &#171; subversion &#187; (fa&#231;on Foucault), et plus g&#233;n&#233;ralement de toutes les formes de &#171; libertinage &#187;. Et d'en finir avec toutes ces histoires de &#171; subjectivit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La centralit&#233; du couple comme norme, qui ne se r&#233;sume pas forc&#233;ment dans le fait pour une femme d'&#234;tre appropri&#233;e par un homme particulier, montre aussi que c'est la notion m&#234;me de &#171; groupe femme &#187; qui fait probl&#232;me. Parce qu'il y aurait alors bien un groupe des hommes, mais qui ferait collectivement face &#224; chaque femme en particulier, qui isolerait chaque femme dans le rapport d'ensemble, mais le &#171; groupe femme &#187; serait plut&#244;t construit comme atomis&#233;, &#171; femmes individuelles &#187; (ce qui revient &#224; dire que &#171; seules les femmes ont un corps &#187;), d'o&#249; le fantasme des &#171; amazones &#187;, &#224; savoir la trouille de voir se constituer des bandes de filles, des groupes de femmes, politiques ou de lutte sur des lieux de travail, la r&#233;pression des manifs de femmes comme en Egypte, etc. (d'o&#249; aussi dans certaines soci&#233;t&#233;s les pratiques de viol collectif comme entr&#233;e dans la sexualit&#233;). Le couple comme norme est d&#232;s lors l'assignation affective de chaque femme &#224; un homme particulier, lui-m&#234;me repr&#233;sentant de tous les hommes, ce qui revient &#224; parler d'appropriation collective, mais de tous les hommes vis-&#224;-vis de chaque femme en particulier. Ce qui fait que dans le rapport entre une femme et un homme, la femme est tout de m&#234;me minoritaire, parce que derri&#232;re un homme, il y a tous les autres, et l'ensemble d'un univers social sexu&#233; par la domination masculine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est aussi le MPC qui cr&#233;e bel et bien ce &#171; groupe femme &#187; forc&#233;ment contradictoire lorsqu'il met les femmes au travail selon leurs &#171; sp&#233;cificit&#233;s &#187;, tout en devant les maintenir &#171; femmes individuelles &#187; dans le r&#244;le qu'elles occupent dans la reproduction d'ensemble du rapport (non seulement comme mode de production mais comme soci&#233;t&#233; &#8211; et c'est tout le probl&#232;me que pose le capital : &#234;tre mode de production devenant totalit&#233; sociale). C'est bien parce que l'intime est embarqu&#233; dans les contradictions de classes et hommes/femmes qu'on a la possibilit&#233; de l'abolition du rapport, en tout cas de sa mise en crise. Car ce qui est d&#232;s lors remis en cause, ce ne sont pas simplement des &#171; r&#244;les sociaux &#187;. Tout le monde veut bien remettre en cause le &#171; r&#244;le social &#187; des femmes, tant qu'il ne s'agit que de savoir qui fera la vaisselle. Mais il ne s'agit plus de division sexuelle du travail ou d'une meilleure r&#233;partition des t&#226;ches entre hommes et femmes, plus &#233;galitaire : c'est jusqu'au fond des affects que le rapport est atteint, et ce &#171; fond des affects &#187; r&#233;pond non seulement &#224; ce que nous sommes, mais &#224; tout ce qu'est le MPC. &#171; Ce mode de production pr&#233;pare en son sein une lutte de classe qui, abolissant le capital, ne pourra &#233;chapper &#224; la question, pour chacun, des &#171; conditions inh&#233;rentes &#224; son individualit&#233; &#187; (&#8230;). &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le type qui tabasse &#224; mort sa femme parce qu'elle le &#171; trompe &#187; avec un piquet de gr&#232;ve, &#231;a n'est pas seulement parce qu'elle se refuse &#224; la reproduction de sa force de travail et menace la distinction public/priv&#233;, mais aussi parce que cette reproduction s'est intimement construite comme appropriation, c'est-&#224;-dire comme exclusivit&#233;, couple, d&#233;pendance sexuelle, amour, etc. Et que c'est pour &#231;a que &#231;a se manifesterait sans doute de la m&#234;me mani&#232;re si elle le trompait avec un autre mec, et pas avec un piquet de gr&#232;ve. Parce que &#231;a n'est pas tous les jours gr&#232;ve (m&#234;me si c'est tous les jours lutte des classes), mais c'est tous les jours que des mecs tabassent leur femme (parce que c'est tous les jours aussi que les femmes sont appropri&#233;es). L'enjeu pour l'homme &#233;tant non seulement &#171; garder sa femme &#187;, mais &#171; rester un homme &#187;, celui qui pour &#234;tre un homme s'approprie une femme particuli&#232;re face &#224; tous les autres hommes. Mais lorsque ceci appara&#238;t dans une lutte, &#231;a ne se passe pas de la m&#234;me mani&#232;re, parce qu'on sort alors de la sph&#232;re priv&#233;e, o&#249; charbonnier est ma&#238;tre en son logis, et que les affects peuvent &#234;tre remis publiquement en cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait donc aborder la question de l'intime comme mode de constitution des sujets en v&#233;ritables sujets sociaux pour eux-m&#234;mes. Il ne s'agit pas d'introduire de la &#171; subjectivit&#233; &#187; dans les rapports sociaux, mais de montrer que ces rapports ne peuvent exister qu'en &#233;tant v&#233;cus et agis par des sujets qui les font exister tels qu'ils sont &#224; travers ce qu'ils sont, dans leur existence de classe et comme hommes et femmes. Il s'agit aussi de montrer que la communisation est mise en crise des sujets dans leurs rapports, et donc de montrer &#224; quoi on touche ce faisant, c'est-&#224;-dire au c&#339;ur des rapports, &#224; notre propre constitution comme sujets sociaux dans le MPC. Il s'agit de replacer le &#171; sujet social &#187; (pas un sujet social abstrait, mais le sujet tel qu'il se sent &#234;tre sujet et tel qu'il se vit dans les relations qu'il entretient aux autres) dans la totalit&#233; sociale et donc dans la dynamique de la contradiction qui n'a du coup plus rien d'externe &#224; l'ensemble des rapports sociaux. Ce qui nous permettrait de sortir encore plus nettement de la &#171; belle &#187; contradiction de classes comme moteur de la r&#233;volution qui &#171; r&#233;soudrait &#187; secondairement la question des &#171; dominations &#187; de race, de genre, etc. Et donc de montrer que :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le corps, la sexualit&#233; comme sexage sont en effet le contenu de la contradiction hommes/femmes et de la population comme force productive et ce contenu montre que l'existence des hommes et des femmes est un rapport social diff&#233;rent du rapport de classe, sachant que les femmes ne sont justement ni des marchandises ni de simples moyens de production. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Notes classes moyennes et interclassisme</title>
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&lt;p&gt;Poser la question des classes ? moyennes du point de vue de la communisation, ce ne peut &#234;tre se poser seulement la question de leur existence, de leurs origines historiques ou de savoir qui on peut y inclure ou non, &#224; la mani&#232;re de l'historien ou du sociologue. La question des classes moyennes est pour nous aujourd'hui celle de l'interclassisme tel qu'il se produit dans les luttes, d'Ath&#232;nes au Caire, d'Oakland &#224; Barcelone. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le pi&#232;ge serait de poser l'interclassisme comme quelque chose (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://theoriecommuniste.org/la-revue/Textes-TC-pour-Meeting-et-SIC/Les-classes-moyennes/" rel="directory"&gt;Les classes moyennes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Poser la question des classes&lt;sup&gt;&lt;a href='https://theoriecommuniste.org/Classes' title=&#034;D&#233;finition&#160;: Les classes ne sont ni des sommes d'individus regroup&#233;s par un int&#233;r&#234;t (&#8230;)&#034;&gt;?&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; moyennes du point de vue de la communisation, ce ne peut &#234;tre se poser seulement la question de leur existence, de leurs origines historiques ou de savoir qui on peut y inclure ou non, &#224; la mani&#232;re de l'historien ou du sociologue. La question des classes moyennes est pour nous aujourd'hui celle de l'interclassisme tel qu'il se produit dans les luttes, d'Ath&#232;nes au Caire, d'Oakland &#224; Barcelone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pi&#232;ge serait de poser l'interclassisme comme quelque chose qu'il faudrait d&#233;plorer ou encourager, ou comme quelque chose &#224; investir ou orienter (activisme), et donc de poser les classes moyennes comme quelque chose qui serait toujours soit de trop soit qui manquerait dans les luttes (trop d'&#233;meutiers tout seuls, ou trop de fonctionnaires, etc.). Ce serait aussi sym&#233;triquement de poser le prol&#233;tariat dans son union ou non avec les classes moyennes, &#224; la recherche du bon cocktail de classes susceptible de produire le moment r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais alors que sont les classes moyennes ? Une fraction ais&#233;e du salariat, un certain r&#244;le dans la reproduction d'ensemble du capital (les activit&#233;s d'encadrement, par exemple), ou simplement l'ensemble des salari&#233;s touchant un revenu m&#233;dian ? A chaque fois que la question se pose dans ces termes, les classes moyennes sont dissoutes dans le prol&#233;tariat ou l'inverse, et on ne voit plus bien de quel interclassisme on pourrait parler, ou alors on dresse classes moyennes et prol&#233;taires face &#224; face, de part et d'autre d'une fronti&#232;re de classe imaginaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne saurait se contenter de dire que les classes moyennes ne seraient que des prol&#233;taires qui s'ignorent, sur la base du fait qu'elles sont essentiellement compos&#233;es de salari&#233;s, ce qui les ram&#232;nerait &#224; &#234;tre num&#233;riquement &#171; presque tout le monde &#187; (on en reviendrait alors au &#171; 99% &#187; qui de ce point de vue n'est pas si loin de la r&#233;alit&#233; : en effet selon des chiffres du Credoc on arrive &#224; quelque chose comme 80% des salari&#233;s). Mais il ne serait pas plus satisfaisant, au regard des luttes et de la r&#233;alit&#233; de l'interclassisme, de tenter de les consid&#233;rer pour ce qu'elles seraient &#171; en elles-m&#234;mes &#187;, ou seulement dans un rapport d'ext&#233;riorit&#233; au prol&#233;tariat, comme si l'un et l'autre &#233;taient des entit&#233;s s&#233;par&#233;es, et non des &#233;l&#233;ments de la m&#234;me totalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dire que les luttes actuelles sont interclassistes, ce n'est pas seulement observer que les classes moyennes s'y trouvent m&#234;l&#233;es aux prol&#233;taires, c'est-&#224;-dire objectivement aux plus pauvres (tout le monde descend dans la rue en temps de crise majeure), mais dire et faire appara&#238;tre que la contradiction entre capital et prol&#233;tariat est non seulement la dynamique qui produit toutes les classes du MPC, c'est-&#224;-dire qui produit le capital comme soci&#233;t&#233; capitaliste, mais &#233;galement celle qui conduit &#224; leur dissolution. Consid&#233;rer les classes moyennes &#171; en elles-m&#234;mes &#187; n'a alors aucun sens. Les classes moyennes n'existent qu'en ce qu'elles sont constitutives de ce qu'est le prol&#233;tariat dans sa contradiction au capital. Il ne sert &#224; rien de vouloir les d&#233;crire autrement que comme un moment des luttes, comme un moment de la lutte de classe du prol&#233;tariat, comme un moment de la contradiction en proc&#232;s. Se demander ce qu'elles sont en dehors de ce rapport au prol&#233;tariat ne serait qu'un exercice de sociologie, o&#249; l'on fige les classes dans des couches et des strates dans lesquelles il serait possible d'aller effectuer des pr&#233;l&#232;vements afin d'en conna&#238;tre la composition, pour ensuite les d&#233;crire dans leur infinie complexit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les classes moyennes sont &#233;galement souvent d&#233;finies comme englobant l'ensemble des activit&#233;s non-productives qui permettent &#224; la plus-value d'exister r&#233;ellement, c'est-&#224;-dire socialement. La reproduction d'ensemble du rapport social capitaliste est alors th&#233;oriquement produite comme identique &#224; la valorisation. La production de plus-value ne d&#233;finit d&#232;s lors plus une classe, le prol&#233;tariat, mais l'ensemble de la soci&#233;t&#233; capitaliste, comme monde capitaliste &#171; int&#233;gr&#233; &#187; (au sens o&#249; Debord parlait du &#171; spectaculaire int&#233;gr&#233; &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette mani&#232;re de consid&#233;rer les choses s'appuie sur le fait qu'il est aujourd'hui effectivement tr&#232;s difficile, voire impossible, et en tout cas tr&#232;s fastidieux, de d&#233;terminer &#224; partir de l'activit&#233; individuelle d'un salari&#233; &#224; quel moment il produit de la valeur ou n'en produit pas. Mais rechercher dans l'activit&#233; des prol&#233;taires individuels quels sont les moments o&#249; ils produisent de la plus-value et ceux o&#249; ils reproduisent simplement ses conditions de possibilit&#233; n'offre que peu d'int&#233;r&#234;t et ne change rien au rapport social fondamental qu'est l'exploitation : c'est l'exploitation d'une classe par une autre qui produit la plus-value, et c'est aussi l'exploitation qui d&#233;finit comme classes celle des exploiteurs et celle des exploit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Poser la valorisation comme identique &#224; la reproduction d'ensemble du rapport social capitaliste fait dispara&#238;tre la contradiction comme rapport entre des classes et ce qui les constitue comme classes. La baisse du taux de profit devient une pure question &#233;conomique, nous nous retrouvons en pleine &#171; critique de la valeur &#187;. Lorsque le capital finit par ne plus produire assez de valeur pour reproduire l'ensemble de la soci&#233;t&#233;, c'est alors, dans le meilleur des cas, &#171; l'ensemble de la soci&#233;t&#233; &#187; qui se r&#233;volte. Avec, en premi&#232;re ligne, des classes moyennes &#171; prol&#233;taris&#233;es &#187;, qui finalement reviendraient en leur &#234;tre propre, en leur essence prol&#233;tarienne et donc, imm&#233;diatement, r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette extension du prol&#233;tariat &#224; l'ensemble des salari&#233;s traduit le fait que le prol&#233;tariat productif n'est plus con&#231;u que comme un non-sujet, priv&#233; de son identit&#233; ouvri&#232;re et socialement isol&#233; dans la production. Il ne retrouve une sorte de dignit&#233; ou de potentiel r&#233;volutionnaire que d&#232;s lors qu'il est surnum&#233;raire, et donc hors de la sph&#232;re productive, rejoignant ainsi sa vraie nature de r&#233;volutionnaire ou de r&#233;volt&#233; (l'&#233;meutier potentiel), ou ne retrouve une existence sociale, ne sort de son isolement productif qu'en devenant &#171; presque tout le monde &#187;, classe moyenne &#171; prol&#233;taris&#233;e &#187;. Comme si, hors du programmatisme et de l'identit&#233; de classe confirm&#233;e dans le capital, c'est-&#224;-dire hors de son existence politique comme classe, le prol&#233;tariat perdait toute existence sp&#233;cifique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La notion de classe moyenne comme masque du prol&#233;tariat (les classes moyennes sont des prol&#233;taires qui s'ignorent ou la notion de classe moyenne est un masque id&#233;ologique sur la r&#233;alit&#233; du prol&#233;tariat) est alors le fait d'une th&#233;orisation qui se donne les sujets dont elle a besoin pour ses propres fins. Mais ce qui est alors masqu&#233;, ce sont les probl&#232;mes r&#233;els que pose la segmentation de la classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut toujours poser une unit&#233; a priori de la classe sur la base du fait que tous les prol&#233;taires, productifs ou non, ont &#224; subir le rapport salarial, c'est-&#224;-dire l'exploitation, mais il n'en reste pas moins que cette unit&#233; n'est en rien unifiante, qu'elle n'existe imm&#233;diatement que comme la s&#233;paration de tous les prol&#233;taires entre eux, qu'on se trouve sans cesse face aux situations particuli&#232;res de chaque segment de classe. La situation commune des exploit&#233;s n'est rien d'autre que leur s&#233;paration. La question que nous avons &#224; nous poser n'est pas celle de l'unit&#233; a priori, mais de la reconduction ou non de cette s&#233;paration, parce que c'est la question qui se pose dans les luttes lorsqu'elles tendent &#224; se g&#233;n&#233;raliser, lorsqu'elles deviennent interclassistes : c'est la tension m&#234;me &#224; l'unit&#233; qui n'est que le fait de se heurter &#224; la r&#233;alit&#233; de la s&#233;paration. La &#171; communaut&#233; de situation &#187; n'est donn&#233;e que de mani&#232;re abstraite ou g&#233;n&#233;rale dans ce qu'on est dans le capital, elle ne devient une tension r&#233;elle que dans les luttes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, il ne s'agit ni de dire &#171; il n'y a de prol&#233;tariat que le prol&#233;tariat productif &#187;, ni &#171; nous sommes tous exploit&#233;s, tous prol&#233;taires &#187;, mais de rep&#233;rer comment existe cette tension &#224; l'unit&#233;, et &#224; travers quels conflits particuliers &#224; l'int&#233;rieur de la classe. Pour donner un exemple tr&#232;s g&#233;n&#233;ral, lors de l'occupation ou du blocage d'un lieu de travail, se retrouvent sur ce lieu &#224; la fois les gens qui y travaillent et des individus qui sont pr&#233;sents seulement pour la lutte. La situation qui se dessine alors est chaque fois diff&#233;rente et d&#233;pend du contenu de la lutte (revendicative ou non, etc.) et de l'activit&#233; des individus qui y prennent part. Le fait que le lieu de travail, m&#234;me bloqu&#233; ou occup&#233;, conserve sa fonction, reste naturellement la premi&#232;re limite de ce type de situation. Cependant, briser l'&#233;tanch&#233;it&#233; sociale d'un lieu de travail, que des salari&#233;s s'y trouvent hors travail et m&#234;l&#233;s &#224; d'autres pour autre chose que le travail, met chacun des participants face &#224; l'&#233;vidence de l'arbitraire de leur r&#244;le social dans le monde capitaliste. Le lieu de travail est alors travers&#233; de rapports sociaux diff&#233;rents de ceux qui lui permettent d'exister comme lieu de travail. Ce qui peut appara&#238;tre alors, pour peu que le conflit tende &#224; se g&#233;n&#233;raliser, c'est la s&#233;paration tant de l'outil productif que du reste de la soci&#233;t&#233;, la s&#233;paration des individus entre eux (la division de la soci&#233;t&#233; en classes) comme la s&#233;paration des individus et de leur propre activit&#233;, c'est-&#224;-dire la condition m&#234;me du rapport social capitaliste. Briser cette s&#233;paration et r&#233;aliser une unit&#233; dans la lutte est le seul moyen de poursuivre la lutte, mais reproduire cette s&#233;paration est au bout du compte la seule mani&#232;re d'&#234;tre ce qu'on est socialement. C'est l&#224; que se situe ce qu'on peut appeler tension &#224; l'unit&#233;, qui n'est le plus souvent qu'&#233;bauch&#233;e et ne peut trouver son effectivit&#233; que dans le processus de communisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'unit&#233; de la classe ne se r&#233;alise pas imm&#233;diatement comme rapport entre des personnes (il ne suffit pas que &#034;les gens se parlent&#034; pour qu'ils d&#233;passent leur appartenance de classe : c'est le mythe assembl&#233;iste), mais dans une activit&#233; contre le capital, c'est-&#224;-dire contre leur propre existence de classe, activit&#233; dans laquelle les individus ne trouvent plus la possibilit&#233; de leur d&#233;finition par les r&#244;les sociaux capitalistes. Ceci ne peut appara&#238;tre que lors de conflits tr&#232;s intenses et tendant &#224; se g&#233;n&#233;raliser &#224; l'ensemble de la soci&#233;t&#233;, et tend toujours &#224; s'&#233;teindre d&#232;s lors que la tension du conflit est retomb&#233;e. La poursuite et l'extension de cette dynamique est un moment de la communisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La recherche d'une unit&#233; de la classe sur la base du revenu, l'assimilation du prol&#233;taire au salari&#233; fait perdre de vue la sp&#233;cificit&#233; des classes dites moyennes dans le MPC, sp&#233;cificit&#233; qui n'existe qu'en fonction du travail productif proprement dit, en raison de la contradiction qu'est la baisse du taux de profit, dans ce qui pousse le capital, dans son d&#233;veloppement historique, ne laissant rien en dehors de lui, &#224; devenir soci&#233;t&#233;. Ce qui est en cause, c'est ce qui se joue dans le d&#233;veloppement de la coop&#233;ration, d'abord entre les travailleurs puis entre les diff&#233;rentes branches de la production capitaliste et la n&#233;cessit&#233; conjointe de la s&#233;paration de leurs activit&#233;s, de la division du travail, et donc du d&#233;veloppement des sph&#232;res de l'encadrement, de la circulation, etc., la segmentation &#233;tant exig&#233;e par le proc&#232;s productif aux fins de valorisation, dans le cours de son d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capital s&#233;pare les travailleurs (par le salaire, par la perte de ma&#238;trise sur ce qui est produit et la mani&#232;re dont &#231;a l'est, etc.) &#224; mesure qu'il les rassemble en nombre dans le proc&#232;s productif et c'est de cette mani&#232;re qu'il socialise le travail ; le r&#233;sultat de cette union/division est la soci&#233;t&#233; capitaliste, en ce qu'elle est r&#233;ellement compos&#233;e, de mani&#232;re fonctionnelle, de segments de classes : les classes dites moyennes, qui apparaissent au cours de ce processus, manifestent ce en quoi le capital est soci&#233;t&#233; capitaliste, mode de production devenu soci&#233;t&#233;. Le travail capitaliste ne peut devenir force de travail collective (le salaire est individuel), communaut&#233; des travailleurs (socialisme), pas plus que les prol&#233;taires ne peuvent s'unir sur la base de ce qu'ils sont comme classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les classes moyennes sont g&#233;n&#233;r&#233;es par le capital au fil de la croissance de sa composition organique, de sa domination r&#233;elle sur le travail, et ce faisant elles constituent la soci&#233;t&#233; qu'est r&#233;ellement le capital. (Cette soci&#233;t&#233;, qui a pour origine et finalit&#233; la valorisation, devient id&#233;ologiquement pour les classes moyennes la fin propre du capital : le capital qu'elles reproduisent existerait finalement pour les reproduire, elles.) En cela elles ne sont pas comparables aux couches moyennes des autres modes de production ou de la domination formelle, qui existent moins pour que dans le mode de production auquel elles appartiennent. Ce que les autres modes de productions laissaient subsister hors d'eux, tant en termes de savoir que de pratiques, de m&#233;tiers ou de modes d'&#233;change ne peut plus subsister dans la domination r&#233;elle du capital sur le travail. Toute la soci&#233;t&#233; est soci&#233;t&#233; du capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'existence des classes moyennes montre que le capital ne se contente pas de reproduire le prol&#233;tariat pour le rapport d'exploitation, mais qu'en subsomption r&#233;elle c'est l'ensemble de la soci&#233;t&#233; comme soci&#233;t&#233; capitaliste qui est son autopr&#233;supposition. Les classes moyennes sont porteuses d'id&#233;ologie et d&#233;tentrices d'une l&#233;gitimit&#233; politique, parce qu'elles vivent le rapport capitaliste dans le f&#233;tichisme de la distribution, o&#249; la valeur de la force de travail devient le (juste) prix du travail. La distribution des revenus devient pour elles r&#233;partition des richesses : c'est en cela &#233;galement qu'elles peuvent devenir un obstacle contre-r&#233;volutionnaire pour le prol&#233;tariat, une des limites de sa propre existence de classe, dont elles sont constitutives. Ce que rencontre alors le prol&#233;tariat dans l'interclassisme, c'est-&#224;-dire dans le rapport conflictuel aux classes moyennes, c'est une des formes id&#233;ologiques de son existence dans le capital : pour le prol&#233;tariat aussi, le salaire est le prix du travail. L'id&#233;ologie de la classe moyenne est objectivation des rapports sociaux capitalistes, elle est le capitalisme vu comme contrat social et non comme rapport social d'exploitation, et cette id&#233;ologie n'est en rien ext&#233;rieure &#224; ce qu'est le prol&#233;tariat, elle est au contraire constitutive du rapport de classes tel qu'il existe r&#233;ellement. Dans la crise actuelle du rapport salarial, c'est aussi cette id&#233;ologie qui entre en crise, et c'est un des enjeux des luttes interclassistes aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il est n&#233;cessaire, dans les luttes, de critiquer les positions id&#233;ologiques des classes moyennes, cela ne saurait nous faire oublier que cette critique ne saurait se faire au nom ou en r&#233;f&#233;rence &#224; un sujet prol&#233;tarien qui ne serait pas entach&#233; d'id&#233;ologie, d'un pur sujet historique. L'interclassisme n'est pas une ligne de front, et c'est l&#224; tout le probl&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais au bout du compte, le rapport salarial ne peut avoir le m&#234;me contenu pour un ouvrier et pour un professeur, parce que produire des marchandises n'est pas identique &#224; reproduire un rapport social, ou les conditions d'un rapport social (m&#234;me si produire des marchandises est aussi &#231;a). Cependant l'ouvrier et le professeur se retrouvent dans les luttes de fa&#231;on contradictoire, tant&#244;t affirmant l'unit&#233;, tant&#244;t se heurtant &#224; leur s&#233;paration. Et c'est aussi en cela que les divisions de classes sont r&#233;elles autant que mouvantes, et que l'interclassisme reproduit les divisions de classes dans la tension &#224; leur abolition. L'interclassisme est ce conflit aussi bien que cette tension, il est un moment de la r&#233;volution comme communisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question des classes moyennes n'est pas ce en quoi elles sont &#171; moyennes &#187; en termes de revenu (revenu m&#233;dian qui n'est qu'accidentel et entre surtout dans la d&#233;finition de ce qu'elles sont id&#233;ologiquement, ou pour un sociologue du travail), mais doit aussi se poser &#224; partir de ce qu'elles sont effectivement (fonctionnellement) dans le monde du capital. Mais cette approche est probl&#233;matique. Les classes moyennes, comme r&#244;le fonctionnel dans le capital, cela peut-&#234;tre effectivement aussi les salari&#233;s des centres d'appel t&#233;l&#233;phonique pay&#233;s au SMIC. Cela ne signifie pas que ces salari&#233;s ne soient pas aussi des prol&#233;taires, c'est-&#224;-dire qu'ils ne soient pas pris dans la contradiction de classes qui polarise l'ensemble de la soci&#233;t&#233;, mais cela n'implique aucune unit&#233; ou &#171; communaut&#233; de situation &#187; hors des situations de lutte. Les classes moyennes n'ont pas plus une nature contre-r&#233;volutionnaire ou r&#233;formiste que le prol&#233;tariat productif n'a de nature r&#233;volutionnaire. Mais m&#234;me si on suppose des moments de &#171; d&#233;faisance &#187; du social, cette d&#233;faisance ne peut se faire qu'&#224; partir de la situation imm&#233;diate (et contradictoire) des classes telles qu'elles sont dans le capital, de ce qu'elles sont sp&#233;cifiquement amen&#233;es &#224; d&#233;fendre et /ou attaquer, etc. Et c'est l&#224; que &#231;a se complique&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce qu'on ne peut peut-&#234;tre pas &#233;chapper &#224; la t&#226;che d'avoir &#224; d&#233;crire ce qu'est effectivement la division en classes, telle qu'elle se manifeste &#224; chaque fois dans les luttes, c'est-&#224;-dire d'en indiquer les sp&#233;cificit&#233;s selon la sph&#232;re dans laquelle elle se situe : production, reproduction (les profs, les fonctionnaires, plus g&#233;n&#233;ralement la fonction sp&#233;cifique de l'Etat), circulation, encadrement. Aucune de ces divisions ne saurait &#234;tre indiff&#233;rente dans les luttes, mais aucune ne saurait suffire, dans le cadre d'une lutte interclassiste. Car l'on risque d'entrer dans une logique de classification sans int&#233;r&#234;t du point de vue de la communisation, si l'on perd de vue que toutes ces strates et couches sociales qui d&#233;crivent aussi les classes moyennes ne sont en rien fig&#233;es, mais sont amen&#233;es &#224; se dissoudre dans la contradiction qui est la dynamique m&#234;me du capital, parce qu'elle est contradiction entre des classes, dans laquelle une de ces classes entre constamment en contradiction avec sa propre existence de classe : le prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci affirm&#233;, il n'en reste pas moins que c'est seulement dans les luttes que m&#232;ne le prol&#233;tariat avec tout ce qu'il est dans et contre le capital, c'est-&#224;-dire aussi avec (et contre) les classes moyennes, que peut &#233;merger la possibilit&#233; du d&#233;passement r&#233;volutionnaire. Et que ce que ces luttes produisent, c'est aussi un brouillage momentan&#233; des s&#233;parations de classes, en attendant de produire leur abolition.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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