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	<title>Th&#233;orie Communiste</title>
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	<description>Notre &#233;poque est celle o&#249; le prol&#233;tariat, luttant en tant que classe? contre le capital, se remet lui-m&#234;me en cause et porte le d&#233;passement r&#233;volutionnaire de cette soci&#233;t&#233; par la production imm&#233;diate du communisme comme l'abolition de toutes les classes, l'imm&#233;diatet&#233; sociale de l'individu.</description>
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		<title>Th&#233;orie Communiste</title>
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		<title>R&#233;ponse de Kosmoprolet</title>
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		<dc:date>2011-09-22T22:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Les Amis de la soci&#233;t&#233; sans classes</dc:creator>



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&lt;p&gt;SUR LA COMMUNISATION ET SES THEORICIENS &lt;br class='autobr' /&gt;
Le terme communisation fut cr&#233;&#233; dans les ann&#233;es 1970, en France, afin d'exprimer une id&#233;e simple mais importante : la r&#233;volution prol&#233;tarienne n'est pas l'auto-affirmation du prol&#233;tariat, mais son auto-abolition. Ce concept n'est en rien une nouveaut&#233; puisqu'il se trouve d&#233;j&#224; dans un texte pol&#233;mique de 1845. Il n'eut cependant jamais un r&#244;le important dans le mouvement ouvrier, renvoyant au mieux &#224; l'horizon d'un futur lointain. Plus pr&#233;cis&#233;ment, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id='SUR-LA-COMMUNISATION-ET-SES-THEORICIENS'&gt;
SUR LA COMMUNISATION ET SES THEORICIENS&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le terme communisation fut cr&#233;&#233; dans les ann&#233;es 1970, en France, afin d'exprimer une id&#233;e simple mais importante : la r&#233;volution prol&#233;tarienne n'est pas l'auto-affirmation du prol&#233;tariat, mais son auto-abolition. Ce concept n'est en rien une nouveaut&#233; puisqu'il se trouve d&#233;j&#224; dans un texte pol&#233;mique de 1845&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Le prol&#233;tariat ex&#233;cute la sentence que la propri&#233;t&#233; priv&#233;e prononce contre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il n'eut cependant jamais un r&#244;le important dans le mouvement ouvrier, renvoyant au mieux &#224; l'horizon d'un futur lointain. Plus pr&#233;cis&#233;ment, c'est la conqu&#234;te du pouvoir politique par le prol&#233;tariat qui s'y imposa. Dans la soci&#233;t&#233; socialiste &#224; venir, qui devait &#234;tre encore domin&#233;e par la production marchande et par la mesure stricte de la contribution individuelle &#224; la richesse sociale, le prol&#233;tariat &#233;difierait les bases du communisme, soci&#233;t&#233; sans classes&lt;sup&gt;&lt;a href='https://theoriecommuniste.org/Classes' title=&#034;D&#233;finition&#160;: Les classes ne sont ni des sommes d'individus regroup&#233;s par un int&#233;r&#234;t (&#8230;)&#034;&gt;?&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;, sans salariat, donc sans prol&#233;tariat. Le terme communisation exprime l'obsolescence de cette conception. Pour les partisans de la communisation, le communisme n'est pas un but lointain mais le mouvement m&#234;me qui d&#233;truit tous les rapports marchands en plus de l'Etat. Nous partageons cette conception, comme on peut le lire dans nos 28 th&#232;ses sur la soci&#233;t&#233; de classes mais, d'apr&#232;s un groupe th&#233;orique fran&#231;ais, nous le faisons d'une fa&#231;on ti&#232;de et, en fin de compte li&#233;e &#224; l'&#171; affirmation du prol&#233;tariat &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Freundinnen und Freunde der Klassenlosen Gesellschaft, 28 Thesen zur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est cette critique que nous cherchons &#224; &#233;tudier ci-dessous. Ce qui caract&#233;rise la revue Th&#233;orie Communiste (TC) &#8211; issue, dans les ann&#233;es 1970, du courant du communisme de conseils, et qui a &#233;t&#233; le sujet de d&#233;bats passionn&#233;s au sein de cercles dispers&#233;s &#224; travers le monde &#8211; c'est de chercher &#224; historiciser la perspective de la communisation. Pour TC, les courants h&#233;g&#233;moniques de l'ancien mouvement ouvrier &#8211; le r&#233;formisme occidental [ mettre : la social-d&#233;mocratie ????] et le bolch&#233;visme &#8211; n'&#233;taient pas les seuls &#224; se fonder sur une identit&#233; ouvri&#232;re positive, c'&#233;tait aussi les cas, jusqu'aux ann&#233;es 1970, de la gauche radicale [ mettre : de l'Ultra-gauche ???]. Pour TC, c'est le fait de poser le travail comme le fondement de la nouvelle soci&#233;t&#233; qui unit ces courants et leurs conceptions du communisme. TC, surtout, inclut dans cet ensemble, nomm&#233; &#171; programmatisme &#187;, l'auto-organisation et l'autonomie ouvri&#232;re pr&#244;n&#233;es autrefois par les radicaux [ = ???]. Voil&#224; comment l'Internationale Situationniste en vient &#224; &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme un &#233;l&#233;ment de transition historique : tout en promouvant l'auto-abolition du prol&#233;tariat, l'IS restait attach&#233;e &#224; une &#233;poque finissante en cherchant &#224; r&#233;aliser cette auto-abolition au moyen des conseils ouvriers. Ce n'est qu'avec la restructuration des ann&#233;es 1970 &#8211; en gros ce que l'on d&#233;crit actuellement comme la pr&#233;carit&#233;, le post-fordisme, le n&#233;olib&#233;ralisme, la globalisation et que TC d&#233;finit comme la &#171; seconde phase de la subsomption r&#233;elle du travail sous le capital &#187; - que cette phase de la contradiction de classes prend fin. Ce n'est qu'avec la disparition de toute identit&#233; ouvri&#232;re positive que l'abolition r&#233;elle du rapport capitaliste devient possible. TC ne dit pas que les r&#233;volutionnaires du pass&#233; ont fait des &#171; erreurs &#187; ; ils soutiennent que leurs conceptions de la r&#233;volution et du communisme &#233;taient ad&#233;quates au contenu de la contradiction entre le prol&#233;tariat et le capital dans cette p&#233;riode, ce qu'elles ne sont plus maintenant. Aujourd'hui, l'accumulation du capital et la reproduction de la classe ouvri&#232;re deviennent d&#233;connect&#233;es. La classe prol&#233;taire ne trouve plus sa confirmation dans le d&#233;veloppement capitaliste. Ses luttes montrent qu'elle n'est rien en dehors de son rapport au capital, son existence de classe n'est rien d'autre qu'une contrainte ex- terne. Cette situation rend pour la premi&#232;re fois possible l'auto-abolition du prol&#233;tariat. Des partisans de la communisation combattent depuis des ann&#233;es cette historicisation. Gilles Dauv&#233; et Karl N&#233;sic lui opposent l'objection la plus nette : &#171; La r&#233;alisation du communisme d&#233;pend bien s&#251;r du moment historique, mais ce qu'il a de plus profond est invariant en 1796 et en 2002. Si l'on d&#233;finit la &#171; nature &#187; du prol&#233;tariat comme l'a th&#233;oris&#233;e Marx, alors le moment subversif de l'existence du prol&#233;tariat ne d&#233;pend pas des formes n&#233;cessaires prises par le d&#233;veloppement capitaliste &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;(2011). Le &#8211; trop long &#8211; texte original fran&#231;ais peut &#234;tre lu sur Gilles (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dauv&#233; et N&#233;sic accusent TC d'&#234;tre d&#233;terministe, TC leur reproche de manquer de perspective historique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La revue anglo-am&#233;ricaine Endnotes a rendu compte et comment&#233; une partie de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. TC nous adresse le m&#234;me reproche. Il est vrai que, dans un passage des Th&#232;ses, nous parlons de la r&#233;volution et des difficiles conditions auxquelles elle se heurta en Russie en 1917, et que nous &#233;crivons : &#171; ces luttes de classe auraient pu avoir une issue diff&#233;rente &#187;. Cependant, plut&#244;t que de sp&#233;culer sur cette issue, nous ajoutons : &#171; Mais l'analyse de l'histoire est in&#233;vitablement influenc&#233;e par le cours ult&#233;rieur de celle-ci, pendant lequel la dialectique de la r&#233;pression et de l'&#233;mancipation n'a pas cess&#233;. &#187; L'ensemble du texte est un plaidoyer contre la nostalgie, ce qui devrait &#234;tre &#233;vident en y lisant que nous d&#233;finissons le projet communiste le plus avanc&#233; de l'&#233;poque, celui des communistes de conseils, comme &#171; autogestion de la production marchande &#187;. L'abolition de la production marchande n'est venue &#224; l'ordre du jour qu'autour de 1968, simplement du fait du &#171; haut niveau de la socialisation capitaliste, qui peut directement &#187; &#8211; sans une phase de transition socialiste de sang, de sueur et de larmes - &#171; se retourner [???] en communisme &#187;. Lorsque TC se gausse de notre lien &#224; Canne-Meijer, dont nous critiquons le syst&#232;me des bons de travail en lui opposant la communisation, ils oublient que nous valorisons seulement ce qui reste actuel dans sa pens&#233;e : c'est dans les luttes elles-m&#234;mes &#8211; et non apr&#232;s une conqu&#234;te r&#233;ussie du pouvoir &#8211; que se cr&#233;ent les nouveaux rapports sociaux. En bref, si TC lit, dans un texte traitant de la transformation historique de la lutte de classes, une &#171; essence permanente de la r&#233;volution &#187; ; s'ils y d&#233;couvrent un romantisme de l'autonomie ouvri&#232;re des ann&#233;es 1960 et 1970 bien que nous qualifions celle-ci de &#171; mouvement r&#233;el des travailleurs salari&#233;s &#187; qui, s'ils ne voulaient &#171; pas tout voulaient au moins de meilleurs salaires et moins de travail &#187; et que nous &#233;crivions que leur &#171; autonomie (...) consistait &#224; faire des gr&#232;ves sauvages &#8211; ou &#224; faire gr&#232;ve avec les syndicats, mais sans se soucier des cons&#233;quences &#187; ; s'ils pr&#233;sentent notre id&#233;e centrale comme la &#171; contradiction entre l'auto-organisation et le substitutionnisme &#187; bien que nous critiquions une telle position que nous qualifions de &#171; mythologie de la gauche radicale &#187; - ils passent alors &#224; c&#244;t&#233; de notre propos. Les v&#233;ritables d&#233;saccords sont ailleurs. Ils concernent le concept de production, la nature des luttes de classe actuelles et le rapport entre la th&#233;orie et les luttes. Nous allons essayer de clarifier nos positions sur ces sujets et de montrer pourquoi celles de TC nous semblent &#233;troitement construites sur la confusion [????] Sur la production du communisme. Aucune th&#232;se de la th&#233;orie de Marx n'est jug&#233;e plus critiquable que celle du travail comme &#171; n&#233;cessit&#233; naturelle universelle &#187;. Cette th&#232;se est consid&#233;r&#233;, en opposition &#224; la r&#233;alit&#233; historique du socialisme d'Etat et des partis communistes occidentaux dans laquelle la classe ouvri&#232;re &#233;tait soumise &#224; une corv&#233;e croissante, comme un pr&#233;texte pour le statu quo : personne ne peut se rebeller contre une n&#233;cessit&#233; naturelle. La &#171; critique du travail &#187;, dans ses versions diff&#233;rentes et parfois conflictuelles, a donc gagn&#233; beaucoup de terrain ces derni&#232;res d&#233;cennies. Mais cette critique se d&#233;veloppe essentiellement au sein de petits cercles ; l'un d'eux affirmant que la critique de l'&#233;conomie politique de Marx contient la critique du travail la plus &#233;labor&#233;e, ou, dit autrement, que la forme actuelle du travail est elle-m&#234;me sa critique la plus radicale. Cette th&#232;se soi-disant critiquable de Marx n'est pas une naturalisation des rapports sociaux, elle les rend, au contraire, intelligibles. Marx critique le travail en montrant la double nature du travail producteur de marchandises, qui pose ???? &#224; la fois la valeur d'usage et la valeur d'&#233;change. Il affirma que cette analyse est le &#171; pivot &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;K. Marx, Le Capital, livre premier, Le double caract&#232;re du travail (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;de la critique de l'&#233;conomie politique, car toutes les contradictions du mode de production capitaliste y trouvent leur origine sous forme embryonnaire. Le mouvement ouvrier ne pris pas en compte la double nature du travail, mais lutta contre la &#171; contradiction entre production sociale et appropriation priv&#233;e &#187;. Il naquit du scandale de l'opposition flagrante entre la pauvret&#233; du travailleur et la richesse du non travailleur. Si le bourgeois avait horrifi&#233; la noblesse f&#233;odale, et parasite, en revendiquant que la richesse f&#251;t le fruit du travail, c'&#233;tait dor&#233;navant le mouvement ouvrier socialiste qui dirigeait cette revendication contre la soci&#233;t&#233; bourgeoise. Il critiquait les capitalistes au motif qu'ils vivaient du travail des autres, et son socialisme avait pour but de r&#233;aliser le principe bourgeois du m&#233;rite : &#171; de chacun selon ses capacit&#233;s &#224; chacun selon son travail &#187;. Il consid&#233;rait la grande industrie comme un progr&#232;s &#233;norme par rapport aux formes pr&#233;-modernes de production, malgr&#233; la mis&#232;re dans laquelle le syst&#232;me industriel plongeait les travailleurs. Elle &#233;tait simplement en de mauvaises mains, il fallait l'arracher de celles de ces capitalistes &#233;go&#239;stes et l'affecter au bien commun, sous la tutelle de l'Etat. Le mouvement ouvrier a combattu la forme concr&#232;te du proc&#232;s de travail, mais jamais la forme sociale du travail producteur de marchandises en soi ; il voulait seulement qu'il f&#251;t g&#233;r&#233; consciemment par l'Etat. A cet &#233;gard, le socialisme d'Etat de l'Est &#233;tait l'enfant l&#233;gitime du mouvement ouvrier ; de ce fait sa critique portait exclusivement &#8211; comme c'&#233;tait particuli&#232;rement &#233;vident chez les trotskystes &#8211; contre son despotisme politique et sur la r&#233;gression des libert&#233;s civiles d&#233;mocratiques, mais presque jamais contre la nature de son &#233;conomie. Le mouvement ouvrier n'a pas milit&#233; pour un monde du travail par amour de la corv&#233;e, mais par simple n&#233;cessit&#233;. Le progr&#232;s technique et l'extension de l'obligation de travailler &#224; tous les membres de la soci&#233;t&#233; &#233;taient cens&#233;s raccourcir la journ&#233;e de travail. Les historiens sp&#233;cialis&#233;s en histoire sociale, et de gauche, soutiennent avec raison que la lutte de classe et le mouvement ouvrier &#8211; l'action des ouvriers et les programmes officiels de leurs organisations &#8211; &#233;taient deux choses bien diff&#233;rentes. Au cours du XX&#176; si&#232;cle, l'opposition entre les dirigeants ouvriers qui poussent &#224; l'augmentation de la production et les ouvriers qui veulent &#233;chapper au travail partout o&#249; c'est possible se rencontre de la guerre civile en Espagne au Chili socialiste d'Allende. Mais la soci&#233;t&#233; en tant que totalit&#233; n'aurait pas pu &#233;chapper au travail, et si les travailleurs luttaient bien pour une soci&#233;t&#233; diff&#233;rente, le travail en aurait &#233;t&#233; n&#233;cessairement le fondement. Cette caract&#233;ristique valait aussi pour les dissidents. Dans son programme de 1920, le parti d'ultra-gauche KAPD exigea l' &#171; application impitoyable de l'obligation de travailler &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Programme du Parti communiste ouvrier d'Allemagne (1920). Le KAPD naquit au (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;et, pendant que le socialisme d'Etat vantait son &#171; application consciente de la loi de la valeur &#187;, les communistes de conseils essayaient de d&#233;montrer dans un long texte que le temps de travail n&#233;cessaire, fondement de la loi de la valeur, pourrait &#234;tre calcul&#233; par les producteurs associ&#233;s, dans le but de d&#233;passer les rapports marchands. &#171; La r&#233;alisation de la r&#233;volution sociale n'est donc, dans son essence, rien d'autre que l'application pratique de l'heure de travail comme mesure de toute la vie &#233;conomique. Elle mesure et la production et le droit des producteurs sur le produit social &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Groupe des Communistes Internationalistes (GIK, Pays-Bas), Principes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce dernier point &#233;tait particuli&#232;rement important pour les auteurs. M&#234;me apr&#232;s Mai 68, les ultra-gauches fran&#231;ais continuaient &#224; pr&#233;senter ces m&#233;thodes de mesure comme une base de la soci&#233;t&#233; future.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Informations et correspondances ouvri&#232;res (ICO), La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est marquant que Paul Mattick, ancien membre du KAPD, qualifie cette id&#233;e de &#171; faible &#187; quand il y fait r&#233;f&#233;rence dans une introduction, quarante ann&#233;es apr&#232;s sa publication. Les communistes de conseil des ann&#233;es 1930 mettaient en avant &#171; une phase de d&#233;veloppement socialiste dans laquelle le principe de l'&#233;change d'&#233;quivalent pr&#233;vaut toujours &#187; Mattick oppose &#224; cet &#233;galitarisme socialiste &#224; l'&#233;tat brut la conception de Marx : &#171; L'abolition d'un calcul de la distribution fond&#233; sur le temps de travail &#187; aboutit &#224; &#171; la r&#233;alisation du principe communiste :'De chacun selon ses moyens &#224; chacun selon ses besoins'. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les pays capitalistes avanc&#233;s&#8230; les forces sociales de production sont suffisamment d&#233;velopp&#233;es pour produire les moyens de consommation en surabondance. Plus de la moiti&#233; de toute la production capitaliste ainsi que les activit&#233;s improductives qui lui sont associ&#233;es (en laissant de c&#244;t&#233; les forces productives qui ne sont pas exploit&#233;es) n'ont absolument rien &#224; voir avec la consommation humaine r&#233;elle, mais n'ont de sens que pour l'&#233;conomie irrationnelle de la soci&#233;t&#233; capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est clair que dans les conditions d'une &#233;conomie communiste, une telle quantit&#233; de biens de consommation pourrait &#234;tre produit de sorte que tout calcul de leur r&#233;partition sur la base du travail moyen socialement n&#233;cessaire serait superflu &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Paul Mattick, Introduction to The Fundamental Principles of Communist (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme lors de chaque tentative de p&#233;riodisation, cette fois encore il n'est pas possible de donner une date pr&#233;cise &#224; laquelle cela aurait &#233;t&#233; atteint. Cependant, en consid&#233;rant les deux cents ans de th&#233;orie communiste, on peut dire que ce que Marx, prolongeant les tendances historiques du mode de production capitaliste &#171; dans sa moyenne id&#233;ale &#187;, d&#233;crivait comme un lointain futur paraissait &#234;tre une possibilit&#233; tangible apr&#232;s la Seconde guerre mondiale : l'abolition de la production de la marchandise et une transformation totale du proc&#232;s de vie mat&#233;rielle de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loren Goldner d&#233;crivait cette p&#233;riode comme la phase &#171; Grundisse du capitalisme &#187;, dans laquelle le travail scientifique qui am&#232;ne l'automation, entre autres, est directement appropri&#233; par le capital&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Loren Goldner, Faire face &#224; la r&#233;alit&#233;, 45 ans plus tard : Dialogue (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est dans ce cadre qu'Herbert Marcuse pensait que la distinction faite par Marx entre le royaume de la libert&#233; et le royaume de la n&#233;cessit&#233; &#233;tait anachronique si on ne permettait &#171; au royaume de la libert&#233; [d'] appara&#238;tre dans celui de la n&#233;cessit&#233; &#8212; dans le travail, et pas seulement au-del&#224; du travail n&#233;cessaire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tendance, anticip&#233;e dans les Grundrisse, &#224; r&#233;duire le travail physique au minimum rendait possible une soci&#233;t&#233; libre dans laquelle &#171; jouer avec les possibilit&#233;s de la nature humaine et non-humaine pouvait devenir le contenu du travail social. &#187; En consid&#233;rant &#171; la convergence de la technologie et de l'art et celle du travail et du jeu &#187;, Marcuse faisait r&#233;f&#233;rence &#224; une tradition de la critique du travail qui va de l'id&#233;alisme allemand &#224; Charles Fourier et Paul Lafargue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;tant donn&#233; l'&#233;tat du d&#233;veloppement des forces productives &#224; cette &#233;poque, il n'est toutefois pas &#233;tonnant que cette critique soit largement tomb&#233;e dans l'oreille de sourds au sein du mouvement ouvrier et se soit trouv&#233;e confin&#233;e au r&#244;le de ritournelle utopique et id&#233;aliste et cela durant une bonne partie du xxe si&#232;cle. En mat&#233;rialiste, Marcuse rejetait &#171; une r&#233;gression romantique en-de&#231;&#224; de la technologie &#187;. Au contraire, il avan&#231;ait que &#171; les bienfaits potentiellement lib&#233;rateurs de la technologie et de l'industrialisation ne commenceront m&#234;me pas &#224; &#234;tre r&#233;els et visibles jusqu'&#224; ce que l'industrialisation et la technologie du capital auront &#233;t&#233; chass&#233;es avec lui. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Herbert Marcuse, Das Ende der Utopie. Vortr&#228;ge und Diskussionen in Berlin (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La limite de la libert&#233;, du jeu, est trac&#233;e par la nature ext&#233;rieure, qui ne peut &#234;tre transform&#233;e &#224; volont&#233;, parce que l'activit&#233; humaine d&#233;termin&#233;e doit s'adapter &#224; la nature en tant que donn&#233; objectif externe. En qualifiant le travail d'&#171; activit&#233; productive &#187;, on changeait le nom sans modifier la chose m&#234;me. Les id&#233;es de Marcuse sont mat&#233;rialistes pour autant que la possibilit&#233; de r&#233;conciliation entre travail et jeu, entre activit&#233; d&#233;termin&#233;e et activit&#233; libre, ne d&#233;rive de rien d'autre que des r&#233;sultats de la domination de la nature d&#233;velopp&#233;e sous la f&#233;rule du capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne fait &#231;a qu'avec une grande prudence en affirmant &#171; que le travail en tant que tel ne peut &#234;tre aboli &#187; bien qu'il puisse &#234;tre tr&#232;s diff&#232;rent de sa forme actuelle et qu'ainsi &#171; la convergence du travail et du jeu ne s'&#233;loigne pas trop des possibles &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid .p34-35&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Quand il &#233;crit dans les Th&#232;ses que la r&#233;volution ne dissoudrait pas le royaume de la n&#233;cessit&#233; &#171; en rien d'autre que le jeu et le plaisir &#187;, c'est un rappel des limites qu'une telle tentative de dissolution rencontrera sans cesse. C'est une reconnaissance de la nature et de la n&#233;cessit&#233; d'une m&#233;diation avec elle. Ainsi la prudence est garantie du point de vue d'une critique du travail que scandalise le fait que le travail ne soit pas une finalit&#233; en soi mais se rapporte au contraire &#224; une finalit&#233; externe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la diff&#233;rence des sp&#233;culations sur le caract&#232;re possible ou impossible de la r&#233;conciliation future entre travail et jeu, la critique de la forme sociale du travail est un sujet d'ici et maintenant. La distance historique avec le mouvement ouvrier peut aussi &#234;tre caract&#233;ris&#233;e comme n'&#233;tant pas &#171; la contradiction entre production sociale et appropriation priv&#233;e &#187;, mais la contradiction dans le travail producteur de marchandise lui-m&#234;me &#8212; entre cr&#233;ation de richesse et valorisation qui doit &#234;tre r&#233;solue. TC semble ne pas avoir de concept de cette contradiction, parce qu'ils ne comprennent la forme d'existence actuelle du travail et donc la cat&#233;gorie de la valeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre caract&#233;risation de cette forme comme en &#233;tant une forme socialement-non sociale n'est pas comprise et est repouss&#233;e comme reprise du &#171; communisme philosophique des ann&#233;es 1840 &#187; : &#171; On doit poser clairement que le travail productif de valeur, plus pr&#233;cis&#233;ment, comme valorisation du capital, ainsi que comme division du travail, comme production de marchandise est social. Cette socialisation n'a pas besoin de correspondre &#224; une quelconque &#8220;socialit&#233; r&#233;elle&#8221; pour se pr&#233;senter comme contradictoire, au contraire la contradiction se trouve entre les classes &#187;. Opposer la contradiction entre les classes &#224; la contradiction interne inh&#233;rente au travail productif de marchandise passe &#224; c&#244;t&#233; du point d&#233;cisif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les classes, le surtravail, et l'exploitation sont tr&#232;s anciens. Ce qui conf&#232;re au rapport de classe moderne sa dynamique et son pouvoir explosifs, c'est que les prol&#233;taires produisent la richesse sous une forme contradictoire agit&#233;e par des crises, une forme qui porte donc le d&#233;passement potentiel des rapports sociaux actuels : le d&#233;veloppement de la richesse mat&#233;rielle n'est pas la m&#234;me chose que l'accroissement de valeur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une tentative de d&#233;chiffrer la crise actuelle &#224; partir de la forme valeur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce qui diff&#233;rencie le travailleur salari&#233; moderne des esclaves ou des serfs, c'est qu'en permanence qu'il risque, par son travail, de se rendre superflu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces contradictions sont pr&#233;sentes dans la marchandise sous forme embryonnaire, ainsi le travail producteur de marchandise n'est social qu'au sens banal du terme, sens dans lequel tout travail est social&#173; &#8212; sauf dans les robinsonnades des &#233;conomistes politiques. Ce qui est sp&#233;cifique ici c'est que : &#171; Les biens utiles ne deviennent des marchandises que parce qu'ils sont produits par le travail d'individus priv&#233;s ou par des groupes d'individus qui chacun accomplissent leur travail ind&#233;pendamment des autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La somme totale de travail de tous ces individus priv&#233;s constitue le travail agr&#233;g&#233; de la soci&#233;t&#233;&#8230; le caract&#232;re social sp&#233;cifique du travail de chaque producteur ne se montre jamais que dans l'acte d'&#233;change. En d'autres termes le travail de l'individu ne s'affirme en tant qu'&#233;l&#233;ment du travail de la soci&#233;t&#233; qu'au travers des rapports que l'acte d'&#233;change &#233;tablit directement entre les produits et indirectement, &#224; travers eux, entre les producteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce dernier point donc, les rapports unissant le travail d'un individu &#224; celui de tous les autres n'apparaissent pas comme rapports directs entre individus au travail, mais tels qu'ils sont r&#233;ellement, des rapports mat&#233;riels entre personnes et des rapports sociaux entre choses. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Marx, Capital. Volume 1, 87.&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Ceci &#233;tabli, TC se trompe compl&#232;tement en rejetant la socialisation du travail et des moyens de production comme &#171; l'Alpha et l'Om&#233;ga de l'affirmation du prol&#233;tariat &#187;. Si le prol&#233;tariat est la classe qui est s&#233;par&#233;e des moyens de production, r&#233;duite &#224; la pure subjectivit&#233; d'un r&#233;servoir de travail, seulement capable de vendre son temps de vie au capital pour survivre, alors son abolition ne consiste en rien d'autre que la prise de possession des moyens de production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il nous semble que TC a abandonn&#233; toute conception mat&#233;rialiste de la production, une &#233;volution qui r&#233;sulte d'une &#233;trange juxtaposition de nihilisme et de romantisme, nihilisme face au monde actuel, romantisme face au communisme. Le communisme n'est plus la n&#233;gation d&#233;termin&#233;e de la soci&#233;t&#233;, mais un total miracle. TC paraphrase notre position &#171; que la &#8216;n&#233;cessit&#233;' produit la soci&#233;t&#233; de classes, et non le contraire &#187; mais trouve cela incompr&#233;hensible comme si c'&#233;tait une id&#233;e quelque peu aberrante que l'origine historique de la division de classe ait &#233;t&#233; l'impulsion &#224; transf&#233;rer la n&#233;cessit&#233; naturelle du travail sur les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cause de tout &#231;a c'est que la nature n'a aucune place dans la pens&#233;e de TC. Le travail n'est pas pris comme m&#233;diation entre Homme et nature, m&#233;diation qui prend toujours une forme sociale particuli&#232;re, il n'est pris que comme rapport social : &#171; La production est pr&#233;sent&#233;e (dans les 28 Th&#232;ses) comme une ennuyeuse n&#233;cessit&#233;, mais toujours neutre et objective, accomplie par une activit&#233; objective identiquement neutre et objective &#8212; le travail. Il ne s'agit que d'amoindrir cette mal&#233;diction. Cependant le travail se pr&#233;sente comme un rapport social, tout comme les forces de production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le but n'est pas sa r&#233;duction, mais son abolition. &#187; Cette abolition, qui se ram&#232;ne &#224; renommer le travail &#171; activit&#233; productive &#187; et son &#171; devenir passionn&#233; &#187;, n'est peut-&#234;tre pas imm&#233;diatement possible, ce qui est admis dans un bref acc&#232;s de sobri&#233;t&#233;, pour &#234;tre imm&#233;diatement repouss&#233; : &#171; Peut-&#234;tre que les activit&#233;s productives, comme un tout, ne deviendront pas passionnantes &#8220;d'un jour &#224; l'autre&#8221;, mais il est tr&#232;s certainement impossible de concevoir le communisme comme la juxtaposition de deux sph&#232;res diff&#233;rentes. Il est impossible qu'en communisme certaines activit&#233;s continuent de n'&#234;tre pas passionnantes quand d'autres le seront devenues. &#187; Ces deux phrases se contredisent de fa&#231;on si flagrante et &#233;hont&#233;e qu'elle en aboutissent &#224; une quadrature du cercle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en r&#233;sulte une pens&#233;e vell&#233;itaire et des assertions arbitraires. L'ironie &#8212; le cercle susmentionn&#233; dans lequel l'actuelle &#171; critique du travail &#187; se meut &#8212; c'est que parler d'un &#171; devenir passionn&#233; &#187; de toutes les &#171; activit&#233;s productives &#187; ne d&#233;crit rien d'autre qu'une situation dans laquelle &#171; le travail est devenu non seulement un moyen de vie mais le premier d&#233;sir de la vie &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Marx, Critique du programme de Gotha&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, une phrase qui effraie les amis de la communisation. Des jeux de langage de ce genre, au c&#339;ur de la &#171; critique du travail &#187; actuelle, nous conduisent tout droit &#224; une confusion terminologique sans d&#233;bouch&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne les sph&#232;res, la fin de leur s&#233;paration d&#233;coule de celle travail salari&#233;. La fronti&#232;re entre l'&#233;conomie, sph&#232;re soumise &#224; des lois aveugles, et toutes les autres sph&#232;res de la vie recouvre la limite entre travail salari&#233; et temps de loisir. Si les prol&#233;taires abolissent le travail salari&#233; et par l&#224; eux-m&#234;mes comme classe, par la prise de possession des moyens de production de leurs vies, l'&#233;conomie comme sph&#232;re s&#233;par&#233;e disparait. De la m&#234;me fa&#231;on que Marx parle quelque part de la r&#233;absorption de l'&#201;tat par la soci&#233;t&#233;, on pourrait aussi parler de r&#233;absorption de l'&#233;conomie par la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce que nous voulons dire par l'affirmation que le royaume de la n&#233;cessit&#233; &#171; ne persisterait pas dans son actuelle opposition abstraite avec un royaume de la libert&#233; vid&#233; de toute possibilit&#233; de mise en forme du monde &#187;. Si Marx dans un passage tr&#232;s connu envisage une &#171; r&#233;duction de la journ&#233;e de travail &#187;, c'est trompeur dans la mesure o&#249; cela induit le maintien de deux domaines clairement distincts, donnant ainsi presque l'impression qu'en communisme il y aura encore des pointeuses. La faiblesse de TC et de bien d'autres nous semble &#234;tre qu'ils peuvent adopter la position oppos&#233;e (&#234;tre pour l'abolition des pointeuses) en ne se fondant que sur la fausse promesse d'un &#171; devenir passionn&#233; &#187; de toutes les activit&#233;s productives, d&#233;peignant ainsi le communisme sous des couleurs na&#239;ves ou pu&#233;riles, comme pur plaisir et amusement, ce qu'il ne sera certainement pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette position est simplement l'image invers&#233;e de l'id&#233;ologie bourgeoise qui fait d&#233;couler l'in&#233;luctabilit&#233; de la domination et de la coercition des in&#233;luctables difficult&#233;s de la vie. Les individus librement associ&#233;s devront s'accommoder d'ennuyeuses n&#233;cessit&#233;s ; comment ils le feront, nous n'en savons rien, mais nous sommes confiants, ce n'est pas la question de savoir qui demain va nettoyer les toilettes qui fera &#233;chec &#224; la commune. Et aussi longtemps qu'il faudra s'occuper d'ennuyeuses n&#233;cessit&#233;, &#171; l'&#233;conomie de temps &#187; (Marx) restera bien s&#251;r justifi&#233;e ; par exemple, il est difficile de voir pourquoi la production de tasses &#224; caf&#233; devrait &#234;tre &#171; passionnante &#187;, au lieu de la faire avec une d&#233;pense minimale de temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e serait d'avoir la libert&#233; d'organiser ces choses avec discernement et en rapport avec les besoins et les capacit&#233;s de tous, bien que l'importance de la t&#226;che ne doive pas &#234;tre sous-estim&#233;e et demande probablement une planification (un terme qui r&#233;veille des soup&#231;ons de stalinisme chez la plupart des communisateurs, bien qu'ils ne puissent pr&#233;ciser comment des millions d'individus ind&#233;pendants seraient capable d'organiser leurs vies sans planification).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, TC exclut de la th&#233;orie ce qui n'est pas un simple fantasme, mais une r&#233;elle contradiction actuelle &#8212; la contradiction entre cr&#233;ation de richesse et valorisation. L'incapacit&#233; &#224; saisir le mode de production comme une forme sociale sp&#233;cifique d'appropriation de la nature conduit au r&#234;ve d'un communisme d&#233;barrass&#233; du fardeau de la mat&#233;rialit&#233; : &#171; Si on esp&#232;re &#224; nouveau la reconnaissance de l'&#8220;oisivet&#233;&#8221;, cet espoir est fond&#233; sur le d&#233;veloppement de la &#8220;productivit&#233;&#8221; (Th&#232;se 21). Faut-il ici comprendre que c'est le maintien de la productivit&#233; qui permet l'oisivet&#233; ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, effectivement. Comment pourrait-il en &#234;tre autrement ? Le myst&#232;re de savoir comment l'oisivet&#233; serait possible sans productivit&#233; se dissout du fait que l'affreux &#171; avoir &#187; en communisme est ici &#233;cart&#233;, parce qu'il s'agit de quelque chose de plus &#233;lev&#233; : &#171; Il est important de clairement insister sur le fait que la possibilit&#233; de surplus ne rend pas possible le communisme, mais que la production du communisme d&#233;termine le surplus &#8212; pas quantitativement, mais socialement, en ce qu'il am&#232;ne la production des rapports entre individus en tant qu'individus au centre et transforme le but de toutes les activit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En transcendant la cat&#233;gorie de l'avoir, le communisme conf&#232;re &#224; la richesse qui ne peut plus &#234;tre mesur&#233;e, un sens compl&#232;tement diff&#233;rent &#187;. &#171; Le surplus cr&#233;&#233; par la r&#233;volution communiste n'est plus de l'ordre de l'avoir mais de l'&#234;tre ensemble, de la communaut&#233;. Pour &#234;tre ensemble dans des communaut&#233;s pures, il n'est pas n&#233;cessaire de postuler le pari de la r&#233;volution communiste, cette chance existe d'ores et d&#233;j&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous citons pr&#233;cis&#233;ment ces passages car ils ne concernent pas des points secondaires mais la question centrale de la relation entre une soci&#233;t&#233; libre et la soci&#233;t&#233; actuelle. Si quelque chose est important dans le d&#233;bat sur la &#171; communisation &#187;, c'est bien de soulever &#224; nouveau la question de la possible issue des luttes de classe, au lieu de simplement les d&#233;crire dans des r&#233;cits de gr&#232;ves sans principes ni perspectives. Et s'il y a quelque chose de juste dans cette th&#233;orie de la communisation, c'est bien l'insistance sur le fait que cette issue ne peut qu'&#234;tre la fin du prol&#233;tariat, et non son triomphe. Cependant, les passages cit&#233;s montrent une d&#233;faillance th&#233;orique qui caract&#233;rise les courants radicaux bien au-del&#224; de TC. Si le socialisme du mouvement ouvrier &#233;tait gu&#232;re plus que la perp&#233;tuation de l'ordre existant sous contr&#244;le de l'Etat, de son c&#244;t&#233;, le radicalisme actuel n'est souvent qu'un pseudo radicalisme car il ne peut plus apercevoir les potentialit&#233;s d'une autre soci&#233;t&#233; dans la soci&#233;t&#233; existante&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette id&#233;e est d&#233;velopp&#233;e en d&#233;tail dans le pr&#233;sent num&#233;ro par Raasan Samuel (&#8230;)&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le r&#233;sultat est une sorte de f&#233;tichisme &#224; l'envers : ce que les &#233;conomistes &#233;noncent dans une intention apolog&#233;tique rev&#234;t chez eux l'apparence d'une d&#233;nonciation. De m&#234;me que du point de vue limit&#233; de l'&#233;conomie politique tout moyen de production est par nature du capital et le travail ne peut qu'avoir la forme du travail salari&#233;, de m&#234;me la plupart des communisateurs ram&#232;nent la forme sp&#233;cifique du proc&#232;s de production &#224; sa forme mat&#233;rielle. Br&#251;ler des usines et d'autres b&#226;timents est alors vu come la forme la plus haute de la subjectivit&#233; r&#233;volutionnaire, ce qui appara&#238;t de la plus belle fa&#231;on chez les disciples grecs de TC qui pr&#233;sentent les r&#233;centes &#233;meutes de Londres comme un &#171; &#233;v&#233;nement historique &#187; et l'incendie des usines par les ouvriers en gr&#232;ve au Bangladesh comme une forme &#171; d'attaque de leur propre existence de prol&#233;taires &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Blaumachen, L'&#232;re des &#233;meutes, sur libcom.org. Comme les gens de Blaumachen (&#8230;)&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. M&#234;me le simple calcul des objets que des prol&#233;taires pillent et distribuent gratuitement pendant une &#233;meute est vu par certains communisateurs comme un p&#233;ch&#233; originel dans la mesure o&#249; l'essentiel est de r&#233;aliser &#171; le parfait anti-planning &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bruno Astarian, Activit&#233; de crise et communisation (2010) . Dans ce texte, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. M&#234;me si TC insiste sur le fait que la rupture r&#233;volutionnaire peut seulement survenir &#224; partir de la lutte de classe, cela n'emp&#234;che que le contenu de cette rupture demeure mystique : &#171; L'abolition des classes signifie &#233;galement l'abolition de l'activit&#233; comme subjectivit&#233; de m&#234;me que celle de ses produits comme objectivit&#233; qui l'affronte. La d&#233;sobjectivation du monde se d&#233;roule dans le cours de la r&#233;volution elle-m&#234;me &#187;. Au lieu de critiquer les formes sociales de l'activit&#233; et des produits (travail salari&#233; et marchandises), activit&#233; et produits sont condamn&#233;s en tant que tels. Au lieu de critiquer la pure subjectivit&#233; du travailleur salari&#233; et l'objectivit&#233; du capital qui l'affronte comme un pouvoir &#233;tranger, la guerre est d&#233;clar&#233;e &#224; la subjectivit&#233; et &#224; l'objectivit&#233; en tant que telles, comme si l'histoire de l'humanit&#233; se d&#233;gageant de la nature pouvait &#234;tre annul&#233;e, sauf extinction de l'humanit&#233; elle-m&#234;me. Le contenu critique de formules comme &#171; d&#233;sobjectivation du monde &#187; et &#171; abolition de l'activit&#233; comme subjectivit&#233; &#187; est nul. Elles &#233;voquent seulement un tout indiff&#233;renci&#233;, une pure imm&#233;diatet&#233;, ce qui explique pourquoi, par ailleurs, sont annonc&#233;es rien de moins que &#171; l'abolition de la soci&#233;t&#233; &#187; et &#171; la fin de toutes les m&#233;diations &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Th&#233;orie Communiste, Le pas suspendu de la communisation : communisation vs (&#8230;)&#034; id=&#034;nh19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Bref, le parcours conduit de la critique des fausses m&#233;diations &#224; la pure imm&#233;diatet&#233;, de la soci&#233;t&#233; &#224; la communaut&#233;, de l'avoir &#224; l'&#234;tre, de Marx &#224; Bouddha.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le &#171; Nouveau Cycle de Luttes &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les discussions internationales, on attribue habituellement &#224; TC la tentative d'exposer ce qu'il y a de nouveau dans la situation actuelle et de consid&#233;rer l'histoire pass&#233;e de la lutte de classe comme une &#233;poque irr&#233;vocablement close. Presque tous les radicaux ont leur &#233;poque de r&#233;f&#233;rence durant laquelle les ouvriers ont fait ce qu'ils devraient aussi faire maintenant. Bien que toujours quelque chose soit all&#233; de travers, les &#171; le&#231;ons de l'histoire &#187; doivent &#234;tre &#233;tudi&#233;es pour que cela fonctionne au mieux la prochaine fois. Pour les communistes de gauche, c'est la p&#233;riode d'apr&#232;s la premi&#232;re guerre mondiale, durant laquelle il y eut (pas toujours sans conflits) une interaction entre les conseils ouvriers et les organisations communistes de l'Europe occidentale &#224; la Russie ; pour les anarcho-syndicalistes, ce fut la guerre civile en Espagne ; pour les fans de l'Internationale situationniste ce fut Mai 68 ; pour les op&#233;ra&#239;stes, ce furent les luttes d'usines de &#171; l'ouvrier masse &#187; dans les ann&#233;es 1960 et 1970&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans la mesure o&#249; les op&#233;ra&#239;stes s'efforcent de d&#233;crypter la pratique (&#8230;)&#034; id=&#034;nh20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; pour les autres, moins intellectuellement rigides, ce fut un peu de tout cela. Pour TC, parce que la restructuration des derni&#232;res d&#233;cennies a mis fin au pouvoir ouvrier et &#224; l'identit&#233; ouvri&#232;re, tout cela se vaut historiquement : l'autonomie ouvri&#232;re des ann&#233;es 1970 tout autant que les gauches communistes et les unions syndicales des ann&#233;es 1920. Cette restructuration ne s'est pas limit&#233;e au proc&#232;s de production mais a affect&#233; les relations entre les classes comme un tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La reproduction du capital qui se bouclait plus ou moins sur une aire d&#233;limit&#233;e, nationale ou r&#233;gionale, perd ce cadre de r&#233;f&#233;rences et de coh&#233;rence. L'Etat assurait la coh&#233;sion de cette reproduction en ce qu'il &#233;mane du p&#244;le dominant (celui qui subsume l'autre) de l'implication r&#233;ciproque entre prol&#233;tariat et capital, il &#233;tait le garant de cette implication r&#233;ciproque, c'est ce que l'on appelait assurer le &#034;compromis social&#034;. Le principe de cette perte de coh&#233;rence r&#233;side dans la scission entre le proc&#232;s de valorisation du capital et la reproduction de la force de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La valorisation du capital s'&#233;chappe &#034;par le haut&#034; en fraction ou segment du cycle mondial global du capital, au niveau des investissements, du proc&#232;s productif, du cr&#233;dit, du capital financier, du march&#233;, de la circulation de la plus-value, de la p&#233;r&#233;quation du profit, du cadre concurrentiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La reproduction de la force de travail s'&#233;chappe &#034;par le bas&#034;. &#034;Au mieux&#034;, on trouve une d&#233;connexion du salaire et de la productivit&#233; et la transformation du welfare en un pr&#233;-achat uniformis&#233;, global et minimum de la force de travail abaissant sa valeur lors de son achat individuel. Au pire : autosubsistance, solidarit&#233;s locales, &#233;conomies parall&#232;les, (&#8230;) L&#224; o&#249; il y avait une localisation jointe des int&#233;r&#234;ts industriels, financiers et de la main-d'oeuvre peut s'installer une disjonction entre valorisation du capital et reproduction de la force de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'espace du monde capitaliste restructur&#233; est un zonage qui se d&#233;ploie de fa&#231;on &#034;fractale&#034; &#224; toutes les &#233;chelles : monde, continents, aires, pays, r&#233;gions, m&#233;tropoles, quartiers. A chaque niveau d'&#233;chelle, se c&#244;toient et s'articulent : un noyau &#034;surd&#233;velopp&#233;&#034; ; des zones constell&#233;es de focalisations capitalistes plus ou moins denses ; des zones de crises et de violence directe s'exer&#231;ant contre des &#034;poubelles sociales&#034;, des marges, des ghettos, une &#233;conomie souterraine contr&#244;l&#233;e par des mafias diverses. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;R.S., &#171; Ballade en novembre &#187; (2005). Meeting n&#176; 4.&#034; id=&#034;nh21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;TC r&#233;sume cette situation comme donnant lieu &#224; un double d&#233;couplage entre valorisation et reproduction de la force de travail : comme une divergence g&#233;ographique et comme un d&#233;couplage entre le revenu ouvrier et le salaire de par une expansion du cr&#233;dit &#224; la consommation. Le r&#233;sultat est une crise de la relation salariale, se manifestant dans une nouvelle &#171; ill&#233;gitimit&#233; &#187; de la revendication salariale. L'existence de l'ouvrier a perdu son lustre et ne trouve plus aucune confirmation dans le mouvement du capital ; ce n'est dor&#233;navant rien d'autre qu'une contrainte ext&#233;rieure. Sur cette toile de fond, TC voit un &#171; nouveau cycle de luttes &#187; dans lequel &#8211; selon la formule r&#233;p&#233;t&#233;e &#224; l'envie &#8211; agir en tant que classe est la limite m&#234;me de la lutte de classe. Il est fait r&#233;f&#233;rences aux &#233;meutes sans revendications comme dans les banlieues fran&#231;aises en 2005 et en Gr&#232;ce en 2008 ; aux ouvriers lors des fermetures d'entreprises qui ne r&#233;clament pas de conserver leurs emplois mais plut&#244;t des indemnit&#233;s de licenciements ; aux occupations de lieux de travail dans lesquelles n'appara&#238;t aucune reprise de la production autog&#233;r&#233;e, mais plut&#244;t la destruction de produits et de machines ; &#224; des exp&#233;riences comme en Argentine, dans lesquelles l'auto-organisation des ouvriers comme ouvriers ne fait que reproduire la s&#233;paration entre diff&#233;rents secteurs ; au mouvement qui, en France, en 2006, a appel&#233; au retrait de la loi sur le CPE en ne cherchant rien d'autre que ce retrait, et ne croyant en aucune fa&#231;on que la revendication d'emplois stables aurait cr&#233;&#233; une connexion avec les jeunes de banlieues&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Th&#233;orie Communiste, &#171; Le moment actuel &#187; (2009), sur libcom.org. Sic n&#176; 1 (2011)&#034; id=&#034;nh22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme nous le soulignons dans les 28 Th&#232;ses, nous voyons les caract&#233;ristiques d&#233;finissant les derni&#232;res d&#233;cennies dans des termes semblables : comme &#233;croulement des grands bastions ouvriers dans les anciens centres, d&#233;localisations, pr&#233;carisation &#233;tendue m&#234;me aux relations de travail &#171; classiques &#187;, renforcement de la concurrence mondiale entre les salari&#233;s, et disparition de la promesse social-d&#233;mocrate de la mobilit&#233; sociale ascendante&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tout cela n'est en rien original, ces d&#233;veloppements sont assez &#233;vidents et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Contrairement &#224; ce qui est avanc&#233; dans la r&#233;ponse de TC, pour nous, nous n'attendons pas plus le retour salvateur de l'autonomie ouvri&#232;re des ann&#233;es 1960 et 1970 (dont nous situons explicitement la mort dans le cours de la restructuration) que &#171; en ce qui concerne les pr&#233;caires, et les &#034;superflus&#034; (&#8230;) la renaissance d'un acteur essentiellement similaire &#187;, surtout parce que nous ne voyons pas comment imaginer cela. Comment les pr&#233;caires et les superflus pourraient-ils porter le renouveau d'un mouvement dont la base &#233;tait l'industrie &#224; grande &#233;chelle ? Notre affirmation que le &#171; futur de la classe dans son ensemble d&#233;pend de fa&#231;on d&#233;cisive de la capacit&#233; des superflus &#224; faire de leur situation le point de d&#233;part d'un mouvement social g&#233;n&#233;ralis&#233; &#187; ne vise pas &#224; la renaissance d'un mouvement disparu, mais a pour objet notre situation historique pr&#233;sente. Ce qui distingue la situation mondiale actuelle non seulement par rapport &#224; la p&#233;riode autour de 1917, mais aussi des ann&#233;es autour de 1968 n'est rien de moins que la &#171; gigantesque population de surnum&#233;raire &#187; mentionn&#233;e dans les 28 Th&#232;ses qui r&#233;sulte des dramatiques vagues de rationalisation industrielle autant que de la &#171; r&#233;volution verte &#187; dans le Sud, c'est-&#224;-dire la prol&#233;tarisation toujours continu&#233;e de la population rurale (et donc, dans les deux cas, du d&#233;veloppement des forces productives). Sans &#234;tre lui-m&#234;me le nouveau &#171; sujet central &#187;, ce &#171; prol&#233;tariat informel &#187; (Mike Davis) transforme la &#171; centralit&#233; de l'usine &#187; invoqu&#233;e par les op&#233;ra&#239;stes en une sorte d'antiquit&#233;,. Nous ne voulons pas participer &#224; ce petit jeu des th&#233;oriciens de la r&#233;volution &#8211; les uns consid&#232;rent la classe ouvri&#232;re productive comme totalement int&#233;gr&#233;e et regardent vers les exclus et leurs &#233;meutes de la faim, les autres consid&#232;rent les &#233;meutes de la faim comme sans impact et compte sur la classe ouvri&#232;re productive et ses armes puissantes &#8211; en outre, l'excessive exag&#233;ration des &#233;meutes de banlieues dans un soul&#232;vement contre &#171; tout ce qui les (les rebelles) produit et les d&#233;finit &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Th&#233;orie Communiste, &#171; Le moment actuel &#187;.&#034; id=&#034;nh24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, n'est pas de nous, mais de TC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que largement juste, le tableau dress&#233; par TC de la p&#233;riode actuelle se d&#233;t&#233;riore quand il aboutit &#224; pr&#233;senter une situation dans laquelle quasiment rien d'autre n'est laiss&#233; aux ouvriers que de se r&#233;volter contre leur propre existence en tant que classe. Ce qui d&#233;prime certains et donne libre cours &#224; la nostalgie &#8211; la suite sans fin de d&#233;faites dans les r&#233;centes luttes ouvri&#232;res &#8211; fournit une bonne raison d'&#234;tre optimiste dans cette perspective. Et si nous ne nous trompons pas, c'est pr&#233;cis&#233;ment ces bonnes nouvelles concernant l'auto-abolition de la classe d&#233;j&#224; au programme dans le nouveau cycle de luttes qui explique la fascination de TC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224;, l'image de la p&#233;riode pr&#233;c&#233;dente, qui ressemble grandement au &#171; fordisme &#187; des th&#233;oriciens de la r&#233;gulation est fortement stylis&#233;e, de telle sorte que le pr&#233;sent se dresse dans un contraste plus grand. Le &#171; Fordisme &#187; n'est pas une formation nationale coh&#233;rente : les industries qui en sont le fondement &#8211; la production de biens de consommation durables &#8211; produisaient pour le march&#233; mondial et d&#233;j&#224;, pour cette raison, ne consid&#233;raient pas la classe ouvri&#232;re locale comme des consommateurs, mais, comme cela a toujours &#233;t&#233; le cas, un facteur de co&#251;t. La croissance des salaires r&#233;els de l'&#226;ge d'or apr&#232;s la seconde guerre mondiale ne fut pas &#171; id&#233;al &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; pour la valorisation (cette affirmation est une l&#233;gende du keyn&#233;sianisme de gauche), mais a &#233;t&#233; le r&#233;sultat de la lutte des travailleurs et a pu &#234;tre obtenu parce que l'accumulation marchait comme sur des roulettes et avait assur&#233; le plein emploi pour un bon moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela appartient d&#233;sormais au pass&#233;. Avec la crise rampante de suraccumulation au cours des derni&#232;res d&#233;cennies, les r&#233;volutions dans la communication et les transports qui ouvrent la voie &#224; une nouvelle division mondiale du travail, les gains de productivit&#233; gigantesques des technologies num&#233;riques et la prol&#233;tarisation de l'h&#233;misph&#232;re sud, cette constellation a &#233;t&#233; bris&#233;e. En cons&#233;quence, la situation des salari&#233;s des anciens centres s'est pr&#233;caris&#233;e, avec toutefois des diff&#233;rences importantes d'un pays &#224; l'autre &#8212; l'Allemagne est par exemple beaucoup moins &#171; post-fordiste &#187; que la Grande-Bretagne ou les &#201;tats-Unis, o&#249; la force de travail au c&#339;ur des puissantes industries exportatrices est largement en mesure de d&#233;fendre sa place. Mais cette id&#233;e d'une spirale entrainant les salaires et les conditions de travail mondialement &#224; la baisse est fausse. Tout autant que les travailleurs subissent la nouvelle pression mondiale sur les salaires, ceux des nouvelles zones en pointe peuvent parfois arracher quelque chose &#224; l'ennemi de classe. Il semble assez audacieux d'avancer une &#171; ill&#233;gitimit&#233; de la revendication salariale &#187; globale quand The Economist lui-m&#234;me souhaite bonne chance &#224; la classe ouvri&#232;re chinoise dans sa lutte salariale afin d'&#233;quilibrer les in&#233;galit&#233;s dans l'&#233;conomie mondiale, et quand, plus r&#233;cemment, la revendication de syndicats libres a travers&#233; des luttes au m&#234;me endroit&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;The rising power of China's workers. Why it's good for the world, The (&#8230;)&#034; id=&#034;nh26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Bien entendu, il est vrai que les grandes concentrations de travailleurs en Inde ou en Chine &#171; ne reviendront pas &#224; ce qui a disparu en &#8220;Occident&#8221; &#8212; un syst&#232;me social qui (...) d&#233;finissait l'identit&#233; ouvri&#232;re et s'exprimait au travers du mouvement ouvrier &#187;, pour la simple raison que les formations historiques ne disparaissent jamais &#224; un endroit pour ressurgir ailleurs comme des copies conformes. Mais un catastrophisme simpliste, d&#233;j&#224; contredit par l'&#233;volution des salaires dans les r&#233;gions qui tentent encore de s'aligner, n'est gu&#232;re utile pour comprendre la r&#233;alit&#233; actuelle de la classe. Pour nombre de prol&#233;taires en Chine, en Inde et au Br&#233;sil, par exemple, le capitalisme porte toujours, ou pour la premi&#232;re fois, la promesse d'une vie meilleure, ou du moins d'une vie moins sombre et monotone que celle des campagnes qu'ils d&#233;sertent, ce qui n'est pas surprenant, pour les nouvelles zones m&#233;tropolitaines. Ces gens semblent pr&#233;f&#233;rer la richesse de l'avoir &#224; celle de l'&#234;tre ensemble de la communaut&#233; villageoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tentative de TC de regrouper les diff&#233;rentes luttes dans le monde sous le d&#233;nominateur commun d'un &#171; nouveau cycle &#187; annon&#231;ant l'auto-abolition de la classe est marqu&#233; par r&#233;flexion volontariste et aboutit &#224; une construction forc&#233;e, un syst&#232;me rigide &#224; lequel la r&#233;alit&#233; se r&#233;duit ; ce qui ne colle pas dans le tableau est ignor&#233;. Il est, par exemple, tout simplement faux de dire que les luttes salariales ne sont plus jamais victorieuses ou que la revendication salariale a aujourd'hui globalement remplac&#233; la revendication de sauver des emplois. Au lieu d'attribuer aux luttes disparates une tendance historique commune, elles doivent pr&#233;cis&#233;ment &#234;tre saisies dans leur diversit&#233; comme l'expression d'un certain moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#232;se selon laquelle nous nous trouvons actuellement dans une crise du rapport salarial et qui avance que la contradiction entre capital et prol&#233;tariat se situe maintenant au niveau de la reproduction des classes elles-m&#234;mes est une extrapolation. Dans le cours normal des choses, la mise en &#339;uvre quotidienne du travail salari&#233;, le rapport de classe est constamment reproduit. En reproduisant leurs propres existences, les prol&#233;taires reproduisent le capital et leur d&#233;pendance &#224; ce dernier. Si la vie des travailleurs devient plus pr&#233;caire et que l'exc&#233;dent de population augmente, c'est mauvais pour ceux qui le subissent, mais sans importance pour le capital dont l'existence ne repos&#233; pas sur le bonheur de l'humanit&#233;. Une crise du rapport salarial, comprise non pas comme une crise permanente de l'existence du prol&#233;tariat, mais comme un carrefour historique, ne serait valid&#233;e que si ceux qui sont prol&#233;taris&#233;s tentaient de d&#233;passer ce rapport. &#192; proprement parler, la formule magique &#171; agir en tant que classe est la limite de la lutte des classes &#187;, soit que l'existence de classe ne serait aujourd'hui qu'une contrainte ext&#233;rieure, ne dit rien d'autre que les travailleurs se sentent mal dans leur peau et sont de moins et moins en mesure de d&#233;fendre le statu quo. La diff&#233;rence avec le pass&#233; ne doit pas &#234;tre sous estim&#233;e, quand il y avait un vrai milieu ouvrier s&#251;r de lui, une fiert&#233; des travailleurs et la vision socialiste d'une future civilisation des travailleurs lib&#233;r&#233;e des oisifs et des patrons. Cependant, la disparition de tout cela ne signifie, en elle-m&#234;me, rien d'autre que la nostalgie du vieux monde, aussi pourri et malade qu'il puisse &#234;tre. Compar&#233; aux appels actuels &#224; la &#171; d&#233;mocratie r&#233;elle &#187;, &#224; la r&#233;gulation des march&#233;s financiers, &#224; la redistribution et ainsi de suite, au moyen desquels les salari&#233;s des vieux centres se battent contre leur pr&#233;carisation croissante, m&#234;me le socialisme d'antan peut passer pour quasiment subversif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Th&#233;orie et projection&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;TC &#233;vite cette sinistre r&#233;alit&#233; par un tout de passe-passe directement h&#233;rit&#233; de l'arsenal de l'ancienne ultragauche au d&#233;passement de laquelle ils se sont attach&#233;s : les th&#233;oriciens projettent leur propre d&#233;sir de r&#233;volution sur les luttes contemporaines. Tout comme certains communistes de conseils voyaient l'aube de la r&#233;volution conseilliste &#224; chaque fois que les actions des travailleurs &#233;chappaient au contr&#244;le syndical, les luttes d'aujourd'hui sont vues par TC au travers d'un filtre triomphaliste : &#171; Le communisme appartient au pr&#233;sent, parce que c'est le contenu des pratiques actuelles de lutte des classes &#187;. Rel&#233;gu&#233; au royaume des mythes comme une constante historique, la nature r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat &#233;merge soudain dans le pr&#233;sent : &#171; Le prol&#233;tariat comme classe du mode de production capitaliste et comme classe r&#233;volutionnaire sont identiques. &#187; D'embl&#233;e, l'id&#233;e d'un objectif et la constatation circonspecte que ce but n'a pour l'heure que peu de partisans est consid&#233;r&#233;e comme coupables. Et les m&#234;mes th&#233;oriciens communistes qui n'h&#233;sitent pas, avec force d&#233;tails, &#224; d&#233;finir ce qu'est ou n'est pas le communisme se montrent soudain tr&#232;s humbles et pr&#233;tendent n'&#234;tre que les &#171; scribes &#187; de l'esprit du monde prol&#233;tarien, dont l'activit&#233; se d&#233;roule sous leurs yeux : &#171; C'est pas &#224; poser la question du point de fin de la lutte des classes dans l'avenir, mais la d&#233;finition m&#234;me de la contradiction entre le prol&#233;tariat et le capital, qui repr&#233;sente d&#233;sormais la lutte des classes. &#034;Une telle humilit&#233; est un orgueil consid&#233;rable, dans la mesure o&#249; le communisme des th&#233;oriciens n'est plus seulement une id&#233;e de th&#233;oriciens &#8212; et m&#234;me une id&#233;e assez excentrique, mais re&#231;oit sa cons&#233;cration de l'expression du mouvement historique lui-m&#234;me. Nos r&#233;flexions sur le rapport entre th&#233;orie et pratique sont peut &#234;tre insatisfaisantes. Mais il est encore plus insatisfaisant de r&#233;soudre le probl&#232;me en le niant a priori et en affirmant que sa propre th&#233;orie n'est autre que l'expression condens&#233;e et g&#233;n&#233;ralis&#233; des luttes elles-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette autolimitation proclam&#233;e de la th&#233;orie ne peut pas &#234;tre maintenue par les partisans de la communisation. Prendre cette autolimitation au s&#233;rieux reviendrait pr&#233;cis&#233;ment &#224; &#233;liminer ce qui est pertinent dans le d&#233;bat sur la communisation, &#224; savoir la tentative de red&#233;finir la r&#233;volution apr&#232;s la fin du socialisme sous toutes ses formes. R&#233;fl&#233;chir &#224; partir de ce que peut signifier la r&#233;volution &#224; une &#233;poque historique o&#249; la conqu&#234;te du pouvoir, voire l'autogestion, ont &#233;t&#233; &#233;cart&#233;s comme perspectives, une &#233;poque dans laquelle il ne peut y avoir d'unit&#233; de la classe avant son auto-abolition et dans laquelle la classe n'a peut-&#234;tre m&#234;me pas besoin de se reconna&#238;tre comme telle pour passer &#224; l'action, en soulignant par exemple que dans une situation de crise r&#233;volutionnaire, la saisie et la distribution gratuite de marchandises serait l'arme la plus puissante du prol&#233;tariat dans le processus d'abolition, ces contributions au d&#233;bat ne sont rien de moins que de la fiction sociale communiste, une projection consciente, et c'est ce qui les rend int&#233;ressantes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir, par exemple , Th&#233;orie Communiste, &#8220;L'auto organisation est le premier (&#8230;)&#034; id=&#034;nh27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui les rend imparfaites, c'est une d&#233;rive constante vers le mysticisme, induit en fin de compte par la peur de la notion de production, m&#234;me si le concept n'en est pas toujours tr&#232;s clair. &#192; ce moment-cl&#233;, les th&#233;oriciens de la communisation s'emp&#234;trent dans des contradictions et se retrouvent dans une confusion totale. Apr&#232;s avoir d&#233;clar&#233; que &#171; le mode de production capitaliste nous donne &#224; voir, bien que contradictoirement, et non comme un &#8220;bon c&#244;t&#233;&#8221;, l'activit&#233; humaine comme flux social global continu et le &#8220;general intellect&#8221; ou le &#8220;travailleur collectif&#8221; comme force dominante de la production &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Th&#233;orie Communiste, &#8220;l'auto organization&#8230;.&#8221;&#034; id=&#034;nh28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ils affirment, dans la phrase suivante, que le &#171; caract&#232;re social de la production ne pr&#233;figure rien &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; le produit aboli en tant que tel un instant plus t&#244;t ressurgit entre des guillemets honteux dans le sc&#233;nario de la r&#233;volution, o&#249; il est distribu&#233; librement ; la socialisation du travail et les moyens de production sont parfois consid&#233;r&#233;es comme &#171; l'Alpha et l'Om&#233;ga de l'affirmation du prol&#233;tariat &#187;, et &#224; d'autres moments, comme la seule issue r&#233;volutionnaire. Parfois, il semble que les th&#233;oriciens de la communisation ne se comprennent pas eux-m&#234;mes. Il reste &#224; leur cr&#233;dit qu'ils rapportent de fa&#231;on impitoyable la fin d'une &#233;poque, montrant ce qui a fait d&#233;faut aux pr&#233;c&#233;dentes tentatives r&#233;volutionnaire depuis une perspective actuelle, et posent au moins la question de savoir comment la mont&#233;e en puissance des luttes de classes vers le communisme pourrait se produire aujourd'hui.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Le prol&#233;tariat ex&#233;cute la sentence que la propri&#233;t&#233; priv&#233;e prononce contre elle-m&#234;me en engendrant le prol&#233;tariat, tout comme il ex&#233;cute la sentence que le travail salari&#233; prononce contre lui-m&#234;me en produisant la richesse d'autrui et sa propre mis&#232;re. Si le prol&#233;tariat triomphe, il ne sera nullement devenu le c&#244;t&#233; absolu de la soci&#233;t&#233;, car il ne triomphera qu'en s'abolissant lui-m&#234;me et en abolissant son contraire. A ce moment l&#224;, le prol&#233;tariat aura disparu tout autant que son antith&#232;se qui est aussi sa condition, la propri&#233;t&#233; priv&#233;e &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F. Engels / K. Marx, La Sainte Famille, Ed. de La Pl&#233;iade, p. 459-460.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Freundinnen und Freunde der Klassenlosen Gesellschaft, 28 Thesen zur Klassengesellschaft, Kosmoprolet N&#176; 1 (2007) ; Voir en ligne Des Nouvelles du front &lt;a href=&#034;http://dndf.org/?p=4898&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://dndf.org/?p=4898&lt;/a&gt;. La critique &#224; laquelle nous r&#233;pondons ici est publi&#233;e sous le titre de : Th&#233;orie Communiste, Zwischen Arbeiterautonomie und Kommunisierung. Eine Kritik an den 28 Thesen zur Klassengesellschaft, Kosmoprolet (TC entre autonomie ouvri&#232;re et communisation. Une critique des 28 th&#232;ses)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;(2011). Le &#8211; trop long &#8211; texte original fran&#231;ais peut &#234;tre lu sur &lt;a href=&#034;http://dndf.org/?p=8215.3&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://dndf.org/?p=8215.3&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gilles Dauv&#233; / Karl N&#233;sic, Love or labour lost [2002]. Nous citons &#224; partir de la version allemande, l&#233;g&#232;rement diff&#233;rente :&#171; Lieben die ArbeiterInnen die Arbeit ? &#187; ( Suppl&#233;ment &#224; Wildcat-Zircular 65, 2003).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La revue anglo-am&#233;ricaine Endnotes a rendu compte et comment&#233; une partie de ce d&#233;bat en cours : endnotes.org.uk.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;K. Marx, Le Capital, livre premier, Le double caract&#232;re du travail repr&#233;sent&#233; dans les marchandises.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Programme du Parti communiste ouvrier d'Allemagne (1920). Le KAPD naquit au printemps 1920 d'une scission ultra-gauche du KPD, accus&#233; de mener une &#171; politique de leader autoritaire &#187;, d&#233;part motiv&#233; aussi par l'antiparlementarisme et le rejet des syndicats. Bien qu'il tent&#226;t dans un premier temps de devenir membre de la Troisi&#232;me Internationale bolch&#233;vique et m&#234;me qu'il justifi&#226;t l'&#233;crasement de l'insurrection de Kronstadt, il en vint rapidement &#224; critiquer radicalement le &#171; capitalisme d'Etat &#187; russe. Avec le reflux de la vague r&#233;volutionnaire de l'apr&#232;s Premi&#232;re guerre mondiale, le parti, qui semble avoir compt&#233; jusqu'&#224; 80000 membres, tomba vite dans des luttes intestines puis finalement dans une totale insignifiance. Ce programme du KAPD peut &#234;tre lu dans : Ni parlement, ni syndicats : les Conseils ouvriers ! , textes pr&#233;sent&#233;s par D. Authier et G. Dauv&#233;, Ed. Les nuits rouges, p. 94 &#224; 108 ; ou sur &lt;a href=&#034;http://www.left-dis.nl/f/kapd1920f.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.left-dis.nl/f/kapd1920f.htm&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Groupe des Communistes Internationalistes (GIK, Pays-Bas), Principes fondamentaux de la production et de la distribution communistes [1930] : &lt;a href=&#034;http://www.mondialisme.org/spip.php?article1308&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.mondialisme.org/spip.php?article1308&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Informations et correspondances ouvri&#232;res (ICO), La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale en France, mai-juin 1968 [1968].&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Paul Mattick, Introduction to The Fundamental Principles of Communist Production and Distribution [1970], libcom.org/library/introduction-paul-mattick.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Loren Goldner, Faire face &#224; la r&#233;alit&#233;, 45 ans plus tard : Dialogue critique avec James/Lee/Chaulieu, home.earthlink.net/ lrgoldner/james.html.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Herbert Marcuse, Das Ende der Utopie. Vortr&#228;ge und Diskussionen in Berlin 1967, Frankfurt/M. 1980, p. 10, 14&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid .p34-35&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Une tentative de d&#233;chiffrer la crise actuelle &#224; partir de la forme valeur est entreprise by Sander, Eine Krise des Werts, Kosmoprolet 2 (2009).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Marx, Capital. Volume 1, 87.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Marx, Critique du programme de Gotha&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cette id&#233;e est d&#233;velopp&#233;e en d&#233;tail dans le pr&#233;sent num&#233;ro par Raasan Samuel Loewe : Produktivkraftkritik und proletarische Bewegung.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Blaumachen, L'&#232;re des &#233;meutes, sur libcom.org. Comme les gens de Blaumachen eux-m&#234;mes l'expliquent, les usines ont &#233;t&#233; br&#251;l&#233;es parce que les patrons n'avaient pas pay&#233; de salaires depuis des mois &#8211; des m&#233;thodes efficaces dans la lutte pour le salaire clairement l&#233;gitimes et optimistes, ce qui &#233;tait aussi sans doute provoqu&#233; par la haine du travail impos&#233; dans l'usine, mais rien qui d&#233;signe un au-del&#224; de l'existence comme prol&#233;taire. Pour une r&#233;futation largement justifi&#233;e de ces tendances chez les communisateurs voir Sander / Mac Intosh : Est-ce que la classe&lt;sup&gt;&lt;a href='https://theoriecommuniste.org/Classes' title=&#034;D&#233;finition&#160;: Les classes ne sont ni des sommes d'individus regroup&#233;s par un int&#233;r&#234;t (&#8230;)&#034;&gt;?&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; ouvri&#232;re a disparu ? in Perspective internationaliste n&#176; 55 (2011), ou internationalistperspective.org.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Bruno Astarian, Activit&#233; de crise et communisation (2010) &lt;a href=&#034;http://www.hicsalta-communization.com&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.hicsalta-communization.com&lt;/a&gt;. Dans ce texte, Astarian est en accord avec TC, il va m&#234;me parfois plus loin dans son mysticisme imm&#233;diatiste. Pour lui, m&#234;me &#171; la s&#233;paration entre le besoin et les moyens de sa satisfaction &#187; est un probl&#232;me. Ce qui vraisemblablement s'av&#232;rera assez difficile &#224; r&#233;soudre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Th&#233;orie Communiste, Le pas suspendu de la communisation : communisation vs socialisation (2009), libcom.org.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dans la mesure o&#249; les op&#233;ra&#239;stes s'efforcent de d&#233;crypter la pratique actuelle de la classe, une telle fixation historique aurait d&#251; s'&#233;loigner de leurs pens&#233;es. Cependant, comme n'importe quelle &#233;tude empirique, les enqu&#234;tes op&#233;ra&#239;stes sont fond&#233;es sur certains pr&#233;suppos&#233;s qui d&#233;terminent ce que l'on cherche. Dans leur cas, c'est la conviction que ce qui importe avant tout c'est le &#171; pouvoir ouvrier &#187; sur les lieux de production. Pour cette raison &#233;galement, ils sont aujourd'hui &#224; la recherche des luttes pionni&#232;res &#171; le long de la coop&#233;ration productive mondialis&#233;e &#187; - &#171; avec un succ&#232;s relatif &#187; comme ils le reconnaissent eux-m&#234;mes. (Pr&#233;face au suppl&#233;ment &#171; Der historische Moment / ArbeiterInnen verlassen die Fabrik &#187;, Wildcat 88 (2011). Sur les contorsions id&#233;ologiques qui en r&#233;sultent, cf. I. M. Zimmerwald, &#171; Die Abenteuer der Autonomie &#187;, Kosmoprolet 1 (2007)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;R.S., &#171; Ballade en novembre &#187; (2005). Meeting n&#176; 4.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Th&#233;orie Communiste, &#171; Le moment actuel &#187; (2009), sur libcom.org. Sic n&#176; 1 (2011)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Tout cela n'est en rien original, ces d&#233;veloppements sont assez &#233;vidents et sont aussi discut&#233;s par les universitaires et la gauche r&#233;formiste. Toutefois, en opposition &#224; eux, nous ne consid&#233;rons pas ces d&#233;veloppements comme le r&#233;sultat en fin de compte arbitraire et donc r&#233;versible de modifications produites par des vis&#233;es n&#233;olib&#233;rales.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Th&#233;orie Communiste, &#171; Le moment actuel &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;The rising power of China's workers. Why it's good for the world, The Economist, 31.7.2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir, par exemple , Th&#233;orie Communiste, &#8220;L'auto organisation est le premier acte&#8230;. (2005) ; &#8220;le pas suspend de la communisation'(2009), tous deux sur libcom.org.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Th&#233;orie Communiste, &#8220;l'auto organization&#8230;.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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