<?xml
version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Th&#233;orie Communiste</title>
	<link>https://theoriecommuniste.org/</link>
	<description>Notre &#233;poque est celle o&#249; le prol&#233;tariat, luttant en tant que classe? contre le capital, se remet lui-m&#234;me en cause et porte le d&#233;passement r&#233;volutionnaire de cette soci&#233;t&#233; par la production imm&#233;diate du communisme comme l'abolition de toutes les classes, l'imm&#233;diatet&#233; sociale de l'individu.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://theoriecommuniste.org/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Th&#233;orie Communiste</title>
		<url>https://theoriecommuniste.org/local/cache-vignettes/L73xH18/logotcsite2-93a16.svg?1769357628</url>
		<link>https://theoriecommuniste.org/</link>
		<height>18</height>
		<width>73</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Extime</title>
		<link>https://theoriecommuniste.org/la-soute/L-intime/Extime</link>
		<guid isPermaLink="true">https://theoriecommuniste.org/la-soute/L-intime/Extime</guid>
		<dc:date>2026-01-04T18:23:15Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Tarona</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Dire que la reproduction d&#233;termine l'ensemble du rapport c'est dire que les m&#233;canismes d'appropriation des femmes d&#233;terminent l'ensemble du rapport et il faut le dire, je vois pas bien le probl&#232;me. &lt;br class='autobr' /&gt;
La question est de savoir pourquoi, dans quel but et pour dire quoi, on veut &#171; franchir ce seuil de l'intime &#187;. Pour combattre et pour montrer quoi. C'est pas juste histoire de caract&#233;riser la d&#233;finition des sujets, pour moi c'est surtout donner une place th&#233;orique &#224; ce qui par d&#233;finition n'en (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://theoriecommuniste.org/la-soute/L-intime/" rel="directory"&gt;L'intime&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dire que la reproduction d&#233;termine l'ensemble du rapport c'est dire que les m&#233;canismes d'appropriation des femmes d&#233;terminent l'ensemble du rapport et il faut le dire, je vois pas bien le probl&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question est de savoir pourquoi, dans quel but et pour dire quoi, on veut &#171; franchir ce seuil de l'intime &#187;. Pour combattre et pour montrer quoi. C'est pas juste histoire de caract&#233;riser la d&#233;finition des sujets, pour moi c'est surtout donner une place th&#233;orique &#224; ce qui par d&#233;finition n'en n'a pas pour les raisons de particularisation et de naturalisation comme le AC, et surtout pour la raison que la gestion de l'intime, de l'affectif comme tel c'est dans le champ du f&#233;minin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Entrer dans la viande du rapport &#187; pourquoi il faudrait le faire, surtout c'est quoi exactement cette viande, et puis pourquoi c'est compliqu&#233;... ? Ce que je crains dans cette formule, outre son c&#244;t&#233; chair fra&#238;che dont on m'a encore gentiment caract&#233;ris&#233; l'autre soir, c'est de faire des affects une chaire plus fra&#238;che de la d&#233;finition des rapports que le fait par exemple qu'elles fassent la vaisselle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'intime lui s'articulerait aux deux autres (mais dans un rapport particulier au priv&#233; dans lequel il est inclus) sur le mode du senti, des affects produits dans des relations et des relations produites par ces affects, des affects biologis&#233;s parce que s'effectuant forc&#233;ment &#224; travers des corps, et ferait exister les sujets hommes et femmes tels que la totalit&#233; les constitue, certes pour le capital, mais aussi comme v&#233;ritables sujets sociaux pour eux-m&#234;mes, dans leurs rapports. C'est aussi parce que j'ai tels ou tels affects que j'entre en lien comme homme ou comme femme de telle ou telle mani&#232;re (que je deviens homme ou femme), et donc que je m'inscris de telle ou telle mani&#232;re dans les sph&#232;res publique et priv&#233;e, dans la totalit&#233; du MPC. La n&#233;cessaire reproduction des cat&#233;gories homme et femme par le MPC n'existe qu'en &#233;tant v&#233;cue et agie par des sujets sociaux particuliers, et se vivant comme tels &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pense que ma question n'est pas tant tels ou tels affects mais quelle place les affects occupent dans les rapports homme/femme et du coup dans la d&#233;finition des hommes et des femmes. Les affects ne font pas exister les corps et les sujets, la place qu'ils occupent dans les rapports font exister les hommes et les femmes, c'est pas du tout la m&#234;me chose. C'est pas juste la question des sentis mais bien celle de leur place dans la d&#233;finition des uns et des autres et du coup les rapports sociaux induits par ce rapport aux sentis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me juste apr&#232;s, parler de corps socialis&#233; me para&#238;t insuffisant, &#231;a ne dit rien de cette &#171; socialisation &#187; qui fait que les femmes ont un corps et un sexe et que les hommes sont les &#234;tres g&#233;n&#233;riques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite aussi &#231;a pose le m&#234;me type de probl&#232;me : &#171; A tous, on nous a d'abord demand&#233; si on &#233;tait un gar&#231;on ou une fille, et tous, il nous a bien fallu r&#233;pondre, avant d'avoir &#224; en r&#233;pondre. Et je doute fort que le travail de d&#233;construction de la naturalit&#233; du rapport fait par les f&#233;ministes, que ce soit par les luttes ou la th&#233;orie, ait eu beaucoup d'effet sur cette puissante &#233;vidence. Il en faudra un peu plus pour que la nature cesse d'&#234;tre naturelle. En attendant, on peut toujours remettre en cause des &#171; r&#244;les sociaux &#187;, &#231;a n'est d&#233;j&#224; pas rien, mais &#231;a n'est pas la m&#234;me chose. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore une fois &#231;a n'a pas le m&#234;me sens pour les hommes et pour les femmes et on en &#171; r&#233;pond pas de la m&#234;me fa&#231;on &#187;, et pr&#233;cis&#233;ment du fait de la naturalisation, la question de savoir si on est un gar&#231;on ou fille ne se pose jamais dans une adresse direct (y'a que pour les nourrissons qu'on demande aux parents).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au travail des f&#233;ministes, la question n'est pas tant celle de la d&#233;construction que celle de montrer le d&#233;ni structurelle de l'affectif comme m&#233;canisme contradictoire de l'appropriation de femmes : l'appropriation des femme n'existe pas en dehors de l'affectif qui du coup les fait exister comme femmes dans le m&#234;me temps o&#249; cet affectif est structurellement ni&#233; comme quelque chose dont on devrait savoir s'affranchir pour faire place &#224; la vraie d&#233;termination rationnelle des rapports sociaux. Le rapport pi&#232;ge les femmes dans l'affectif en subjectivant et en individualisant l'oppression et ce pi&#232;ge se referme quand justement, dans ce qui existe comme sph&#232;re publique, c'est-&#224;-dire pas un espace mais le champ du masculin, on leur rappelle qu'elle doive faire abstraction de ce par quoi on les fait exister. Ce n'est pas le cas pour les hommes dont les conditions d'existence ne sont pas d&#233;termin&#233;es par leurs affects. Quels que soient ces affects dans leur contenu la question encore une fois est la place qu'ils occupent. Je dirai vite fait comme &#231;a que le rapport homme/femme c'est un chantage affectif, et le ma&#238;tre chanteur est &#233;videmment celui qui n'existe pas socialement comme construit par ses affects, c'est pour cela qu'il peut &#171; en jouer &#187; mais aussi en faire l'abstraction pour continuer &#224; &#234;tre ce qu'il est. L'intime, l'affectif, n'est pas l'affaire de sujets, il est l'affaire des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gros probl&#232;me que j'ai avec les notes d'AC c'est qu'on dirait que l'intime y fonctionne comme concept suppos&#233; unifier la condition des femmes et celle des hommes, et en masquant du coup l'autopr&#233;supposition des hommes dans l'histoire. L'affectif des femmes n'existe que dans un mouvement d'extraversion, c'est l'autopr&#233;supposition des hommes et de leurs affects qui en retour fait exister les femmes et leurs affects. On pourrait m&#234;me pousser jusqu'&#224; se demander s'il est bien justifi&#233; th&#233;oriquement d'employer le m&#234;me mot pour d&#233;signer un senti autopr&#233;suppos&#233; ou un senti qui doit son existence et son contenu &#224; un autre au sens o&#249; &#231;a fait exister des places diff&#233;rentes dans les rapports.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est d'auto-reconnaissance des sujets dont il est question &#187;... Non justement je pense pas : pour les femmes c'est d'une h&#233;t&#233;ro-reconnaissance dont il est question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce sont des sujets qui font exister (ils ne les cr&#233;ent pas, mais les agissent) les normes qui les produisent, c'est aussi comme &#231;a que &#231;a vit et que &#231;a peut entrer en contradiction, d&#232;s lors que l'intrication des rapports de classes&lt;sup&gt;&lt;a href='https://theoriecommuniste.org/Classes' title=&#034;D&#233;finition&#160;: Les classes ne sont ni des sommes d'individus regroup&#233;s par un int&#233;r&#234;t (&#8230;)&#034;&gt;?&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; et des rapports hommes/femmes est celle du MPC, l'intime en soi ne d&#233;finissant aucune contradiction mais &#233;tant une des mani&#232;res dont la contradiction existe, et appara&#238;t comme telle. &#187; Justement, l'intime et l'affectif sont l'existence m&#234;me de la contradiction mais je suis pas sure de bien comprendre cette phrase qui me para&#238;t se contredire (sans doute parce que je la comprend pas). L&#224; ce sont les d&#233;veloppements d'AC qui font dispara&#238;tre le caract&#232;re contradictoire : on ne se sait pas &#171; tout naturellement &#187; homme ou femme sur les m&#234;mes bases ni dans le m&#234;me but, c'est pour cela que les activit&#233;s des unes et des autres ne sont pas les m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne pense pas que le r&#244;le de l'intime est de faire perdurer par les affects des mod&#232;les en remaniement, l'affectif est ce qui fait exister les rapports hommes/femmes et ce par quoi se reproduisent les rapports hommes/femmes dans leurs sp&#233;cificit&#233;s historiques (pour cette raison le couple ne me semble pas plus embl&#233;matique de l'appropriation des femmes que n'importe quoi d'autre et il n'est en aucun cas une condition sine quanon de l'oppression des femmes, en ce sens il est je pense bien moins fondamental que l'&#233;change pour suivre l'analogie d'AC). Et la crise des sujets hommes sera d'abord celle des sujets femmes et rien d'autre, pour la m&#234;me raison que le rapport tel qu'il existe dans son &#233;ternisation est autopr&#233;supposition des sujets hommes. C'est aussi pour cela qu'il n'a jamais &#233;t&#233; n&#233;cessaire qu'elles soient cantonn&#233;es &#224; la sph&#232;re priv&#233;e (qui j'ai l'impression ici est employ&#233; dans le sens d'espace domestique), l'essentiel est qu'elles soient d&#233;finies sur la base de leur place dans l'espace domestique, ensuite elles peuvent toujours aller tant qu'elles veulent comme elles ont toujours d&#251; le faire hors de l'espace domestique, c'est dans cet &#233;cart que je comprend jusqu'&#224; pr&#233;sent l'int&#233;r&#234;t de la distinction entre sph&#232;re priv&#233;e et espace domestique. Justement la sph&#232;re priv&#233;e n'est pas l' espace domestique mat&#233;rialisable, c'est ce qui d&#233;finit les femmes. En ce sens je vois pas trop en quoi la restructuration a boulvers&#233; la sph&#232;re priv&#233;e m&#234;me si ca a r&#233;am&#233;nager l'espace domestique et familial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les femmes non-appropri&#233;es dans le couple sont du coup mises &#224; disposition de tous les hommes, le rapport hommes/femmes n'&#233;tant pas abolition des hommes et des femmes, mais lib&#233;ralisation du corps des femmes, mise &#224; disposition pour tous les hommes, ce qui se ram&#232;ne surtout &#224; une bonne affaire pour eux (c'est-&#224;-dire pour les meilleurs, les dominants, le rapport restant ce qu'il est, faut pas r&#234;ver les gars). Ce qui n'emp&#234;che pas le d&#233;sir de fonctionner, mais il fonctionne comme il fonctionnait dans le rapport g&#233;n&#233;ral. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre le fait que je ne comprend pas ce que la r&#233;f&#233;rence au d&#233;sir vient montrer, je pense que c'est tr&#232;s important (comme je l'avais critiqu&#233; chez AS) de ne pas voir la mise &#224; disposition des femmes ou leur disponibilit&#233; comme un fait, qu'elles soient en couple ou pas, mais comme une activit&#233; des hommes contre les femmes, c'est-&#224;-dire comme des pratiques quotidiennes masculines : on n'est pas des cleps ni des serfs volontaires et c'est pas parce qu'on n'est pas appropri&#233;e par un homme qu'on est automatiquement disponibles pour tous. La mise &#224; disposition c'est, pour ne pas parler des trucs les plus noirs, le regard et les commentaires des mecs dans la rue, c'est le fait qu'il est attendu qu'on s'int&#233;resse &#224; eux, leur vie, leurs probl&#232;mes, qu'on les comprennent, qu'on les plaigne, qu'on les soigne avant de se soigner nous-m&#234;mes, tout &#231;a dans un rapport qui fait que se soustraire &#224; &#231;a c'est prendre des risques : risque que &#231;a tourne encore plus mal pour nous, que ce soit par la menace physique ou la menace affective, or cette reconnaissance de la part des mecs est un pi&#232;ge mais c'est aussi ce qui nous fait exister comme femme, c'est-&#224;-dire exister tout court. Car c'est bien pour les femmes que &#171; nos affects et nos corps ne nous appartiennent pas &#187;. Et ces affects sont construits par des rapports mat&#233;riels : passer sa journ&#233;e &#224; des faire activit&#233;s de &#171; care &#187;, r&#233;mun&#233;r&#233;es ou pas, &#231;a implique le d&#233;veloppement de la capacit&#233; &#224; ressentir de l'empathie, de la tendresse, bref c'est de fait &#234;tre disponible pour les autres et tourn&#233; vers eux. En ce sens m&#234;me le partage de la moindre t&#226;che m&#233;nag&#232;re est probl&#233;matique et c'est d'ailleurs s&#251;rement pour &#231;a que &#231;a bouge quasi pas. La vaisselle c'est centrale et on pourrait d'ailleurs en dire pas mal &#224; ce sujet : activit&#233; d&#233;valoris&#233;e et vue comme ne n&#233;cessitant ni la moindre attention, ni la moindre technicit&#233;, ni la moindre concentration (on discutait l'autre jour avec Lidia de pourquoi c'est possible que certains mecs ne voient pas que la vaisselle qu'ils lavent est encore sale et de &#224; quel point c'est gonflant et d&#233;valorisant que &#171; ton &#187; mec vienne t'embrasser alors que tu fais la vaisselle : &#231;a nous viendrait pas &#224; l'esprit de faire &#231;a &#224; un mec qui bricole car le bricolage c'est technique !). C'est pour &#231;a qu'on attend des femmes qu'elles fassent plusieurs trucs &#224; la fois parce que ce qu'elles font c'est toujours par d&#233;finition et a priori b&#234;te comme chou ou alors si c'est complexe c'est instinctif. C'est &#231;a le fond des affects et le rapport homme/femme, les affects des femmes dans leur contenu et dans la place d&#233;terminante qu'ils occupent ne sont produits par rien d'autre que de leurs banales activit&#233;s quotidiennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, je pense et l&#224; je rejoins AC sur la particularisation des femmes versus les hommes comme groupe, sur les dominants hommes j'ai bien l'impression que quand m&#234;me ce qu'on appelle la solidarit&#233; masculine &#231;a existe vraiment et m&#234;me entre forts et faibles et m&#234;me si les uns et les autres n'ont pas le m&#234;me acc&#232;s aux femmes. Pour ce que j'entend dans les coll&#232;ges notamment : y'a aucune solidarit&#233; entre filles avec les filles qui ont des r&#233;putations par exemple parce que &#231;a signifierait potentiellement avoir soi-m&#234;me une r&#233;putation et risquer la reconnaissance des mecs, tandis que celui qui n'aime pas se battre ou qui est fr&#234;le peut r&#233;guli&#232;rement b&#233;n&#233;ficier de la solidarit&#233;/protection des autres et de certains &#171; ca&#239;ds &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la m&#234;me fa&#231;on, il me semble qu'une fille qui arrive dans un groupe constitu&#233; (quel qu'il soit) est a priori une menace pour les autres filles ce qui n'est pas le cas pour les gar&#231;ons. On avait eu rapido cette discussion en mangeant lors d'une pr&#233;c&#233;dente r&#233;u et je disais qu'il me semble que porter une regard a priori sympathique sur une fille qui d&#233;barque dans un groupe rel&#232;ve pour une fille d'un positionnement significatif et n'est pas du tout un truc spontan&#233;, le spontan&#233; c'est la suspicion (de quoi que ce soit). Je force le trait mais je pense que &#231;a existe pour de bon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur &#171; le type qui tabasse sa femme parce qu'elle le trompe avec un piquet de gr&#232;ve &#187;, outre le fait que je pense que c'est tout &#224; fait faux de consid&#233;rer que le probl&#232;me rel&#232;ve de la jalousie, y faudrait pas quand m&#234;me omettre (&#231;a peut &#234;tre un peu contradictoire avec ce que j'ai dit pr&#233;cis&#233;ment sur le contenu des affect) que c'est pas la m&#234;me chose d'&#234;tre jalouse et de pleurer, de d&#233;primer ou d'attendre que d'&#234;tre jaloux et de fracasser sa meuf. Pourquoi ? Parce que l'un est du c&#244;t&#233; de l'affect justement et de l'intime et l'autre du c&#244;t&#233; d'une pratique et &#231;a montre que se reconna&#238;tre comme mec c'est aussi la capacit&#233; &#224; faire des affects un truc de gonzesse qui n'a pas sa place dans la sph&#232;re publique. Bon c'est un peu vite dit cependant parce que c'est pas si &#233;vident peut &#234;tre de diff&#233;rencier affects et pratiques, et l&#224;-dessus on sait bien que pleurer peut &#234;tre une pratique efficace, mais bon je dit comme &#231;a me vient au cas o&#249; ... Enfin, &#224; ce sujet , et c'est aussi pour moi un enjeu important pour r&#233;fl&#233;chir &#224; la place de l'affectif dans les rapports hommes/femmes, les hommes savent transmuter leurs affects et leurs exp&#233;riences personnelles en choses g&#233;n&#233;rales, d&#233;saffectiv&#233;es, publiques, l&#224; o&#249; les femmes, du fait de l' &#171; h&#233;t&#233;ropr&#233;supposition &#187; de leurs affects en sont encombr&#233;es car toujours a priori, de fa&#231;on structurelle et quel que soit le sujet, suspect&#233;es, sans doute &#224; raison, de r&#233;agir &#171; &#224; l'affectif &#187;, si je pense au boulot ou &#224; ce qui peut se passer dans les &#171; milieux &#187; par exemple. On en revient l&#224; &#224; l'importance d'accorder un statut th&#233;orique &#224; l'affectif, et pas seulement dans sa transmutation en conceptualisation, comme l'ont fait les f&#233;ministes. Et d'ailleurs, &#231;a me fait penser &#224; Lacan (pour une fois que je fait une r&#233;f&#233;rence elle est vraiment pas politiquement correcte !) qui disait que l'affect c'est ce qui ne trompe pas et on pourrait tordre et dire que l'affectif c'est ce qui ne trompe pas sur le contenu des rapports hommes/femmes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Intime et Conjoncture</title>
		<link>https://theoriecommuniste.org/la-soute/L-intime/Intime-et-Conjoncture</link>
		<guid isPermaLink="true">https://theoriecommuniste.org/la-soute/L-intime/Intime-et-Conjoncture</guid>
		<dc:date>2026-01-04T18:22:08Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>AC</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;D'abord merci &#224; RS pour toutes ses remarques. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis globalement d'accord avec RS sur la &#171; surjustification &#187; que j'op&#232;re au d&#233;but du texte, mais j'aimerais quand m&#234;me y revenir. Ce n'est bien entendu pas la &#171; d&#233;termination en derni&#232;re instance &#187; en tant que telle que je conteste, mais celle qui &#171; emporte tout sur son passage &#187;, ou plut&#244;t, dans ce cas pr&#233;cis, qui serait comme la neige qui recouvre toutes les asp&#233;rit&#233;s d'un paysage, les sp&#233;cificit&#233;s. Et en r&#233;alit&#233;, &#231;a serait plut&#244;t l'usage (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://theoriecommuniste.org/la-soute/L-intime/" rel="directory"&gt;L'intime&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;D'abord merci &#224; RS pour toutes ses remarques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis globalement d'accord avec RS sur la &#171; surjustification &#187; que j'op&#232;re au d&#233;but du texte, mais j'aimerais quand m&#234;me y revenir. Ce n'est bien entendu pas la &#171; d&#233;termination en derni&#232;re instance &#187; en tant que telle que je conteste, mais celle qui &#171; emporte tout sur son passage &#187;, ou plut&#244;t, dans ce cas pr&#233;cis, qui serait comme la neige qui recouvre toutes les asp&#233;rit&#233;s d'un paysage, les sp&#233;cificit&#233;s. Et en r&#233;alit&#233;, &#231;a serait plut&#244;t l'usage qu'on serait tent&#233; d'en faire (y compris moi) : le bulldozer de la th&#233;orie qui aplanit toutes les difficult&#233;s, du genre &#171; au fond, tout se ram&#232;ne &#224;&#8230; &#187;, et le d&#233;bat est clos. D'accord, les sp&#233;cificit&#233;s et la contradiction ne sont pas identiques, il y a une &#171; hi&#233;rarchisation &#187; &#224; faire, mais aucune des deux ne recouvre ou ne pr&#233;c&#232;de l'autre : on peut toujours lire dans les deux sens. C'est ce que j'essayais de dire, mais &#231;a n'&#233;tait sans doute pas tr&#232;s clair.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, ce qui fait exister les femmes comme elles sont, y compris comme sujets, c'est &#171; en derni&#232;re instance &#187; le surtravail et la population comme principale force productive. Je comprends ce que veut dire RS lorsqu'il critique le terme &#171; imm&#233;diatement &#187; (&#171; on n'a pas imm&#233;diatement affaire, etc. &#187;). C'est clair que l'intime est bourr&#233; de m&#233;diations, qu'il n'est m&#234;me que &#231;a. L&#224; c'est plus une affaire de vocabulaire ou de formulation qui est en cause (dans mon esprit le &#171; on &#187; ne d&#233;signait pas la th&#233;orie mais les &#171; sujets sociaux &#187;). Mais simplement ce que je voulais souligner par l&#224;, c'est que ces m&#233;diations n'apparaissent pas comme telles, que ce n'est pas de la d&#233;termination en derni&#232;re instance dont les sujets ont conscience lorsqu'ils ont conscience d'eux-m&#234;mes, et que c'est &#231;a la naturalisation, et l'id&#233;ologie, telles qu'elles sont v&#233;cues par les sujets, c'est-&#224;-dire, si on veut, telles qu'ils les vivent comme imm&#233;diatement. Et que &#231;a n'est pas anodin, parce que &#231;a conditionne la mani&#232;re dont les sujets existent, c'est-&#224;-dire non seulement sentent mais agissent. Et &#231;a c'est l'existence de la naturalisation comme id&#233;ologie r&#233;ellement v&#233;cue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il ne s'agit pas de l&#226;cher ce qui &#171; fait exister &#187; les sujets tels qu'ils sont, sans quoi on a effectivement un sujet pos&#233; comme point de d&#233;part, comme pr&#233;alable au social, ce qui serait absurde et ne servirait &#224; rien th&#233;oriquement. Ca n'&#233;tait pas mon propos, mais il y a risque de d&#233;rapage, c'est clair. Il n'y a pas de sujet anthropologiquement originaire, les sujets sont toujours d&#233;j&#224; constitu&#233;s par la totalit&#233; sociale. (D'accord avec les remarques sur l'intime comme &#171; rapport social &#187; : c'est foireux. En fait je voulais simplement parler des relations.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, consid&#233;rer le &#171; v&#233;cu des sujets &#187;, ce n'est pas ouvrir le bureau des pleurs et dresser la liste interminable des m&#233;faits de la domination masculine. On a clairement &#224; articuler th&#233;oriquement ce qu'est ce v&#233;cu (ce que sont les sujets), &#224; le replacer dans la totalit&#233; de laquelle il est id&#233;ologiquement distinct, mais pas &#224; l'y enfermer, parce que cette m&#234;me totalit&#233; n'est pas un bloc homog&#232;ne et inalt&#233;rable dans laquelle seraient fig&#233;es toutes les sp&#233;cificit&#233;s. C'est peut-&#234;tre simplement une fa&#231;on d'aborder les choses. On ne peut pas aller se promener dans le vent glac&#233; des rapports r&#233;els, tels aussi qu'ils se sentent, se vivent et s'expriment, pour ensuite revenir se r&#233;fugier dans la chaleur des contradictions, &#224; l'abri desquelles on va juger de tout le reste. Tout se passe dehors, en plein vent, ou si on veut le dire moins po&#233;tiquement &#224; la RS il n'y a pas causalit&#233; simple entre essence et ph&#233;nom&#232;nes, c'est ce que j'essayais de mettre en avant en &#171; surjustifiant &#187; mon propos. Et il ne s'agit pas de la &#171; vraie vie &#187;, j'en suis bien d'accord, mais bel et bien de &#171; comment les choses se passent &#187;. C'est l'enjeu de la notion de conjoncture, &#224; ce qu'il me semble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et d'accord aussi : &#171; Que la &#171; d&#233;termination en derni&#232;re instance &#187; que serait &#171; la population comme principale force productive &#187; ne puisse exister et soit m&#234;me impensable sans ses conditions d'existence, qu'il ne s'agisse pas de ph&#233;nom&#232;nes sans lesquels elle pourrait &#234;tre comme ne pas &#234;tre, ne signifie pas qu'il n'y a pas de &#171; d&#233;termination en derni&#232;re instance &#187;, de m&#233;diation, de hi&#233;rarchie, en un mot de structure. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et donc il n'y a jamais disjonction, pas de purs ph&#233;nom&#232;nes accidentels d'un c&#244;t&#233;, et la &#171; belle &#187; contradiction de l'autre. Les sp&#233;cificit&#233;s ne se baladent pas toutes seules, elles existent dans une totalit&#233; qui les constitue. Mais cela ne signifie pas non plus qu'il n'y ait pas de sp&#233;cificit&#233;s. Et si ces sp&#233;cificit&#233;s sont bien d&#233;termin&#233;es &#171; en derni&#232;re instance &#187; par la contradiction, elles ont aussi une forme et une structuration propres, certes pas ind&#233;pendante de la totalit&#233; qu'est le MPC, mais justement sp&#233;cifique. Et ces sp&#233;cificit&#233;s agissent sur et donnent aussi sa forme actuelle &#224; la contradiction principale. Parce que sinon, &#224; quoi bon parler de conjoncture ? Il y aurait d&#233;sormais les deux contradictions, et&#8230; &#171; nous n'aurions pas besoin d'autre chose &#187;. S'il y a besoin d'autre chose, c'est que dans la conjoncture comme moment r&#233;volutionnaire, ces d&#233;terminations se mettent &#224; ne plus faire syst&#232;me, non pas de leur propre fait mais parce que la contradiction &#233;clate, et se produisent avec toutes leurs d&#233;terminations comme conflits. Et c'est pour &#231;a qu'il faut pointer ce que sont ces d&#233;terminations, comment &#231;a existe ici et maintenant. Pour ce qui concerne l'intime, d&#232;s lors que la contradiction &#233;clate ce qui est radicalement remis en cause c'est le travail, la famille, les relations h/f au quotidien, etc., c'est-&#224;-dire tout ce qui constitue les sujets tels qu'ils se vivent. Ce qui est remis en cause c'est &#171; comment &#231;a se passe &#187; &#224; tous les niveaux, des rapports de classe&lt;sup&gt;&lt;a href='https://theoriecommuniste.org/Classes' title=&#034;D&#233;finition&#160;: Les classes ne sont ni des sommes d'individus regroup&#233;s par un int&#233;r&#234;t (&#8230;)&#034;&gt;?&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; &#224; un niveau personnel et interindividuel. On a aussi affaire &#224; &#231;a, et pas seulement &#224; la politique, &#224; l'Etat ou &#233;ventuellement aux &#171; traditions qui existent dans la t&#234;te des gens &#187;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour moi, la notion de conjoncture nous invite &#224; penser une totalit&#233; complexe, dans laquelle chacune des &#171; conditions d'existence &#187; de la contradiction ont &#233;galement une relative autonomie, et en tout cas une totalit&#233; o&#249; tout n'est pas &#171; raccord &#187;, o&#249; &#231;a se heurte et se complique. Le MPC est bien une totalit&#233;, il ne s'agit pas de dire que tout n'est qu'&#233;v&#233;nement, mais pas une unit&#233; harmonieuse. Ca marche mal, c'est comme &#231;a et peut-&#234;tre m&#234;me pour &#231;a que &#231;a marche. La forme m&#234;me de la contradiction, si ce n'est son &#171; essence &#187; (je ma&#238;trise mal ce vocabulaire), peut &#234;tre alt&#233;r&#233;e : la baisse du taux de profit continue d'exister, mais les cycles de lutte diff&#232;rent, la contradiction change donc de &#171; forme &#187;, mais pas d'essence. La question glisse de l'accroissement des forces productives (mont&#233;e en puissance de la classe) &#224; celle de la reproduction de la classe. Contradiction en proc&#232;s. Dans ce cadre, rep&#233;rer les diff&#233;rences de niveau, les tensions entre diff&#233;rents niveaux, les conditions d'existence sp&#233;cifiques de la contradiction est &#224; mon sens ce qu'impose la notion de conjoncture. Mais il est clair que le terrain est glissant, et que c'&#233;tait plus tranquille quand il n'y avait que la &#171; belle &#187; contradiction&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout cas, poser &#224; travers l'intime, que l'on conserve ou non le terme, la question de ce que sont les sujets dans le MPC, c'est essayer de se donner des outils th&#233;oriques pour penser la communisation comme abolition des classes et des hommes et femmes par l'activit&#233; des sujets eux-m&#234;mes. On en revient &#224; la grosse question, formul&#233;e diff&#233;remment : comment les sujets constitu&#233;s par le MPC peuvent-ils s'abolir eux-m&#234;mes et abolir le MPC ? Et &#224; le dire comme &#231;a je sens bien tous les clignotants qui se mettent au rouge&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes la mise en crise des sujets dans la communisation &#171; r&#233;sulte des contradictions existantes &#187;, mais ce &#171; r&#233;sultat &#187; n'est pas imm&#233;diat &#8211; l&#224; je veux dire &#171; instantan&#233; &#187; (&#231;a n'&#171; est &#187; pas mais &#171; devient &#187; communisation, comme pr&#233;cise RS). Ce sont donc bien ces sujets tels qu'ils existent ici et maintenant qui sont mis en crise et mettent en crise les rapports qui les constituent, et n'&#233;clatent &#171; que dans leur propre action en tant que sujets car c'est ainsi que les contradictions (prol / cap ; hom / fem) sont actives (activ&#233;es) &#187;. D'o&#249; l'int&#233;r&#234;t de d&#233;finir ce que sont ces sujets et comment ils existent. C'est en effet, comme RS le souligne, la question de la communisation comme pratique r&#233;volutionnaire o&#249; rien ne s'abolit tout seul, par le seul mouvement de la contradiction &#171; qui emporte tout sur son passage &#187; qui est pos&#233;e de ce fait, et pour moi c'est bien &#231;a la probl&#233;matique de l'autotransformation des sujets.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Notes sur L'intime</title>
		<link>https://theoriecommuniste.org/la-soute/L-intime/Notes-sur-L-intime</link>
		<guid isPermaLink="true">https://theoriecommuniste.org/la-soute/L-intime/Notes-sur-L-intime</guid>
		<dc:date>2026-01-04T18:20:20Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>RS</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Quelques notes sur l'intime &lt;br class='autobr' /&gt;
La distinction entre sph&#232;re publique et sph&#232;re priv&#233;e est une distinction qu'il n'est pas facile de situer th&#233;oriquement. Disons que cette distinction n'est pas premi&#232;re, elle d&#233;rive de la sexuation de toutes les cat&#233;gories du capital qui comme (et parce que) &#233;conomie politique construit cette distinction (cf. Am&#233;ricaines). Disons aussi que (&#224; mon avis) rien ne se joue dans une dynamique entre public et priv&#233;, parce qu'il n'y a aucune dynamique entre ces deux (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://theoriecommuniste.org/la-soute/L-intime/" rel="directory"&gt;L'intime&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelques notes sur l'intime&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La distinction entre sph&#232;re publique et sph&#232;re priv&#233;e est une distinction qu'il n'est pas facile de situer th&#233;oriquement. Disons que cette distinction n'est pas premi&#232;re, elle d&#233;rive de la sexuation de toutes les cat&#233;gories du capital qui comme (et parce que) &#233;conomie politique construit cette distinction (cf. Am&#233;ricaines). Disons aussi que (&#224; mon avis) rien ne se joue dans une dynamique entre public et priv&#233;, parce qu'il n'y a aucune dynamique entre ces deux instances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je cite &#224; ce propos un passage du futur livre &#171; Kochari&#8230; &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En elle-m&#234;me, l'apparition du priv&#233; sur la sc&#232;ne publique ne change rien &#224; la d&#233;finition des deux sph&#232;res ni m&#234;me &#224; leur s&#233;paration et &#224; l'assignation des femmes au priv&#233;. Ce qui importe ce n'est pas que le priv&#233; devienne &#171; public &#187; mais que les femmes d&#233;finies par ce priv&#233; apparaissent m&#234;me sous les dimensions du priv&#233; dans la sph&#232;re publique. Alors, soit le priv&#233;, m&#234;me publiquement, demeure ce qu'il est et les femmes sont rapidement renvoy&#233;es &#224; son mode d'existence habituel, soit &#224; partir de cette apparition publique du priv&#233; les femmes posent la question de l'existence m&#234;me de ce priv&#233; et de sa s&#233;paration et donc aussi celle de l'existence du public et finalement la question de leur propre d&#233;finition comme femmes. Le basculement vers une branche ou l'autre de l'alternative ne d&#233;pend pas d'un jeu entre les deux sph&#232;res car aucune ne pr&#233;sente des d&#233;terminations qui soient la dynamique du d&#233;passement de leur d&#233;finition r&#233;ciproque et de leur rapport. Aucune des deux n'est dans un rapport &#224; l'autre qui soit une contradiction pour elle-m&#234;me et encore moins pour leur reproduction r&#233;ciproque, elles sont seulement compl&#233;mentaires. Elles sont les conditions existantes du salariat (de la vente et de l'achat de la force de travail ainsi que de sa reproduction tant individuellement que comme &#171; race des travailleurs &#187;) et de l'exploitation. Le rapport entre ces deux sph&#232;res et leur d&#233;passement ne r&#233;sulte pas de leur propre relation et propre existence mais des contradictions de ce dont elles sont les conditions existantes : contradiction entre les classes&lt;sup&gt;&lt;a href='https://theoriecommuniste.org/Classes' title=&#034;D&#233;finition&#160;: Les classes ne sont ni des sommes d'individus regroup&#233;s par un int&#233;r&#234;t (&#8230;)&#034;&gt;?&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;, contradiction entre les hommes et les femmes dont l'unit&#233; dynamique est le capital comme contradiction en proc&#232;s. Public et priv&#233; ne sont pas de simples ph&#233;nom&#232;nes de ces contradictions et de leur unit&#233; sans lesquels ces contradictions et leur unit&#233; pourraient tout aussi bien exister. Les conditions existantes d'une contradiction sont aussi ses conditions d'existence. Quand les femmes de Mahallah lance la gr&#232;ve ou font, au travers des r&#233;seaux sociaux autour de l'usine, des conditions priv&#233;es de reproduction de la force de travail une affaire publique, public et priv&#233; ne sont pas &#224; eux-m&#234;mes leur raison d'&#234;tre, aucune forme n'est son propre contenu, mais les contradictions essentielles et leur unit&#233; n'existent pas avant, apr&#232;s ou en dessous de ces formes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on consid&#232;re la s&#233;paration entre public et priv&#233; comme la forme g&#233;n&#233;rale de la sexuation de toutes les cat&#233;gories du capital, on n'en d&#233;duit pas pour autant que cette forme soit le pur ph&#233;nom&#232;ne des contradictions essentielles. La forme est essentielle &#224; l'existence m&#234;me des contradictions, elle en constitue r&#233;ellement les conditions d'existence (pas de contradictions de genre ou de classe sans l'existence et la s&#233;paration du public et du priv&#233;) tout comme les contradictions, dans leur caract&#232;re essentiel, constituent la condition d'existence de cette s&#233;paration. Les conditions existantes (l'existence et la s&#233;paration du public et du priv&#233;) sont l'existence r&#233;elle (concr&#232;te, actuelle) des contradictions constituant le tout parce que c'est fondamentalement les contradictions et leur unit&#233; dynamique (le capital comme contradiction en proc&#232;s) dans leur sens essentiel qui leur assignent ce r&#244;le, non comme un pur ph&#233;nom&#232;ne &#224; c&#244;t&#233; d'elles, sans lequel elles pourraient tout autant &#234;tre, mais comme leurs conditions d'existence m&#234;me. Ce conditionnement d'existence des contradictions essentielles ne tombe pas dans la circularit&#233; ou dans une inter construction indiff&#233;renci&#233;e car la totalit&#233; n'est pas annul&#233;e comme structure &#224; dominante (la consubstantialit&#233; des contradictions de classes et de genres). On parle des conditions d'existence des contradictions essentielles en parlant des conditions existantes : r&#233;flexion dans les contradictions essentielles m&#234;mes de leurs conditions d'existences. L'existence et la s&#233;paration du public et du priv&#233; deviennent dans un sens tr&#232;s fort, absolu, condition d'existence des contradictions d&#233;terminantes (classe/genre).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, c'est au cours du capital comme contradiction en proc&#232;s, unit&#233; dynamique des contradictions de classes et de genres, que nous avons affaire comme d&#233;terminant du basculement vers l'une ou l'autre branche de l'alternative lorsque le priv&#233; fait irruption dans le public et non &#224; leur propre jeu r&#233;ciproque, m&#234;me si ce n'est que dans ce jeu et dans sa forme propre, car c'est la forme g&#233;n&#233;rale de la sexuation des cat&#233;gories du capital, que se r&#233;gleront consubstantiellement et non transubstantiellement les comptes entre les genres et avec le capital. Le cours des luttes actuelles au Maghreb et au Machrek qui se construisent dans un interclassisme dont la politique (le paradigme m&#234;me de l'existence et de la s&#233;paration du public et du priv&#233;) est sp&#233;cifiquement le contenu entra&#238;ne l'irruption du priv&#233; dans la sph&#232;re publique &#224; ne pouvoir &#234;tre qu'une mise en abymes de la s&#233;paration &#224; l'int&#233;rieur du public avant de renvoyer les femmes, qui sont de fait sans perspective autre (aucun sujet n'est autre chose que ses conditions), &#224; la pure et simple s&#233;paration du public et du priv&#233;, &#224; leur d&#233;finition et existence. L'Etat et les partis islamistes qui r&#233;alisent la synth&#232;se politique de cet interclassisme du mouvement en se fondant sur lui contre lui-m&#234;me s'en chargent. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pense qu'il faut avoir en t&#234;te les difficult&#233;s th&#233;oriques de la distinction entre priv&#233; et public (que je pr&#233;f&#232;re &#224; l'appellation comme distinction entre &#171; sph&#232;res &#187;, ce sont plus des instances et des pratiques que des territoires) pour passer &#224; ce qu'AC appelle &#171; l'intime &#187;. Le texte d'AC est important car il faut bien que la constitution du groupe femmes (que AC relativise pertinemment &#224; la fin du texte) int&#232;gre l'existence de ses propres membres comme sa condition d'existence, c'est-&#224;-dire que les femmes ne soient pas seulement des objets construits mais encore des sujets pour elles-m&#234;mes se ressentant et ayant conscience d'elles-m&#234;mes en tant que telles. Si je comprends bien l'intime serait une sorte d'int&#233;riorisation par les agents de la s&#233;paration entre public et priv&#233; qui par cette int&#233;riorisation d'agents deviennent sujets. &#171; Affects &#187; et &#171; ressenti &#187; dont parle AC sont tr&#232;s proche du concept d'id&#233;ologie. On peut dire que les individus vivent leur id&#233;ologie. Dans l'id&#233;ologie les individus (ou les classes, ou les &#171; groupes &#187;) n'expriment pas leur rapport &#224; leurs conditions d'existence, mais la fa&#231;on dont ils vivent leur rapport &#224; leurs conditions d'existence, ce qui suppose &#224; la fois le rapport r&#233;el et le rapport v&#233;cu, senti, imaginaire. Cette &#171; fa&#231;on &#187; est n&#233;cessaire au rapport r&#233;el. L&#224; je suis totalement d'accord avec AC quand il dit que la connaissance et l'analyse des &#171; r&#244;les sociaux &#187; ne supprime en rien le ressenti, l'intime d'&#234;tre femme (ou homme). La connaissance d'une id&#233;ologie est la connaissance des conditions de sa n&#233;cessit&#233; et aucune connaissance ne la supprime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour en revenir au passage du public / priv&#233; &#224; l'intime. Je pense que l'intime comme dit AC ne peut &#234;tre &#171; totalement saisi au travers de cette division &#187;. En fait, j'ai le sentiment que cette division est une sorte de cul-de-sac th&#233;orique. Donc on va partir du point de d&#233;part : &#171; la population comme principale force productive &#187;/ la distinction public / priv&#233; intervient comme une d&#233;termination n&#233;cessaire inh&#233;rente &#224; cet intime mais non comme le point de d&#233;part d'o&#249; on le d&#233;duirait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est alors le passage de &#171; la population comme etc. &#187; &#224; l'intime qui est d&#233;licat. AC &#233;crit que &#171; la population etc &#187; pourrait finir par &#171; appara&#238;tre comme la d&#233;termination en derni&#232;re instance, dans laquelle serait absorb&#233;es toutes les conditions existantes du rapport, leur sp&#233;cificit&#233;. (&#8230;) Il n'y a pas d'abord &#171; la population comme principale force productive &#187;, et ensuite les sentis qui en d&#233;couleraient, on a imm&#233;diatement affaire aux sentis et aux rapports tels qu'ils sont. &#171; Ce qui les fait exister &#187; ne les emp&#234;che pas d'exister, c'est-&#224;-dire d'&#234;tre v&#233;cus tels qu'ils sont, et d'&#234;tre intimement v&#233;cus par les sujets qu'ils animent. Ou alors, la population comme principale force productive reste vou&#233;e &#224; jouer le r&#244;le d'infrastructure du rapport, tous les modes d'existence du rapport n'&#233;tant plus que secondaires par rapport &#224; elle, alors que le texte montre que c'est justement dans ces modes d'existence que les choses se jouent. &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pense que l&#224; nous nous trouvons face &#224; la principale difficult&#233; que pr&#233;sente le texte sur la conjoncture, difficult&#233; qui motive &#224; juste titre toutes les r&#233;ticences de Cebe vis-&#224;-vis de ce texte. Ce n'est pas parce que nous critiquons le simple rapport causal entre essence et ph&#233;nom&#232;ne (pour comprendre ces ph&#233;nom&#232;nes comme des formes d'apparition) qu'il n'y a plus d'essence ou, dans un autre registre de &#171; d&#233;termination ne derni&#232;re instance &#187;. Ce n'est pas parce que son &#171; heure solitaire ne sonne jamais &#187; qu'elle n'existe pas. Le pi&#232;ge du texte sur la conjoncture r&#233;side dans une critique de ce rapport causal qui nous conduirait &#224; la totalit&#233; significative, chaque &#233;l&#233;ment, instance, etc. poss&#233;dant tous les attributs de la totalit&#233;. Il n'y aurait plus de totalit&#233; hi&#233;rarchis&#233;e. C'est bien s&#251;r &#224; partir de l&#224; que peut se faire une utilisation &#224; tort et &#224; travers du concept de conjoncture (je pense ici aux textes de Max l'Hameunasse sur Notre Dame des Landes et &#224; certaines r&#233;flexions entendues &#224; Aurel).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand AC &#233;crit &#171; il n'y a pas d'abord&#8230; et ensuite les sentis qui en d&#233;couleraient &#187;, je me demande &#224; quel niveau on parle. Oui, il y a d'abord, de m&#234;me qu'il y a d'abord les rapports de production&#8230; Nous n'avons pas affaire &#171; imm&#233;diatement &#187; (c'est moi qui souligne) aux sentis et aux rapports tels qu'ils sont. Ou alors il n'y a plus de th&#233;orie, plus de production de concepts et plus important plus de totalit&#233; structur&#233;e et hi&#233;rarchis&#233;e plus de d&#233;termination et de dominantes, plus de circulation rationnelle des dominantes. Que la &#171; d&#233;termination en derni&#232;re instance &#187; que serait &#171; la population comme principale force productive &#187; ne puisse exister et est m&#234;me impensable sans ses conditions d'existences qu'il ne s'agisse pas de ph&#233;nom&#232;nes sans lesquels elle pourrait &#234;tre comme ne pas &#234;tre, ne signifie pas qu'il n'y a pas de &#171; d&#233;termination en derni&#232;re instance &#187;, de m&#233;diation, de hi&#233;rarchie, en un mot de structure. La totalit&#233; significative est le pi&#232;ge qui guette int&#233;rieurement le concept de conjoncture et plus g&#233;n&#233;ralement la critique que nous faisons de la &#171; d&#233;termination &#187; de &#171; l'infrastructure &#187; (peu importe) comme la simple et parfaite &#171; v&#233;rit&#233; de &#187; de ces conditions d'existence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait pour justifier l'importance qu'il va donner &#224; &#171; l'intime &#187;, AC se livre dans ces deux premi&#232;res pages &#224; une surjustification. Attention, ce que je critique ce n'est pas l'importance de ce qui est avanc&#233; dans ce texte que l'on conserve ou non l'appellation d'intime, mais la mani&#232;re dont cette importance est produite et justifi&#233;e. Dans la suite du texte la construction de cet &#171; intime &#187; est tout fait l&#233;gitimement corr&#233;l&#233;e &#224; celle de &#171; sujet &#187;, mais l&#224; AC n'est plus dans &#171; l'imm&#233;diat &#187;. En commentant une citation de C, AC &#233;crit : &#171; Ce que je vois dans ce passage, un peu &#224; rebours de ce qu'il affirme fortement (on peut le lire en partant de la fin : &#171; quand la reproduction de la force de travail suppose (&#8230;), alors une fille sait qu'&#234;tre une femme c'est se caler (&#8230;) &#187;), c'est justement la fa&#231;on dont l'intime n'est pas isol&#233; de l'ensemble du rapport, mais appara&#238;t comme s'il l'&#233;tait, ce qui fait que l'ensemble du rapport n'appara&#238;t plus que comme l'affaire de sujets. Une fois qu'ils sont &#171; assujettis &#187;, une fille devient une femme, un gar&#231;on un homme, et ils agissent en cons&#233;quence l'un envers l'autre, c'est-&#224;-dire non seulement font &#233;ventuellement des enfants (en nombre et en temps socialement d&#233;termin&#233;s, etc.), mais encore et surtout existent par l&#224; comme sujets sociaux se reconnaissant eux-m&#234;mes et l'un l'autre comme tels dans les sph&#232;res publique et priv&#233;e, y trouvant &#171; tout naturellement &#187; leur place respective selon ce qu'ils sont. L'intime, c'est aussi tout simplement un rapport &#224; soi en m&#234;me temps qu'un rapport &#224; l'autre, rapport &#224; soi parce que rapport &#224; l'autre : c'est un rapport social. &#187;. La lecture &#171; &#224; partir de la fin &#187; que propose AC est pr&#233;cis&#233;ment la lecture qui contredit les affirmations de la premi&#232;re page et c'est cette lecture qui fonde r&#233;ellement la notion d'intime. L&#224;, AC insiste sur &#171; appara&#238;t comme s'il l'&#233;tait &#187; ; &#171; l'ensemble du rapport n'appara&#238;t plus que comme l'affaire de sujets &#187;. Il y a donc des formes d'apparition du rapport, formes n&#233;cessaires au rapport mais formes d'apparition tout de m&#234;me. Tout n'est pas confondu, tout n'est pas au m&#234;me plan. Si tout &#233;tait au m&#234;me plan, rien ne serait expliquer et produit, il suffirait de &#171; lire &#187;, tout serait donn&#233; en clair. La relation que nous cherchons &#224; produire entre les instances d'un mode de production ne tombe pas dans le fantasme d'un r&#233;el se lisant &#224; livre ouvert et AC le dit ici (les sujets doivent m&#234;me &#171; d'abord &#187; &#234;tre &#171; assujettis &#187;). On se reconna&#238;t comme sujet &#233;crit AC. C'est dans cette construction comme sujet que se situe &#171; l'intime &#187;, il en est m&#234;me la chair comme dit AC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais alors peut-on dire que &#171; L'intime, c'est aussi tout simplement un rapport &#224; soi en m&#234;me temps qu'un rapport &#224; l'autre, rapport &#224; soi parce que rapport &#224; l'autre : c'est un rapport social. &#187; ? A nouveau, il semblerait ici que les formes d'apparition, les m&#233;ditions qui viennent d'&#234;tre convoqu&#233;es pour construire les sujets et l'intime disparaissent. Ce &#171; rapport &#224; soi &#187; qui est &#171; rapport &#224; l'autre &#187; (selon la formule des &#171; Manuscrits de 1844 &#187; - la r&#233;f&#233;rence n'est pas sans poser des probl&#232;mes qui sont ceux de la probl&#233;matique des Manuscrits qui n'est pas &#233;trang&#232;re &#224; cette formule : une conception anthropologique de la soci&#233;t&#233; comme r&#233;sultat de sujets constituants. En fait la formule se contredit : si le rapport &#224; soi est un rapport &#224; l'autre, le rapport &#224; soi ne peut &#234;tre premier, il est d&#233;j&#224; pris dans un rapport, donc le sujet point de d&#233;part constituant est lui-m&#234;me d&#233;j&#224; constitu&#233; par son autre&#8230;) est comme cela vient d'&#234;tre dit le fait d'un sujet lui-m&#234;me construit par des m&#233;diations, par une fa&#231;on de se rapporter &#224; ses conditions d'existence (cf. supra sur l'id&#233;ologie), ce rapport &#224; soi ne peut pas &#234;tre le rapport r&#233;el &#224; ses conditions ni ce rapport r&#233;el &#224; l'autre. Appeler alors &#171; rapport social &#187; l'intime comme rapport &#224; soi et rapport &#224; l'autre fr&#244;le l'abus de langage. Dire que cette construction du sujet, ce rapport &#224; soi et ce rapport &#224; l'autre sont de part en part une construction sociale est une chose, les qualifier de &#171; rapport social &#187; en est une autre. Le &#171; rapport social &#187; c'est &#171; la population comme, etc. &#187;, on a des formes d'apparition n&#233;cessaires de ce rapport social, mais le rapport social pas plus qu'il n'est &#171; la v&#233;rit&#233; de &#187; (dans une op&#233;ration de pure r&#233;duction au &#171; vrai &#187; de ces conditions d'existence), n'existe pas aussi, tout &#233;galement, sous la forme de ces apparitions. Ce que dit &#171; L'intime, comme lieu o&#249; se constitue par des affects le corps comme corps socialis&#233;, contribue puissamment &#224; la naturalisation du rapport, en faisant dispara&#238;tre les rapports sociaux derri&#232;re l'&#233;vidence du senti (c'est &#231;a que je ressens, j'ai envie de &#231;a, c'est moi, c'est l&#224;-dedans que je me reconnais : j'ai une identit&#233;, je suis un sujet). L'intime est le lieu o&#249; l'id&#233;ologie de la naturalit&#233; du rapport hommes/femmes est r&#233;ellement v&#233;cue. &#187;. On retrouve les probl&#232;mes du d&#233;but.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; l'accord que je peux avoir avec cette phrase en ce qui concerne la question des m&#233;diations, je ne pense pas que l'on puisse consid&#233;rer l'intime comme un lieu. Je penserais plut&#244;t que l'intime peut &#234;tre d&#233;fini comme l'ensemble des modalit&#233;s par lesquelles se constitue par des affects le corps comme corps socialis&#233;. L&#224;, je pense que nous pouvons parler de personne. En partant de ce qui me para&#238;t le plus important dans le texte : la naturalisation comme constitution d'un sujet se reconnaissant soi m&#234;me comme femme dans toutes ses relations au monde comme relations personnelles, on peut parler de l'intime comme sens intime de soi, un sentiment int&#233;rieur imm&#233;diat, une connaissance r&#233;flexive mais qui n'est pas sans relation aux perceptions et repr&#233;sentations dans la mesure o&#249; ces derni&#232;res sont rapport&#233;es &#224; la conscience de soi (la conscience de soi serait simplement le &#171; Je pense &#187; : l'aperception pure ou transcendantale de Kant ; l'action de rapporter une repr&#233;sentation, un affect &#224; la conscience de soi est l'aperception empirique ; l'intime est &#224; la charni&#232;re des deux).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est tr&#232;s important dans le texte d'AC c'est de poser la n&#233;cessit&#233; de produire avec la notion d'intime quelque chose qui puisse &#171; faire fonctionner les remarques sur le corps, la sexualit&#233;, l'amour d&#233;velopp&#233;es dans la suite du texte de C., mais pas seulement, l'intime incluant aussi le rapport aux enfants et &#224; la famille en g&#233;n&#233;ral (d'o&#249; maternit&#233;, paternit&#233;, etc., rapports d'appropriation affective non plus seulement dans les rapports hommes/femmes mais aussi dans toute la sph&#232;re intime familiale que ces rapports construisent : circulation d'affects, redirection de la part de la femme des liens affectifs envers le mec vers les enfants et la &#171; famille &#187; comme entit&#233; (lieu de la reproduction) &#8211; et on n'a plus l'opposition entre la maman et la putain, &#231;a marche ensemble). &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais attention &#224; la psychologie ou &#224; la psychanalyse, le sujet ne peut &#234;tre lui-m&#234;me le point de d&#233;part (m&#234;me un sujet dissoci&#233;, etc). Il nous faut un sujet pour comprendre comment les choses se passent non pas &#171; en vrai &#187; mais &#171; telles qu'elles se passent &#187; (il ne faut pas confondre les deux) et l&#224; le texte d'AC am&#232;ne &#224; une avanc&#233;e importante. Mais le probl&#232;me du terme d'intime c'est qu'il a tendance &#224; faciliter la confusion. D'un c&#244;t&#233; intime d&#233;signe ce qui est priv&#233; (je ne parle pas ici de &#171; sph&#232;re priv&#233;e &#187;), r&#233;serv&#233;, individuel, connu du sujet seul, d'un autre c&#244;t&#233;, il d&#233;signe ce qui est profond, qui tient &#224; l'essence. D'o&#249; souvent dans &#171; intime &#187; la confusion entre ce qui est subjectif, individuel, priv&#233; avec ce qui est &#171; profond &#187; ou essentiel. D'autant plus que les deux sens conviennent &#224; la fois &#224; bien des choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand AC donne une d&#233;finition de l'intime, il semble que l'on soit dans cette confusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les sp&#233;cificit&#233;s &#233;num&#233;r&#233;es plus haut : &#171; le corps, l'affectivit&#233;, l'intime, le priv&#233;&#8230; &#187; pourraient &#234;tre articul&#233;es les unes aux autres (apr&#232;s il faut voir comment), et c'est ce &#224; quoi servirait ce que j'essaie de d&#233;signer sous le terme d'&#171; intime &#187;, qui ne recouvrirait pas les m&#234;mes caract&#233;ristiques que la &#171; sph&#232;re priv&#233;e &#187;, bien que les chevauchant sans arr&#234;t. En gros, l'id&#233;e serait que ce qui domine dans les sph&#232;res publique comme priv&#233;e, ce sont des d&#233;terminations socio-&#233;conomiques s'affirmant comme telles (pour la sph&#232;re publique le travail, la politique, etc., pour la sph&#232;re priv&#233;e la reproduction de la force de travail et donc le couple et la famille, le travail domestique et l'&#233;levage des enfants, le matrimonial, mais aussi la &#171; conjugalit&#233; &#187;, etc.). L'intime lui s'articulerait aux deux autres (mais dans un rapport particulier au priv&#233; dans lequel il est inclus) sur le mode du senti, des affects produits dans des relations et des relations produites par ces affects, des affects biologis&#233;s parce que s'effectuant forc&#233;ment &#224; travers des corps, et ferait exister les sujets hommes et femmes tels que la totalit&#233; les constitue, certes pour le capital, mais aussi comme v&#233;ritables sujets sociaux pour eux-m&#234;mes, dans leurs rapports. C'est aussi parce que j'ai tels ou tels affects que j'entre en lien comme homme ou comme femme de telle ou telle mani&#232;re (que je deviens homme ou femme), et donc que je m'inscris de telle ou telle mani&#232;re dans les sph&#232;res publique et priv&#233;e, dans la totalit&#233; du MPC. La n&#233;cessaire reproduction des cat&#233;gories homme et femme par le MPC n'existe qu'en &#233;tant v&#233;cue et agie par des sujets sociaux particuliers, et se vivant comme tels. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les relations entre &#171; affects &#187;, &#171; senti &#187; et les &#171; relations &#187; vont dans les deux sens de fa&#231;on circulaire. Ainsi les &#171; relations &#187; qui je pense sont ce qui est essentiel et le &#171; senti &#187; ce qui est individuel permutent de place ; l'intime est tour &#224; tour essentiel et individuel. On retrouve le probl&#232;me du d&#233;but. On le retrouve &#233;galement quand il est question de l'intime comme faisant &#171; exister les sujets hommes et femmes tels que la totalit&#233; les constitue, certes pour le capital, mais aussi comme v&#233;ritables sujets sociaux pour eux-m&#234;mes, dans leurs rapports. &#187; L'intime fait bien exister les sujets, il est m&#234;me leur existence, ils sont constitu&#233;s comme sujets &#171; pour le capital &#187;, l&#224; o&#249; tout est mis au m&#234;me plan et o&#249; se perd la totalit&#233; comme structure hi&#233;rarchis&#233;e c'est quand il est &#233;crit &#171; mais aussi &#187; comme si les deux s'opposaient et s'ajoutaient. A la place d'un &#171; mais aussi &#187;, on pourrait &#233;crire un &#171; c'est-&#224;-dire comme sujets pour eux-m&#234;mes &#187; : on pourrait laisser &#171; v&#233;ritables &#187; s'il n'y avait &#171; sociaux &#187; derri&#232;re &#171; sujets &#187;. Bien s&#251;r que ces sujets sont &#171; sociaux &#187;, mais ici &#171; sociaux &#187; introduit une ambigu&#239;t&#233; ou plut&#244;t une &#233;quivalence entre tous les niveaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on consid&#232;re ce que AC veut d&#233;finir je ne pense pas que l'on puisse dire que l'intime est inclus dans le priv&#233;, il est un &#171; v&#233;cu &#187; un &#171; ressenti &#187; tout autant des d&#233;terminations du priv&#233; que du public dans la mesure m&#234;me o&#249; on le consid&#232;re comme la chair dont est constitu&#233; le sujet&#8230; &#171; assujetti &#187;. A partir du moment o&#249; le sujet est produit de fa&#231;on n&#233;cessaire dans ce mode de production en tant que rapport imaginaire (id&#233;ologique) au monde il est le sujet de sentiments, d'affects, de ressenti, il est &#171; aperception pure &#187; c'est sa construction et &#171; aperception empirique &#187; c'est son rapport. Les deux sont indissociables, c'est l'intime qui est confusion de l'individuel et de l'essentiel dans l'individuel, fa&#231;on de se rapporter au monde. Rien n'existe du priv&#233; et du public s'il n'est un v&#233;cu, c'est-&#224;-dire une fa&#231;on de se rapporter aux &#171; d&#233;terminations socio-&#233;conomique &#187; qui d&#233;finissent ces sph&#232;res (les deux, pas seulement le priv&#233; pour ce qui concerne l'intime), mais tout n'est pas au m&#234;me plan, il n'y a pas de &#171; totalit&#233; significative &#187;, il n'y a pas de circularit&#233; entre la &#171; d&#233;termination en derni&#232;re instance &#187; et les formes n&#233;cessaires d'apparition sans lesquelles elle n'existe pas et qui sont, c'est exact, ses conditions d'existence sans se confondre avec elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ces raisons je suis un peu r&#233;ticent face &#224; des formules comme :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#8230;c'est d'auto-reconnaissance des sujets dont il est question, d'identit&#233; et de proc&#232;s conflictuel d'ad&#233;quation aux normes &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Mais il y a des stades dans la socialisation&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#8230;d'o&#249; l'intime comme lieu de production de sujets norm&#233;s et assignation/int&#233;gration &#224; ces normes ; d'o&#249; aussi remise en cause de ces sujets, d&#232;s lors que le capital a un probl&#232;me avec les femmes, et avec le travail. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autant plus que je suis enti&#232;rement d'accord avec dans les m&#234;mes paragraphes des formules comme :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce sont des sujets qui font exister (ils ne les cr&#233;ent pas, mais les agissent) les normes qui les produisent, c'est aussi comme &#231;a que &#231;a vit et que &#231;a peut entrer en contradiction, d&#232;s lors que l'intrication des rapports de classes et des rapports hommes/femmes est celle du MPC, l'intime en soi ne d&#233;finissant aucune contradiction mais &#233;tant une des mani&#232;res dont la contradiction existe, et appara&#238;t comme telle. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est que simplement la contradiction n'est pas dans l'intime lui-m&#234;me, mais qu'il est embarqu&#233; dans une contradiction qui le construit historiquement. L'histoire de l'intime n'est que celle des modes de production jusqu'&#224; aujourd'hui. &#187; (je ne sais pas si nous pouvons parler d'intime avant le MPC ?)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et principalement avec la fin (avec quelques r&#233;serves)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il ne s'agit pas d'introduire de la &#171; subjectivit&#233; &#187; dans les rapports sociaux, mais de montrer que ces rapports ne peuvent exister qu'en &#233;tant v&#233;cus et agis par des sujets qui les font exister tels qu'ils sont &#224; travers ce qu'ils sont, dans leur existence de classe et comme hommes et femmes (c'est moi qui souligne). Il s'agit aussi de montrer que la communisation est mise en crise des sujets dans leurs rapports (il y a une ambigu&#239;t&#233; dans cette formule : c'est la mise en crise des sujets r&#233;sultant des contradictions existantes qui est &#8211;devient &#8211; communisation), et donc de montrer &#224; quoi on touche ce faisant, c'est-&#224;-dire au c&#339;ur des rapports, &#224; notre propre constitution comme sujets sociaux (je l'ai d&#233;j&#224; dit, ici, &#171; sociaux &#187; me g&#234;ne) dans le MPC. Il s'agit de replacer le &#171; sujet social &#187; (pas un sujet social abstrait, mais le sujet tel qu'il se sent &#234;tre sujet et tel qu'il se vit dans les relations qu'il entretient aux autres) (&#171; tel qu'il se sent &#234;tre sujet &#187;, je suis totalement d'accord, sans r&#233;ticence) dans la totalit&#233; sociale et donc dans la dynamique de la contradiction qui n'a du coup plus rien d'externe &#224; l'ensemble des rapports sociaux. Ce qui nous permettrait de sortir encore plus nettement de la &#171; belle &#187; contradiction de classes comme moteur de la r&#233;volution qui &#171; r&#233;soudrait &#187; secondairement la question des &#171; dominations &#187; de race, de genre, etc. Et donc de montrer que :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le corps, la sexualit&#233; comme sexage sont en effet le contenu de la contradiction hommes/femmes et de la population comme force productive et ce contenu montre que l'existence des hommes et des femmes est un rapport social diff&#233;rent du rapport de classe, sachant que les femmes ne sont justement ni des marchandises ni de simples moyens de production. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; o&#249; ce que propose ce texte est vraiment important. Il a un enjeu explicite : le cours de la communisation comme lutte dans laquelle rien n'est aboli sans avoir &#233;t&#233; express&#233;ment et dans ses propres termes objet de la lutte. Rien n'est aboli &#171; en cons&#233;quence &#187;. Il pose en outre la question des acteurs aussi bien prol&#233;taires qu'hommes et femmes (et entrecroisement de ces d&#233;terminations) comme des sujets (bien que simples agents il est dans la nature de ces agents d'exister en tant que sujet) qui n'&#233;clateront en tant que tels (baudruche) que dans leur propre action en tant que sujets car c'est ainsi que les contradictions (prol / cap ; hom / fem) sont actives (activ&#233;es). Nous sommes l&#224; sur des choses tr&#232;s importantes du genre : &#171; comment les contradictions sont des pratiques ; &#224; quel prix id&#233;ologiques elles le sont ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#171; terminer &#187;, quelques mots sur la &#171; contradiction double &#187;. L'expression de contradiction double est, &#224; mon sens, profond&#233;ment fautive. Il y a deux contradictions construites absolument simultan&#233;ment (travail / surtravail) et se constituant comme contradiction l'une par l'autre (cf. Tel Quel) mais il n'y a pas de &#171; contradiction double &#187;. Quelque chose de double est quelque chose form&#233; de deux choses semblables ou de m&#234;me nature : &#171; un double rang de colonnes ; acte double &#8211;fait en deux exemplaires - ; double hectolitre &#8211; futaille contenant deux hectolitres &#187; (Littr&#233;). Il n'y a pas de &#171; double contradiction &#187;, sauf &#224; dire que les deux sont des contradictions. En outre &#171; double contradiction &#187; pr&#233;suppose une unit&#233; que l'on divise en deux &#233;l&#233;ments semblables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut &#234;tre d'accord ou pas, encore que cela n'est pas facile &#224; r&#233;futer, mais je ne vois pas en quoi cela est plus compliqu&#233; que n'importe quoi d'autre dans la production th&#233;orique (est-ce que quelqu'un a vraiment compris ce qu'&#233;tait le travail abstrait ?). La vraie difficult&#233; r&#233;side dans la &#171; dynamique unique &#187; (j'aborde bri&#232;vement cela &#224; la fin de la critique d'Incendo). Dynamique unique c'est le capital comme contradiction en proc&#232;s. Mais ce concept ne s'autod&#233;termine pas dans deux d&#233;terminations ou deux contradictions, il n'est pas une contradiction double. Il est construit par les deux contradictions dans la mesure o&#249; elles sont contradiction l'une par l'autre. D'o&#249; le fait que le tout (capital comme contradiction en proc&#232;s) est quelque chose qui a une vie propre il est la r&#233;sultante du fait que chacune est contradiction par l'autre et par l&#224; se diff&#233;rencie d'elle-m&#234;me comme contradiction dans la mesure o&#249; &#234;tre contradiction ne lui est pas intrins&#232;que (est intrins&#232;que ce qui appartient &#224; un objet en lui-m&#234;me et non de par sa relation &#224; un autre). Si chacune est contradiction dans ses propres termes, c'est-&#224;-dire avec ses propres protagonistes et contenant cette dynamique comme une dynamique sp&#233;cifique et, dans les deux cas, cette sp&#233;cificit&#233; c'est le capital comme contradiction en proc&#232;s (la question de la valeur). La dynamique est unique parce qu'elle existe sp&#233;cifiquement dans chacune des contradictions. Chacune a besoin de l'autre d'o&#249; simultan&#233;ment la sp&#233;cificit&#233; de la dynamique dans chaque contradiction et l'existence unique de cette dynamique qui se diff&#233;rencie de chacune de par le mouvement de r&#233;ciprocit&#233; des contradictions, de par le besoin de l'autre pour chacune donc comme quelque chose qui lui est interne, sp&#233;cifique mais pas intrins&#232;que. L'unit&#233; (dynamique unique) est construite, elle ne se d&#233;double pas, nous ne sommes pas dans l'autod&#233;termination du concept, elle est la r&#233;ciprocit&#233; de la constitution des contradictions, constitution qui, en tant que telle (r&#233;ciprocit&#233;), se diff&#233;rencie de chacune parce que cette diff&#233;rence (la dynamique unique) est produite par elles dans leur sp&#233;cificit&#233;. Entre nous on peut dire que c'est le mouvement de base de la dialectique : l'unit&#233; de l'unit&#233; et de la diff&#233;rence (par exemple le prol&#233;tariat, le capital, le mode de production capitaliste).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'intime</title>
		<link>https://theoriecommuniste.org/la-soute/L-intime/L-intime-23</link>
		<guid isPermaLink="true">https://theoriecommuniste.org/la-soute/L-intime/L-intime-23</guid>
		<dc:date>2026-01-04T18:17:55Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>AC</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;En r&#233;fl&#233;chissant &#224; la distinction sph&#232;re publique/priv&#233;e, et en relisant la critique d'AS par C., il m'a sembl&#233; que ce dont il est question dans ce texte ne pouvait &#234;tre totalement saisi au travers de cette division de l'espace social en sph&#232;res priv&#233;e et publique, et qui me semble relever de ce qu'on pourrait appeler l'&#171; intime &#187;. Le terme n'est peut-&#234;tre pas ad&#233;quat, et ce qu'il recouvre est encore flou, mais je n'en ai pas trouv&#233; de meilleur et je le conserve pour le moment. Du coup j'ai (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://theoriecommuniste.org/la-soute/L-intime/" rel="directory"&gt;L'intime&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En r&#233;fl&#233;chissant &#224; la distinction sph&#232;re publique/priv&#233;e, et en relisant la critique d'AS par C., il m'a sembl&#233; que ce dont il est question dans ce texte ne pouvait &#234;tre totalement saisi au travers de cette division de l'espace social en sph&#232;res priv&#233;e et publique, et qui me semble relever de ce qu'on pourrait appeler l'&#171; intime &#187;. Le terme n'est peut-&#234;tre pas ad&#233;quat, et ce qu'il recouvre est encore flou, mais je n'en ai pas trouv&#233; de meilleur et je le conserve pour le moment. Du coup j'ai fait une recherche dans la critique d'AS, et le terme &#171; intime &#187; n'y appara&#238;t qu'une fois, dans le passage suivant :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; AS ne semble pas voir que ce qui fait exister de fa&#231;on sp&#233;cifique pour les femmes - et donc pour les hommes mais d'une autre fa&#231;on n&#233;cessairement - le corps, l'affectivit&#233;, l'intime, le priv&#233;&#8230;, et que ce soit dans une sexualit&#233; conjugale ou dans une sexualit&#233; prostitutionnelle, ou les deux et les entre-deux &#8211; c'est bien la reproduction, c'est-&#224;-dire la sexualit&#233; comme appropriation des femmes car sexualit&#233; centr&#233;e sur la satisfaction masculine elle-m&#234;me construite comme reproductive. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis bien entendu d'accord sur la perspective g&#233;n&#233;rale, mais la reproduction (&#171; la population comme principale force productive &#187;) pourrait finir par appara&#238;tre comme la &#171; d&#233;termination en derni&#232;re instance &#187;, dans laquelle seraient absorb&#233;es toutes les &#171; conditions existantes &#187; du rapport, leur &#171; sp&#233;cificit&#233; &#187; (encore que la formulation &#171; ce qui fait exister&#8230; &#187; soit plus subtile que &#231;a). C'&#233;tait n&#233;cessaire pour la critique du texte d'AS de remettre au premier plan le fait que la reproduction d&#233;termine l'ensemble, mais pour d&#233;passer cette seule critique, je pense qu'il faudrait faire appara&#238;tre ces sp&#233;cificit&#233;s, et comment elles existent &#171; tel quel &#187; dans la totalit&#233;, ce qui a commenc&#233; &#224; &#234;tre fait et ce qui me semble &#234;tre un des principaux enjeux du texte. Il n'y a pas d'abord &#171; la population comme principale force productive &#187;, et ensuite les sentis qui en d&#233;couleraient, on a imm&#233;diatement affaire aux sentis et aux rapports tels qu'ils sont. &#171; Ce qui les fait exister &#187; ne les emp&#234;che pas d'exister, c'est-&#224;-dire d'&#234;tre v&#233;cus tels qu'ils sont, et d'&#234;tre intimement v&#233;cus par les sujets qu'ils animent. Ou alors, la population comme principale force productive reste vou&#233;e &#224; jouer le r&#244;le d'infrastructure du rapport, tous les modes d'existence du rapport n'&#233;tant plus que secondaires par rapport &#224; elle, alors que le texte montre que c'est justement dans ces modes d'existence que les choses se jouent. Je pense que ce texte, par ce qu'il am&#232;ne, nous invite &#224; &#171; franchir le seuil de l'intime &#187;, ce qui n'est pas encore fait, contrairement &#224; ce qui est dit quelque part dans TC 23.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et certes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Avec le mode de production capitaliste, la contradiction &#171; est apparue &#187; (celle de la population comme principale force productive), mais il est impossible d'y &#233;chapper sans une abolition de ce mode de production. Ce mode de production pr&#233;pare en son sein une lutte de classe&lt;sup&gt;&lt;a href='https://theoriecommuniste.org/Classes' title=&#034;D&#233;finition&#160;: Les classes ne sont ni des sommes d'individus regroup&#233;s par un int&#233;r&#234;t (&#8230;)&#034;&gt;?&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; qui, abolissant le capital, ne pourra &#233;chapper &#224; la question, pour chacun, des &#171; conditions inh&#233;rentes &#224; son individualit&#233; &#187;, question d&#233;termin&#233;e par cette &#171; contradiction apparue &#187; et &#224; d&#233;passer, c'est-&#224;-dire ici &#234;tre un &#171; homme &#187; ou une &#171; femme &#187;. &#187; (R&#233;ponse aux Am&#233;ricaines.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il faut encore montrer pr&#233;cis&#233;ment ce que sont, &#171; pour chacun &#187;, ces &#171; conditions inh&#233;rentes &#224; son individualit&#233; &#187;, c'est-&#224;-dire faire appara&#238;tre les rapports capitalistes comme d&#233;finissant des sujets sociaux, jusque dans leur moelle, puisque :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le capital s'insinue et r&#233;glemente jusqu'aux recoins les plus intimes de la vie priv&#233;e, il planifie les naissances, organise la maladie et la mort, occupe les temps de loisir, produit comme instruments les go&#251;ts et les sentiments. En bref, il produit cette figure sociale historique : la personne autonome se reproduisant elle-m&#234;me pour le capital. &#187; (R&#233;ponse aux Am&#233;ricaines.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cette perspective que j'aimerais commencer &#224; d&#233;velopper, en vue de permettre une autre approche des probl&#232;mes que soul&#232;vent les &#171; sp&#233;cificit&#233;s &#187; soulign&#233;es dans la citation plus haut. Je pense qu'il faudrait &#224; arriver &#224; entrer dans la viande du rapport, et je pense aussi que c'est compliqu&#233;. L'enjeu serait de montrer que &#171; comment &#231;a se passe &#187; affectivement, au niveau de l'intime, n'est pas diff&#233;rent ou ext&#233;rieur aux contradictions de classes et hommes/femmes telles qu'elles sont actuellement formul&#233;es par TC, mais ne s'y r&#233;sume pas et surtout les fait imm&#233;diatement exister comme elles sont, et pas dans un deuxi&#232;me temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l'enjeu d&#233;fini dans ce passage du texte :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'essentiel r&#233;side dans la question de la constitution du groupe femme et dans la critique du naturalisme comme id&#233;ologie du rapport homme/femme. Quoiqu'elles fassent, o&#249; qu'elles soient (maison, rue, boulot, luttes etc.), les femmes sont sexualis&#233;e c'est-&#224;-dire qu'elles ont un corps et ce corps est ce par quoi les hommes rappellent les femmes &#224; leur condition et &#224; leur place. Cette sexualisation, ce sexage, est donc &#224; la fois la marque de la biologisation/naturalisation du rapport mais aussi celle de la contrainte permanente &#224; les faire exister comme femmes et que la construction sociale qui, d&#232;s la naissance, fait d'une particularit&#233; anatomique une distinction n'existe pas en dehors du rapport social con&#231;u comme une dynamique visant &#224; reproduire toutes les conditions de renouvellement de ce rapport, dans le cadre de la totalit&#233; du MPC et de son intrication conflictuelle avec le rapport de classes. En effet, on ne peut pas faire comme si cette contrainte &#224; la sexualisation n'&#233;tait qu'un &#233;tat de fait paralysant r&#233;sultant d'un asservissement accompli. (&#8230;) &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sp&#233;cificit&#233;s &#233;num&#233;r&#233;es plus haut : &#171; le corps, l'affectivit&#233;, l'intime, le priv&#233;&#8230; &#187; pourraient &#234;tre articul&#233;es les unes aux autres (apr&#232;s il faut voir comment), et c'est ce &#224; quoi servirait ce que j'essaie de d&#233;signer sous le terme d'&#171; intime &#187;, qui ne recouvrirait pas les m&#234;mes caract&#233;ristiques que la &#171; sph&#232;re priv&#233;e &#187;, bien que les chevauchant sans arr&#234;t. En gros, l'id&#233;e serait que ce qui domine dans les sph&#232;res publique comme priv&#233;e, ce sont des d&#233;terminations socio-&#233;conomiques s'affirmant comme telles (pour la sph&#232;re publique le travail, la politique, etc., pour la sph&#232;re priv&#233;e la reproduction de la force de travail et donc le couple et la famille, le travail domestique et l'&#233;levage des enfants, le matrimonial, mais aussi la &#171; conjugalit&#233; &#187;, etc.). L'intime lui s'articulerait aux deux autres (mais dans un rapport particulier au priv&#233; dans lequel il est inclus) sur le mode du senti, des affects produits dans des relations et des relations produites par ces affects, des affects biologis&#233;s parce que s'effectuant forc&#233;ment &#224; travers des corps, et ferait exister les sujets hommes et femmes tels que la totalit&#233; les constitue, certes pour le capital, mais aussi comme v&#233;ritables sujets sociaux pour eux-m&#234;mes, dans leurs rapports. C'est aussi parce que j'ai tels ou tels affects que j'entre en lien comme homme ou comme femme de telle ou telle mani&#232;re (que je deviens homme ou femme), et donc que je m'inscris de telle ou telle mani&#232;re dans les sph&#232;res publique et priv&#233;e, dans la totalit&#233; du MPC. La n&#233;cessaire reproduction des cat&#233;gories homme et femme par le MPC n'existe qu'en &#233;tant v&#233;cue et agie par des sujets sociaux particuliers, et se vivant comme tels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intime, comme lieu o&#249; se constitue par des affects le corps comme corps socialis&#233;, contribue puissamment &#224; la naturalisation du rapport, en faisant dispara&#238;tre les rapports sociaux derri&#232;re l'&#233;vidence du senti (c'est &#231;a que je ressens, j'ai envie de &#231;a, c'est moi, c'est l&#224;-dedans que je me reconnais : j'ai une identit&#233;, je suis un sujet). L'intime est le lieu o&#249; l'id&#233;ologie de la naturalit&#233; du rapport hommes/femmes est r&#233;ellement v&#233;cue. C'est moins la constatation de la permanence historique de l'appropriation des femmes par les hommes qui joue pour la naturalisation du rapport que l'&#233;vidence affective que ce rapport a pour nous-m&#234;mes. A tous, on nous a d'abord demand&#233; si on &#233;tait un gar&#231;on ou une fille, et tous, il nous a bien fallu r&#233;pondre, avant d'avoir &#224; en r&#233;pondre. Et je doute fort que le travail de d&#233;construction de la naturalit&#233; du rapport fait par les f&#233;ministes, que ce soit par les luttes ou la th&#233;orie, ait eu beaucoup d'effet sur cette puissante &#233;vidence. Il en faudra un peu plus pour que la nature cesse d'&#234;tre naturelle. En attendant, on peut toujours remettre en cause des &#171; r&#244;les sociaux &#187;, &#231;a n'est d&#233;j&#224; pas rien, mais &#231;a n'est pas la m&#234;me chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La notion d'intime permettrait de faire fonctionner les remarques sur le corps, la sexualit&#233;, l'amour d&#233;velopp&#233;es dans la suite du texte de C., mais pas seulement, l'intime incluant aussi le rapport aux enfants et &#224; la famille en g&#233;n&#233;ral (d'o&#249; maternit&#233;, paternit&#233;, etc., rapports d'appropriation affective non plus seulement dans les rapports hommes/femmes mais aussi dans toute la sph&#232;re intime familiale que ces rapports construisent : circulation d'affects, redirection de la part de la femme des liens affectifs envers le mec vers les enfants et la &#171; famille &#187; comme entit&#233; (lieu de la reproduction) &#8211; et on n'a plus l'opposition entre la maman et la putain, &#231;a marche ensemble). En somme, &#231;a n'est pas qu'une affaire de cul, on le sait, les rapports entre sujets sociaux rel&#232;vent aussi bel et bien d'une &#233;conomie politique, comme le montre parfaitement la R&#233;ponse aux Am&#233;ricaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci dit, pour ne pas voir l'omnipr&#233;sence de la question sexuelle dans la mani&#232;re dont les rapports hommes/femmes existent r&#233;ellement, il faudrait avoir les yeux ch&#226;tr&#233;s. &#171; Quand une fille sait qu'&#234;tre une femme c'est se caler, de fa&#231;on plus ou moins restrictive et exclusive sur le d&#233;sir de l'homme et la satisfaction masculine construite comme puissance, possession, synth&#233;tis&#233;e dans la centralit&#233; du co&#239;t h&#233;t&#233;rosexuel, &#231;a concerne la reproduction de la force de travail en ce qu'elle suppose, outre le co&#239;t, une disponibilit&#233; sexuelle des femmes et un rapport sexuel dit &#171; complet &#187; pour les hommes. (&#8230;) &#187; (J'aime beaucoup le &#171; quand une fille sait qu'&#234;tre une femme c'est&#8230; &#187;, c'est aussi ce que j'entends par &#171; se reconna&#238;tre comme sujet &#187;.) Ce que je vois dans ce passage, un peu &#224; rebours de ce qu'il affirme fortement (on peut le lire en partant de la fin : &#171; quand la reproduction de la force de travail suppose (&#8230;), alors une fille sait qu'&#234;tre une femme c'est se caler (&#8230;) &#187;), c'est justement la fa&#231;on dont l'intime n'est pas isol&#233; de l'ensemble du rapport, mais appara&#238;t comme s'il l'&#233;tait, ce qui fait que l'ensemble du rapport n'appara&#238;t plus que comme l'affaire de sujets. Une fois qu'ils sont &#171; assujettis &#187;, une fille devient une femme, un gar&#231;on un homme, et ils agissent en cons&#233;quence l'un envers l'autre, c'est-&#224;-dire non seulement font &#233;ventuellement des enfants (en nombre et en temps socialement d&#233;termin&#233;s, etc.), mais encore et surtout existent par l&#224; comme sujets sociaux se reconnaissant eux-m&#234;mes et l'un l'autre comme tels dans les sph&#232;res publique et priv&#233;e, y trouvant &#171; tout naturellement &#187; leur place respective selon ce qu'ils sont. L'intime, c'est aussi tout simplement un rapport &#224; soi en m&#234;me temps qu'un rapport &#224; l'autre, rapport &#224; soi parce que rapport &#224; l'autre : c'est un rapport social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque je dis &#171; devenir sujets sociaux pour eux-m&#234;mes &#187;, c'est d'auto-reconnaissance des sujets dont il est question, d'identit&#233; et de proc&#232;s conflictuel d'ad&#233;quation aux normes, il n'y a pas de non-sujet social qui pr&#233;c&#233;derait ce devenir et deviendrait social &#224; un moment ou un autre, m&#234;me la vie intra-ut&#233;rine du f&#339;tus est d&#233;j&#224; socialis&#233;e, il n'y a pas de &#171; subjectivit&#233; &#187; autre que sociale. Mais il y a des stades dans la socialisation, je pense par exemple aux rituels d'initiation de tous ordres, formalis&#233;s ou pas. Dans toutes les soci&#233;t&#233;s, l'entr&#233;e dans la sexualit&#233;, le couple, la famille sont des stades de ce type (&#171; quand une fille sait&#8230; &#187;). Dans toutes les soci&#233;t&#233;s, mais toutes les soci&#233;t&#233;s ne sont pas le MPC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont des sujets qui font exister (ils ne les cr&#233;ent pas, mais les agissent) les normes qui les produisent, c'est aussi comme &#231;a que &#231;a vit et que &#231;a peut entrer en contradiction, d&#232;s lors que l'intrication des rapports de classes et des rapports hommes/femmes est celle du MPC, l'intime en soi ne d&#233;finissant aucune contradiction mais &#233;tant une des mani&#232;res dont la contradiction existe, et appara&#238;t comme telle. Et c'est souvent l&#224; que les critiques de la double contradiction accrochent (&#171; c'est comme &#231;a depuis toujours, il n'y a pas de raison que &#231;a cesse &#187;, comme si les rapports de classes, eux aussi, n'&#233;taient pas l&#224; &#171; depuis toujours &#187;, en tout cas bien ant&#233;rieurement au capital), parce qu'ils ne voient pas pourquoi il y aurait brutalement une contradiction l&#224; o&#249; il n'y a jamais eu que des hommes et des femmes se sachant &#171; tout naturellement &#187; tels. C'est que simplement la contradiction n'est pas dans l'intime lui-m&#234;me, mais qu'il est embarqu&#233; dans une contradiction qui le construit historiquement. L'histoire de l'intime n'est que celle des modes de production jusqu'&#224; aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a un mode particulier d'assignation pour les femmes &#224; ce qu'elles sont par la mani&#232;re dont elles sont appropri&#233;es sexuellement dans le couple par un homme particulier. Elles peuvent sortir ce faisant de leur appropriation potentielle et toujours pr&#233;sente par tous les autres hommes ou au moins la tenir &#224; distance : le d&#233;sir (d&#233;sir &#171; d'avoir un mec &#187;, puis et donc de &#171; construire &#187; un couple, une famille comme lieu de la reproduction de la force de travail et de la &#171; race des travailleurs &#187;, etc., dans tout couple &#171; normalement &#187; constitu&#233;, ce qui &#233;tait lien affectif r&#233;appara&#238;t rapports &#171; &#233;conomiques &#187;) et la crainte (celle d'appartenir &#224; tous, c'est-&#224;-dire de ne pas &#234;tre &#171; sujet social &#187; mais seulement &#171; femme &#187;) construiraient alors une assignation affective au couple (ce qui construit la forme de l'affect dans cette relation de d&#233;sir/crainte). Cette assignation est alors un m&#233;canisme de contrainte dans lequel agissent en permanence tous les hommes sur toutes les femmes (c'est-&#224;-dire chaque femme), les hommes dominant l'ensemble d'un espace social sexu&#233;, et dont la r&#233;sultante est le couple comme norme autour de laquelle vont se distribuer toutes les autres pratiques. Il s'agit d'un mode d'introduction dans la sph&#232;re priv&#233;e, cette introduction &#233;tant n&#233;cessaire et pr&#233;suppos&#233;e par la reproduction g&#233;n&#233;rale des rapports de classes et hommes/femmes, d'o&#249; l'intime comme lieu de production de sujets norm&#233;s et assignation/int&#233;gration &#224; ces normes ; d'o&#249; aussi remise en cause de ces sujets, d&#232;s lors que le capital a un probl&#232;me avec les femmes, et avec le travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai tendance &#224; penser que &#231;a ne se jouerait pas exactement de la m&#234;me mani&#232;re chez les prol&#233;taires que pour les classes moyennes, en raison de la relative ind&#233;pendance &#233;conomique des femmes chez les CM (travail pr&#233;caire et temps partiel d&#233;finissant en m&#234;me temps les femmes et les prol&#233;taires femmes), mais je me dis aussi qu'ind&#233;pendance &#233;conomique et ind&#233;pendance affective &#231;a n'est pas la m&#234;me chose. Le r&#244;le particulier de l'intime dans la dynamique serait alors de faire perdurer par les affects des mod&#232;les en remaniement dans le rapport social g&#233;n&#233;ral, ou plut&#244;t de participer au remodelage des formes familiales, sexuelles, etc. ; mais c'est aussi en raison de cela qu'il peut entrer en crise, et devenir crise des sujets homme et femme. Cette forme g&#233;n&#233;rale s'historicise :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce n'est pas pour rien que c'est au moment de la faillite du programmatisme et en pleine crise/restructuration que le f&#233;minisme des ann&#233;es 70 est, pour l'une de ses composantes, la mise en cause de l'existence des hommes et des femmes comme cat&#233;gories naturelles. Au niveau de la vie des femmes, tout un tas de mesures concernant leur vie affective, sexuelle et familiale nous permettent de voir ces remaniements historiques des contradictions de classes et hommes/femmes : m&#232;res c&#233;libataires (expression qui d&#233;signe litt&#233;ralement ce par quoi les femmes existent socialement : couple/famille), place des femmes dans le march&#233; du travail et dans la famille, m&#339;urs sexuelles qui en r&#233;sultent, formes de conjugalit&#233;, politiques familiales etc. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La restructuration est aussi recomposition des anciens liens familiaux fond&#233;s sur la soumission &#233;conomique et juridique des femmes aux hommes, et ce notamment dans les zones centrales du capital. De nouveaux types de rapports et d'affects sont apparus, il y a aussi restructuration affective, les femmes ne pouvant plus &#234;tre li&#233;es &#224; leur homme seulement par le rapport/&#233;change salaire/travail domestique, notamment quand les deux sont dans la m&#234;me merde, sans oublier que monsieur n'est souvent tout simplement plus l&#224;. Les affects qui constituent les femmes comme telles prennent alors une consistance (une n&#233;cessit&#233;) qu'ils n'avaient pas auparavant dans le maintien d'une structure reproductive (famille d&#233;compos&#233;e-recompos&#233;e, mais toujours famille) qui reste n&#233;cessaire au MPC. C'est la structure qui faisait que dans la p&#233;riode programmatique les femmes &#233;taient surd&#233;finies par leurs r&#244;les socio-&#233;conomiques d'&#233;pouses et de m&#232;res (et c'est alors comme &#233;pouses et m&#232;res qu'elles devaient &#234;tre &#171; lib&#233;r&#233;es &#187;) qui est alt&#233;r&#233; dans la restructuration. D&#232;s lors que les femmes ne peuvent plus &#234;tre strictement cantonn&#233;es &#224; la sph&#232;re priv&#233;e, leurs rapports &#171; imm&#233;diats &#187;, intimes, avec les hommes sont l&#224; pour leur rappeler qui elles sont, pour les rappeler &#224; leur corps. Et ceci est en conflit, comme contradiction au sein du capital &#171; qui veut des femmes et n'en veut pas &#187;, contradiction qui existe aussi bien comme conflit dans le couple tel qu'il est &#171; restructur&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d'autres termes, salari&#233;es ou pas, mari&#233;es ou pas, les femmes restent des femmes, et se sentent telles, m&#234;me dans tous les bouleversements de la sph&#232;re priv&#233;e occasionn&#233;s par la restructuration. Ce qui donne aussi son caract&#232;re d'&#233;vidence &#224; ce que dans l'achat global, la force de travail des femmes soit achet&#233;e comme force de travail sp&#233;cifiquement f&#233;minine (allocation parent isol&#233; dont b&#233;n&#233;ficient majoritairement les femmes, pr&#233;carit&#233; du travail f&#233;minin, etc.). Le salaire est individuel, le capital pr&#233;suppose des individus abstraits, mais ces individus restent des femmes ou des hommes dans le moment m&#234;me o&#249; ils sont &#171; abstraits &#187; comme force de travail. S'il pouvait en &#234;tre autrement, le capital aurait d&#233;j&#224; aboli les hommes et les femmes, pour ne conserver que des prol&#233;taires, &#233;lev&#233;s en batterie et in vitro, bien entendu. Ce qui montre par l'absurde que la distinction hommes/femmes n'est pas simplement pour le capital un moyen d'extraire un peu plus de plus-value en exploitant plus les femmes que les hommes. Les femmes ne sont pas une segmentation de la classe. Les femmes ne sont pas seulement &#171; plus &#187; exploit&#233;es comme force de travail, elles sont exploit&#233;es comme femmes, non en raison d'une particularit&#233; anatomique qui serait arbitrairement discriminatoire, mais parce que c'est leur existence sociale comme femmes (existence sociale qui se fonde sur le fait d'avoir un ut&#233;rus) qui constitue ce qu'elles sont comme force de travail. (Les discriminations raciales ne sont pas non plus &#171; arbitraires &#187;, en ce qu'elles sont le produit d'une histoire (esclavage, colonisation, d&#233;colonisation, etc.), mais c'est toujours d'abord comme force de travail que les racis&#233;s sont discrimin&#233;s, ils sont exploit&#233;s comme prol&#233;taires &#224; bon march&#233;, sous-qualifi&#233;s, embauchables pour les pires boulots, ce qui pourrait se r&#233;sumer &#224; &#234;tre &#171; plus &#187; exploit&#233;s. Cependant, la construction raciale implique que cette discrimination soit naturalis&#233;e pour fonctionner comme exploitation. Ce qui revient &#224; dire que la racisation est une segmentation de la classe, mais une segmentation naturalis&#233;e, ce qui n'est pas rien, m&#234;me si &#231;a ne peut pas constituer une contradiction. Trop longue parenth&#232;se, mais on est loin d'en avoir fini avec cette question.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce mode particulier d'assignation dont la r&#233;sultante reste le couple comme norme pointe aussi d'un autre c&#244;t&#233; les impasses des tentatives alterno-anarchistes de &#171; lib&#233;ration sexuelle &#187; (ce qui vaut autant pour les exp&#233;riences anarchistes de l'ancien cycle de lutte que pour celles d'aujourd'hui, qu'elles se d&#233;roulent ou non dans un milieu &#171; politique &#187;). Les femmes non-appropri&#233;es dans le couple sont du coup mises &#224; disposition de tous les hommes, le rapport hommes/femmes n'&#233;tant pas abolition des hommes et des femmes, mais lib&#233;ralisation du corps des femmes, mise &#224; disposition pour tous les hommes, ce qui se ram&#232;ne surtout &#224; une bonne affaire pour eux (c'est-&#224;-dire pour les meilleurs, les dominants, le rapport restant ce qu'il est, faut pas r&#234;ver les gars). Ce qui n'emp&#234;che pas le d&#233;sir de fonctionner, mais il fonctionne comme il fonctionnait dans le rapport g&#233;n&#233;ral. C'est parce que le rapport g&#233;n&#233;ral implique l'appropriation des femmes, de chaque femme par tous les hommes, et qu'il est construit par une totalit&#233;, que tenter de l'abolir par la suppression d'un seul de ses termes, le couple exclusif par exemple, est aussi illusoire qu'abolir le salariat en conservant l'&#233;change. Au-del&#224; de l'anecdote, cela montre encore une fois que l'intime n'est pas que ce qu'il para&#238;t &#234;tre (rapports de sujets singuliers, ce qu'il est pourtant aussi bel et bien), il est la r&#233;sultante d'un rapport social qu'il concourt &#224; reproduire, nos affects (qu'on les subisse de mani&#232;re relativement critique ou pas) ne nous appartiennent pas plus que nos corps. Ca n'a rien de nouveau, mais &#231;a vaudrait peut-&#234;tre la peine d'en parler autrement que de mani&#232;re anecdotique, dans une perspective plus g&#233;n&#233;rale de critique des alternatives sexuelles comme &#171; subversion &#187; (fa&#231;on Foucault), et plus g&#233;n&#233;ralement de toutes les formes de &#171; libertinage &#187;. Et d'en finir avec toutes ces histoires de &#171; subjectivit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La centralit&#233; du couple comme norme, qui ne se r&#233;sume pas forc&#233;ment dans le fait pour une femme d'&#234;tre appropri&#233;e par un homme particulier, montre aussi que c'est la notion m&#234;me de &#171; groupe femme &#187; qui fait probl&#232;me. Parce qu'il y aurait alors bien un groupe des hommes, mais qui ferait collectivement face &#224; chaque femme en particulier, qui isolerait chaque femme dans le rapport d'ensemble, mais le &#171; groupe femme &#187; serait plut&#244;t construit comme atomis&#233;, &#171; femmes individuelles &#187; (ce qui revient &#224; dire que &#171; seules les femmes ont un corps &#187;), d'o&#249; le fantasme des &#171; amazones &#187;, &#224; savoir la trouille de voir se constituer des bandes de filles, des groupes de femmes, politiques ou de lutte sur des lieux de travail, la r&#233;pression des manifs de femmes comme en Egypte, etc. (d'o&#249; aussi dans certaines soci&#233;t&#233;s les pratiques de viol collectif comme entr&#233;e dans la sexualit&#233;). Le couple comme norme est d&#232;s lors l'assignation affective de chaque femme &#224; un homme particulier, lui-m&#234;me repr&#233;sentant de tous les hommes, ce qui revient &#224; parler d'appropriation collective, mais de tous les hommes vis-&#224;-vis de chaque femme en particulier. Ce qui fait que dans le rapport entre une femme et un homme, la femme est tout de m&#234;me minoritaire, parce que derri&#232;re un homme, il y a tous les autres, et l'ensemble d'un univers social sexu&#233; par la domination masculine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est aussi le MPC qui cr&#233;e bel et bien ce &#171; groupe femme &#187; forc&#233;ment contradictoire lorsqu'il met les femmes au travail selon leurs &#171; sp&#233;cificit&#233;s &#187;, tout en devant les maintenir &#171; femmes individuelles &#187; dans le r&#244;le qu'elles occupent dans la reproduction d'ensemble du rapport (non seulement comme mode de production mais comme soci&#233;t&#233; &#8211; et c'est tout le probl&#232;me que pose le capital : &#234;tre mode de production devenant totalit&#233; sociale). C'est bien parce que l'intime est embarqu&#233; dans les contradictions de classes et hommes/femmes qu'on a la possibilit&#233; de l'abolition du rapport, en tout cas de sa mise en crise. Car ce qui est d&#232;s lors remis en cause, ce ne sont pas simplement des &#171; r&#244;les sociaux &#187;. Tout le monde veut bien remettre en cause le &#171; r&#244;le social &#187; des femmes, tant qu'il ne s'agit que de savoir qui fera la vaisselle. Mais il ne s'agit plus de division sexuelle du travail ou d'une meilleure r&#233;partition des t&#226;ches entre hommes et femmes, plus &#233;galitaire : c'est jusqu'au fond des affects que le rapport est atteint, et ce &#171; fond des affects &#187; r&#233;pond non seulement &#224; ce que nous sommes, mais &#224; tout ce qu'est le MPC. &#171; Ce mode de production pr&#233;pare en son sein une lutte de classe qui, abolissant le capital, ne pourra &#233;chapper &#224; la question, pour chacun, des &#171; conditions inh&#233;rentes &#224; son individualit&#233; &#187; (&#8230;). &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le type qui tabasse &#224; mort sa femme parce qu'elle le &#171; trompe &#187; avec un piquet de gr&#232;ve, &#231;a n'est pas seulement parce qu'elle se refuse &#224; la reproduction de sa force de travail et menace la distinction public/priv&#233;, mais aussi parce que cette reproduction s'est intimement construite comme appropriation, c'est-&#224;-dire comme exclusivit&#233;, couple, d&#233;pendance sexuelle, amour, etc. Et que c'est pour &#231;a que &#231;a se manifesterait sans doute de la m&#234;me mani&#232;re si elle le trompait avec un autre mec, et pas avec un piquet de gr&#232;ve. Parce que &#231;a n'est pas tous les jours gr&#232;ve (m&#234;me si c'est tous les jours lutte des classes), mais c'est tous les jours que des mecs tabassent leur femme (parce que c'est tous les jours aussi que les femmes sont appropri&#233;es). L'enjeu pour l'homme &#233;tant non seulement &#171; garder sa femme &#187;, mais &#171; rester un homme &#187;, celui qui pour &#234;tre un homme s'approprie une femme particuli&#232;re face &#224; tous les autres hommes. Mais lorsque ceci appara&#238;t dans une lutte, &#231;a ne se passe pas de la m&#234;me mani&#232;re, parce qu'on sort alors de la sph&#232;re priv&#233;e, o&#249; charbonnier est ma&#238;tre en son logis, et que les affects peuvent &#234;tre remis publiquement en cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait donc aborder la question de l'intime comme mode de constitution des sujets en v&#233;ritables sujets sociaux pour eux-m&#234;mes. Il ne s'agit pas d'introduire de la &#171; subjectivit&#233; &#187; dans les rapports sociaux, mais de montrer que ces rapports ne peuvent exister qu'en &#233;tant v&#233;cus et agis par des sujets qui les font exister tels qu'ils sont &#224; travers ce qu'ils sont, dans leur existence de classe et comme hommes et femmes. Il s'agit aussi de montrer que la communisation est mise en crise des sujets dans leurs rapports, et donc de montrer &#224; quoi on touche ce faisant, c'est-&#224;-dire au c&#339;ur des rapports, &#224; notre propre constitution comme sujets sociaux dans le MPC. Il s'agit de replacer le &#171; sujet social &#187; (pas un sujet social abstrait, mais le sujet tel qu'il se sent &#234;tre sujet et tel qu'il se vit dans les relations qu'il entretient aux autres) dans la totalit&#233; sociale et donc dans la dynamique de la contradiction qui n'a du coup plus rien d'externe &#224; l'ensemble des rapports sociaux. Ce qui nous permettrait de sortir encore plus nettement de la &#171; belle &#187; contradiction de classes comme moteur de la r&#233;volution qui &#171; r&#233;soudrait &#187; secondairement la question des &#171; dominations &#187; de race, de genre, etc. Et donc de montrer que :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le corps, la sexualit&#233; comme sexage sont en effet le contenu de la contradiction hommes/femmes et de la population comme force productive et ce contenu montre que l'existence des hommes et des femmes est un rapport social diff&#233;rent du rapport de classe, sachant que les femmes ne sont justement ni des marchandises ni de simples moyens de production. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
