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	<title>Th&#233;orie Communiste</title>
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	<description>Notre &#233;poque est celle o&#249; le prol&#233;tariat, luttant en tant que classe? contre le capital, se remet lui-m&#234;me en cause et porte le d&#233;passement r&#233;volutionnaire de cette soci&#233;t&#233; par la production imm&#233;diate du communisme comme l'abolition de toutes les classes, l'imm&#233;diatet&#233; sociale de l'individu.</description>
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		<title>Th&#233;orie Communiste</title>
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		<title>Notes classes moyennes et interclassisme</title>
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&lt;p&gt;Poser la question des classes ? moyennes du point de vue de la communisation, ce ne peut &#234;tre se poser seulement la question de leur existence, de leurs origines historiques ou de savoir qui on peut y inclure ou non, &#224; la mani&#232;re de l'historien ou du sociologue. La question des classes moyennes est pour nous aujourd'hui celle de l'interclassisme tel qu'il se produit dans les luttes, d'Ath&#232;nes au Caire, d'Oakland &#224; Barcelone. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le pi&#232;ge serait de poser l'interclassisme comme quelque chose (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://theoriecommuniste.org/la-revue/Textes-TC-pour-Meeting-et-SIC/Les-classes-moyennes/" rel="directory"&gt;Les classes moyennes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Poser la question des classes&lt;sup&gt;&lt;a href='https://theoriecommuniste.org/Classes' title=&#034;D&#233;finition&#160;: Les classes ne sont ni des sommes d'individus regroup&#233;s par un int&#233;r&#234;t (&#8230;)&#034;&gt;?&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; moyennes du point de vue de la communisation, ce ne peut &#234;tre se poser seulement la question de leur existence, de leurs origines historiques ou de savoir qui on peut y inclure ou non, &#224; la mani&#232;re de l'historien ou du sociologue. La question des classes moyennes est pour nous aujourd'hui celle de l'interclassisme tel qu'il se produit dans les luttes, d'Ath&#232;nes au Caire, d'Oakland &#224; Barcelone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pi&#232;ge serait de poser l'interclassisme comme quelque chose qu'il faudrait d&#233;plorer ou encourager, ou comme quelque chose &#224; investir ou orienter (activisme), et donc de poser les classes moyennes comme quelque chose qui serait toujours soit de trop soit qui manquerait dans les luttes (trop d'&#233;meutiers tout seuls, ou trop de fonctionnaires, etc.). Ce serait aussi sym&#233;triquement de poser le prol&#233;tariat dans son union ou non avec les classes moyennes, &#224; la recherche du bon cocktail de classes susceptible de produire le moment r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais alors que sont les classes moyennes ? Une fraction ais&#233;e du salariat, un certain r&#244;le dans la reproduction d'ensemble du capital (les activit&#233;s d'encadrement, par exemple), ou simplement l'ensemble des salari&#233;s touchant un revenu m&#233;dian ? A chaque fois que la question se pose dans ces termes, les classes moyennes sont dissoutes dans le prol&#233;tariat ou l'inverse, et on ne voit plus bien de quel interclassisme on pourrait parler, ou alors on dresse classes moyennes et prol&#233;taires face &#224; face, de part et d'autre d'une fronti&#232;re de classe imaginaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne saurait se contenter de dire que les classes moyennes ne seraient que des prol&#233;taires qui s'ignorent, sur la base du fait qu'elles sont essentiellement compos&#233;es de salari&#233;s, ce qui les ram&#232;nerait &#224; &#234;tre num&#233;riquement &#171; presque tout le monde &#187; (on en reviendrait alors au &#171; 99% &#187; qui de ce point de vue n'est pas si loin de la r&#233;alit&#233; : en effet selon des chiffres du Credoc on arrive &#224; quelque chose comme 80% des salari&#233;s). Mais il ne serait pas plus satisfaisant, au regard des luttes et de la r&#233;alit&#233; de l'interclassisme, de tenter de les consid&#233;rer pour ce qu'elles seraient &#171; en elles-m&#234;mes &#187;, ou seulement dans un rapport d'ext&#233;riorit&#233; au prol&#233;tariat, comme si l'un et l'autre &#233;taient des entit&#233;s s&#233;par&#233;es, et non des &#233;l&#233;ments de la m&#234;me totalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dire que les luttes actuelles sont interclassistes, ce n'est pas seulement observer que les classes moyennes s'y trouvent m&#234;l&#233;es aux prol&#233;taires, c'est-&#224;-dire objectivement aux plus pauvres (tout le monde descend dans la rue en temps de crise majeure), mais dire et faire appara&#238;tre que la contradiction entre capital et prol&#233;tariat est non seulement la dynamique qui produit toutes les classes du MPC, c'est-&#224;-dire qui produit le capital comme soci&#233;t&#233; capitaliste, mais &#233;galement celle qui conduit &#224; leur dissolution. Consid&#233;rer les classes moyennes &#171; en elles-m&#234;mes &#187; n'a alors aucun sens. Les classes moyennes n'existent qu'en ce qu'elles sont constitutives de ce qu'est le prol&#233;tariat dans sa contradiction au capital. Il ne sert &#224; rien de vouloir les d&#233;crire autrement que comme un moment des luttes, comme un moment de la lutte de classe du prol&#233;tariat, comme un moment de la contradiction en proc&#232;s. Se demander ce qu'elles sont en dehors de ce rapport au prol&#233;tariat ne serait qu'un exercice de sociologie, o&#249; l'on fige les classes dans des couches et des strates dans lesquelles il serait possible d'aller effectuer des pr&#233;l&#232;vements afin d'en conna&#238;tre la composition, pour ensuite les d&#233;crire dans leur infinie complexit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les classes moyennes sont &#233;galement souvent d&#233;finies comme englobant l'ensemble des activit&#233;s non-productives qui permettent &#224; la plus-value d'exister r&#233;ellement, c'est-&#224;-dire socialement. La reproduction d'ensemble du rapport social capitaliste est alors th&#233;oriquement produite comme identique &#224; la valorisation. La production de plus-value ne d&#233;finit d&#232;s lors plus une classe, le prol&#233;tariat, mais l'ensemble de la soci&#233;t&#233; capitaliste, comme monde capitaliste &#171; int&#233;gr&#233; &#187; (au sens o&#249; Debord parlait du &#171; spectaculaire int&#233;gr&#233; &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette mani&#232;re de consid&#233;rer les choses s'appuie sur le fait qu'il est aujourd'hui effectivement tr&#232;s difficile, voire impossible, et en tout cas tr&#232;s fastidieux, de d&#233;terminer &#224; partir de l'activit&#233; individuelle d'un salari&#233; &#224; quel moment il produit de la valeur ou n'en produit pas. Mais rechercher dans l'activit&#233; des prol&#233;taires individuels quels sont les moments o&#249; ils produisent de la plus-value et ceux o&#249; ils reproduisent simplement ses conditions de possibilit&#233; n'offre que peu d'int&#233;r&#234;t et ne change rien au rapport social fondamental qu'est l'exploitation : c'est l'exploitation d'une classe par une autre qui produit la plus-value, et c'est aussi l'exploitation qui d&#233;finit comme classes celle des exploiteurs et celle des exploit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Poser la valorisation comme identique &#224; la reproduction d'ensemble du rapport social capitaliste fait dispara&#238;tre la contradiction comme rapport entre des classes et ce qui les constitue comme classes. La baisse du taux de profit devient une pure question &#233;conomique, nous nous retrouvons en pleine &#171; critique de la valeur &#187;. Lorsque le capital finit par ne plus produire assez de valeur pour reproduire l'ensemble de la soci&#233;t&#233;, c'est alors, dans le meilleur des cas, &#171; l'ensemble de la soci&#233;t&#233; &#187; qui se r&#233;volte. Avec, en premi&#232;re ligne, des classes moyennes &#171; prol&#233;taris&#233;es &#187;, qui finalement reviendraient en leur &#234;tre propre, en leur essence prol&#233;tarienne et donc, imm&#233;diatement, r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette extension du prol&#233;tariat &#224; l'ensemble des salari&#233;s traduit le fait que le prol&#233;tariat productif n'est plus con&#231;u que comme un non-sujet, priv&#233; de son identit&#233; ouvri&#232;re et socialement isol&#233; dans la production. Il ne retrouve une sorte de dignit&#233; ou de potentiel r&#233;volutionnaire que d&#232;s lors qu'il est surnum&#233;raire, et donc hors de la sph&#232;re productive, rejoignant ainsi sa vraie nature de r&#233;volutionnaire ou de r&#233;volt&#233; (l'&#233;meutier potentiel), ou ne retrouve une existence sociale, ne sort de son isolement productif qu'en devenant &#171; presque tout le monde &#187;, classe moyenne &#171; prol&#233;taris&#233;e &#187;. Comme si, hors du programmatisme et de l'identit&#233; de classe confirm&#233;e dans le capital, c'est-&#224;-dire hors de son existence politique comme classe, le prol&#233;tariat perdait toute existence sp&#233;cifique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La notion de classe moyenne comme masque du prol&#233;tariat (les classes moyennes sont des prol&#233;taires qui s'ignorent ou la notion de classe moyenne est un masque id&#233;ologique sur la r&#233;alit&#233; du prol&#233;tariat) est alors le fait d'une th&#233;orisation qui se donne les sujets dont elle a besoin pour ses propres fins. Mais ce qui est alors masqu&#233;, ce sont les probl&#232;mes r&#233;els que pose la segmentation de la classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut toujours poser une unit&#233; a priori de la classe sur la base du fait que tous les prol&#233;taires, productifs ou non, ont &#224; subir le rapport salarial, c'est-&#224;-dire l'exploitation, mais il n'en reste pas moins que cette unit&#233; n'est en rien unifiante, qu'elle n'existe imm&#233;diatement que comme la s&#233;paration de tous les prol&#233;taires entre eux, qu'on se trouve sans cesse face aux situations particuli&#232;res de chaque segment de classe. La situation commune des exploit&#233;s n'est rien d'autre que leur s&#233;paration. La question que nous avons &#224; nous poser n'est pas celle de l'unit&#233; a priori, mais de la reconduction ou non de cette s&#233;paration, parce que c'est la question qui se pose dans les luttes lorsqu'elles tendent &#224; se g&#233;n&#233;raliser, lorsqu'elles deviennent interclassistes : c'est la tension m&#234;me &#224; l'unit&#233; qui n'est que le fait de se heurter &#224; la r&#233;alit&#233; de la s&#233;paration. La &#171; communaut&#233; de situation &#187; n'est donn&#233;e que de mani&#232;re abstraite ou g&#233;n&#233;rale dans ce qu'on est dans le capital, elle ne devient une tension r&#233;elle que dans les luttes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, il ne s'agit ni de dire &#171; il n'y a de prol&#233;tariat que le prol&#233;tariat productif &#187;, ni &#171; nous sommes tous exploit&#233;s, tous prol&#233;taires &#187;, mais de rep&#233;rer comment existe cette tension &#224; l'unit&#233;, et &#224; travers quels conflits particuliers &#224; l'int&#233;rieur de la classe. Pour donner un exemple tr&#232;s g&#233;n&#233;ral, lors de l'occupation ou du blocage d'un lieu de travail, se retrouvent sur ce lieu &#224; la fois les gens qui y travaillent et des individus qui sont pr&#233;sents seulement pour la lutte. La situation qui se dessine alors est chaque fois diff&#233;rente et d&#233;pend du contenu de la lutte (revendicative ou non, etc.) et de l'activit&#233; des individus qui y prennent part. Le fait que le lieu de travail, m&#234;me bloqu&#233; ou occup&#233;, conserve sa fonction, reste naturellement la premi&#232;re limite de ce type de situation. Cependant, briser l'&#233;tanch&#233;it&#233; sociale d'un lieu de travail, que des salari&#233;s s'y trouvent hors travail et m&#234;l&#233;s &#224; d'autres pour autre chose que le travail, met chacun des participants face &#224; l'&#233;vidence de l'arbitraire de leur r&#244;le social dans le monde capitaliste. Le lieu de travail est alors travers&#233; de rapports sociaux diff&#233;rents de ceux qui lui permettent d'exister comme lieu de travail. Ce qui peut appara&#238;tre alors, pour peu que le conflit tende &#224; se g&#233;n&#233;raliser, c'est la s&#233;paration tant de l'outil productif que du reste de la soci&#233;t&#233;, la s&#233;paration des individus entre eux (la division de la soci&#233;t&#233; en classes) comme la s&#233;paration des individus et de leur propre activit&#233;, c'est-&#224;-dire la condition m&#234;me du rapport social capitaliste. Briser cette s&#233;paration et r&#233;aliser une unit&#233; dans la lutte est le seul moyen de poursuivre la lutte, mais reproduire cette s&#233;paration est au bout du compte la seule mani&#232;re d'&#234;tre ce qu'on est socialement. C'est l&#224; que se situe ce qu'on peut appeler tension &#224; l'unit&#233;, qui n'est le plus souvent qu'&#233;bauch&#233;e et ne peut trouver son effectivit&#233; que dans le processus de communisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'unit&#233; de la classe ne se r&#233;alise pas imm&#233;diatement comme rapport entre des personnes (il ne suffit pas que &#034;les gens se parlent&#034; pour qu'ils d&#233;passent leur appartenance de classe : c'est le mythe assembl&#233;iste), mais dans une activit&#233; contre le capital, c'est-&#224;-dire contre leur propre existence de classe, activit&#233; dans laquelle les individus ne trouvent plus la possibilit&#233; de leur d&#233;finition par les r&#244;les sociaux capitalistes. Ceci ne peut appara&#238;tre que lors de conflits tr&#232;s intenses et tendant &#224; se g&#233;n&#233;raliser &#224; l'ensemble de la soci&#233;t&#233;, et tend toujours &#224; s'&#233;teindre d&#232;s lors que la tension du conflit est retomb&#233;e. La poursuite et l'extension de cette dynamique est un moment de la communisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La recherche d'une unit&#233; de la classe sur la base du revenu, l'assimilation du prol&#233;taire au salari&#233; fait perdre de vue la sp&#233;cificit&#233; des classes dites moyennes dans le MPC, sp&#233;cificit&#233; qui n'existe qu'en fonction du travail productif proprement dit, en raison de la contradiction qu'est la baisse du taux de profit, dans ce qui pousse le capital, dans son d&#233;veloppement historique, ne laissant rien en dehors de lui, &#224; devenir soci&#233;t&#233;. Ce qui est en cause, c'est ce qui se joue dans le d&#233;veloppement de la coop&#233;ration, d'abord entre les travailleurs puis entre les diff&#233;rentes branches de la production capitaliste et la n&#233;cessit&#233; conjointe de la s&#233;paration de leurs activit&#233;s, de la division du travail, et donc du d&#233;veloppement des sph&#232;res de l'encadrement, de la circulation, etc., la segmentation &#233;tant exig&#233;e par le proc&#232;s productif aux fins de valorisation, dans le cours de son d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capital s&#233;pare les travailleurs (par le salaire, par la perte de ma&#238;trise sur ce qui est produit et la mani&#232;re dont &#231;a l'est, etc.) &#224; mesure qu'il les rassemble en nombre dans le proc&#232;s productif et c'est de cette mani&#232;re qu'il socialise le travail ; le r&#233;sultat de cette union/division est la soci&#233;t&#233; capitaliste, en ce qu'elle est r&#233;ellement compos&#233;e, de mani&#232;re fonctionnelle, de segments de classes : les classes dites moyennes, qui apparaissent au cours de ce processus, manifestent ce en quoi le capital est soci&#233;t&#233; capitaliste, mode de production devenu soci&#233;t&#233;. Le travail capitaliste ne peut devenir force de travail collective (le salaire est individuel), communaut&#233; des travailleurs (socialisme), pas plus que les prol&#233;taires ne peuvent s'unir sur la base de ce qu'ils sont comme classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les classes moyennes sont g&#233;n&#233;r&#233;es par le capital au fil de la croissance de sa composition organique, de sa domination r&#233;elle sur le travail, et ce faisant elles constituent la soci&#233;t&#233; qu'est r&#233;ellement le capital. (Cette soci&#233;t&#233;, qui a pour origine et finalit&#233; la valorisation, devient id&#233;ologiquement pour les classes moyennes la fin propre du capital : le capital qu'elles reproduisent existerait finalement pour les reproduire, elles.) En cela elles ne sont pas comparables aux couches moyennes des autres modes de production ou de la domination formelle, qui existent moins pour que dans le mode de production auquel elles appartiennent. Ce que les autres modes de productions laissaient subsister hors d'eux, tant en termes de savoir que de pratiques, de m&#233;tiers ou de modes d'&#233;change ne peut plus subsister dans la domination r&#233;elle du capital sur le travail. Toute la soci&#233;t&#233; est soci&#233;t&#233; du capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'existence des classes moyennes montre que le capital ne se contente pas de reproduire le prol&#233;tariat pour le rapport d'exploitation, mais qu'en subsomption r&#233;elle c'est l'ensemble de la soci&#233;t&#233; comme soci&#233;t&#233; capitaliste qui est son autopr&#233;supposition. Les classes moyennes sont porteuses d'id&#233;ologie et d&#233;tentrices d'une l&#233;gitimit&#233; politique, parce qu'elles vivent le rapport capitaliste dans le f&#233;tichisme de la distribution, o&#249; la valeur de la force de travail devient le (juste) prix du travail. La distribution des revenus devient pour elles r&#233;partition des richesses : c'est en cela &#233;galement qu'elles peuvent devenir un obstacle contre-r&#233;volutionnaire pour le prol&#233;tariat, une des limites de sa propre existence de classe, dont elles sont constitutives. Ce que rencontre alors le prol&#233;tariat dans l'interclassisme, c'est-&#224;-dire dans le rapport conflictuel aux classes moyennes, c'est une des formes id&#233;ologiques de son existence dans le capital : pour le prol&#233;tariat aussi, le salaire est le prix du travail. L'id&#233;ologie de la classe moyenne est objectivation des rapports sociaux capitalistes, elle est le capitalisme vu comme contrat social et non comme rapport social d'exploitation, et cette id&#233;ologie n'est en rien ext&#233;rieure &#224; ce qu'est le prol&#233;tariat, elle est au contraire constitutive du rapport de classes tel qu'il existe r&#233;ellement. Dans la crise actuelle du rapport salarial, c'est aussi cette id&#233;ologie qui entre en crise, et c'est un des enjeux des luttes interclassistes aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il est n&#233;cessaire, dans les luttes, de critiquer les positions id&#233;ologiques des classes moyennes, cela ne saurait nous faire oublier que cette critique ne saurait se faire au nom ou en r&#233;f&#233;rence &#224; un sujet prol&#233;tarien qui ne serait pas entach&#233; d'id&#233;ologie, d'un pur sujet historique. L'interclassisme n'est pas une ligne de front, et c'est l&#224; tout le probl&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais au bout du compte, le rapport salarial ne peut avoir le m&#234;me contenu pour un ouvrier et pour un professeur, parce que produire des marchandises n'est pas identique &#224; reproduire un rapport social, ou les conditions d'un rapport social (m&#234;me si produire des marchandises est aussi &#231;a). Cependant l'ouvrier et le professeur se retrouvent dans les luttes de fa&#231;on contradictoire, tant&#244;t affirmant l'unit&#233;, tant&#244;t se heurtant &#224; leur s&#233;paration. Et c'est aussi en cela que les divisions de classes sont r&#233;elles autant que mouvantes, et que l'interclassisme reproduit les divisions de classes dans la tension &#224; leur abolition. L'interclassisme est ce conflit aussi bien que cette tension, il est un moment de la r&#233;volution comme communisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question des classes moyennes n'est pas ce en quoi elles sont &#171; moyennes &#187; en termes de revenu (revenu m&#233;dian qui n'est qu'accidentel et entre surtout dans la d&#233;finition de ce qu'elles sont id&#233;ologiquement, ou pour un sociologue du travail), mais doit aussi se poser &#224; partir de ce qu'elles sont effectivement (fonctionnellement) dans le monde du capital. Mais cette approche est probl&#233;matique. Les classes moyennes, comme r&#244;le fonctionnel dans le capital, cela peut-&#234;tre effectivement aussi les salari&#233;s des centres d'appel t&#233;l&#233;phonique pay&#233;s au SMIC. Cela ne signifie pas que ces salari&#233;s ne soient pas aussi des prol&#233;taires, c'est-&#224;-dire qu'ils ne soient pas pris dans la contradiction de classes qui polarise l'ensemble de la soci&#233;t&#233;, mais cela n'implique aucune unit&#233; ou &#171; communaut&#233; de situation &#187; hors des situations de lutte. Les classes moyennes n'ont pas plus une nature contre-r&#233;volutionnaire ou r&#233;formiste que le prol&#233;tariat productif n'a de nature r&#233;volutionnaire. Mais m&#234;me si on suppose des moments de &#171; d&#233;faisance &#187; du social, cette d&#233;faisance ne peut se faire qu'&#224; partir de la situation imm&#233;diate (et contradictoire) des classes telles qu'elles sont dans le capital, de ce qu'elles sont sp&#233;cifiquement amen&#233;es &#224; d&#233;fendre et /ou attaquer, etc. Et c'est l&#224; que &#231;a se complique&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce qu'on ne peut peut-&#234;tre pas &#233;chapper &#224; la t&#226;che d'avoir &#224; d&#233;crire ce qu'est effectivement la division en classes, telle qu'elle se manifeste &#224; chaque fois dans les luttes, c'est-&#224;-dire d'en indiquer les sp&#233;cificit&#233;s selon la sph&#232;re dans laquelle elle se situe : production, reproduction (les profs, les fonctionnaires, plus g&#233;n&#233;ralement la fonction sp&#233;cifique de l'Etat), circulation, encadrement. Aucune de ces divisions ne saurait &#234;tre indiff&#233;rente dans les luttes, mais aucune ne saurait suffire, dans le cadre d'une lutte interclassiste. Car l'on risque d'entrer dans une logique de classification sans int&#233;r&#234;t du point de vue de la communisation, si l'on perd de vue que toutes ces strates et couches sociales qui d&#233;crivent aussi les classes moyennes ne sont en rien fig&#233;es, mais sont amen&#233;es &#224; se dissoudre dans la contradiction qui est la dynamique m&#234;me du capital, parce qu'elle est contradiction entre des classes, dans laquelle une de ces classes entre constamment en contradiction avec sa propre existence de classe : le prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci affirm&#233;, il n'en reste pas moins que c'est seulement dans les luttes que m&#232;ne le prol&#233;tariat avec tout ce qu'il est dans et contre le capital, c'est-&#224;-dire aussi avec (et contre) les classes moyennes, que peut &#233;merger la possibilit&#233; du d&#233;passement r&#233;volutionnaire. Et que ce que ces luttes produisent, c'est aussi un brouillage momentan&#233; des s&#233;parations de classes, en attendant de produire leur abolition.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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